Swissmetal et ses 240 employés sont sauvés
Unia salue le rachat de l'entreprise par le groupe Baoshida. Tous les emplois sont maintenus. Reste à conserver la CCT

En sursis concordataire depuis l'été, Swissmetal a été racheté fin décembre par une filiale suisse du groupe chinois Baoshida, lequel s'est engagé à reprendre l'ensemble du personnel sur les sites de Reconvilier et Dornach. Ce rachat met un terme à des mois d'incertitude. Il est salué par la commission du personnel et par Unia qui demande la reconduite de la convention collective de travail.

La date du 20 décembre dernier restera celle d'un grand soulagement pour les 240 travailleurs de Swissmetal à Dornach (SO) et Reconvilier (Jura bernois). La société Baoshida Suisse SA, filiale du groupe chinois Baoshida Holding, annonçait publiquement ce jour-là le rachat de l'entreprise métallurgique en état de sursis concordataire.

Préserver les emplois et la CCT
Le contrat de vente (dont le prix n'a pas été communiqué) a été approuvé par le commissaire au sursis Fritz Rothenbühler et par le juge du tribunal de Dornach. Il met fin à la perspective d'une faillite qui aurait pu être prononcée à la fin du sursis concordataire accordé en juillet dernier et prolongé jusqu'à fin septembre prochain. Le repreneur s'est engagé à conserver l'ensemble du personnel, sur les deux sites. «C'est un grand soulagement», commente Jean-Pierre Chapuis, secrétaire syndical, responsable de ce dossier à Unia Transjurane. «Cela faisait trop longtemps que les travailleurs vivaient dans l'incertitude, dans la peur du lendemain.» Il y avait non seulement la crainte d'arriver aux échéances de cet automne sans avoir trouvé de solution mais aussi la perspective de perdre le droit aux indemnités du chômage partiel (réduction de l'horaire de travail) dès la fin du mois de mars déjà.
Le repreneur doit encore finaliser ce mois les détails du contrat mais il a d'ores et déjà assuré vouloir reprendre la totalité du personnel. Quant aux conditions de travail, elles resteront inchangées au moins pendant une année, conformément à ce qu'exige la législation suisse. Et quid de la convention collective de travail, à l'avenir? «Nous sommes en pourparlers avec la direction pour que l'entreprise reste un partenaire social affilié à la CCT. Nous avons bon espoir d'être entendu.»

Un lourd passé
Dans un communiqué diffusé le lendemain de l'annonce du rachat de Swissmetal, Unia a salué cette issue. Le rachat de l'entreprise par Baoshida «permet d'inscrire à nouveau la production dans une perspective à long terme». Unia rappelle que le personnel n'avait «plus confiance dans sa direction qui, pendant des années, s'est exclusivement occupée des intérêts à court terme des investisseurs».
Un constat partagé par le président de la commission du personnel Pierre-Alain Girard. «Ce rachat est une issue positive et j'en suis très heureux. Mais s'il faut savoir tirer un trait sur le passé, cela ne m'empêche pas d'avoir une pensée pour ces centaines de collègues qui ont subi des licenciements à Reconvilier et à Dornach ces dernières années. Ils ont payé très cher le prix d'une stratégie qui nous a conduit à un immense gâchis.»

Investisseur chinois
S'agissant de Baoshida, la filiale suisse qui a son siège à Reconvilier s'appuie sur un groupe comptant 3000 employés sur cinq sites de production en Chine. L'entreprise est spécialisée dans les alliages cuivreux, les câbles, les aciers spéciaux et les technologies environnementales. Elle est également active dans l'immobilier, la finance et le commerce international. Quelles sont ses intentions à court, moyen et long terme? «On ne peut pas en préjuger, mais elle a d'ores et déjà assuré qu'elle allait investir dans les activités industrielles, ce qui est un bon signe», répond Jean-Pierre Chapuis. Un autre groupe, Bronze Industriel, était également sur les rangs des acheteurs potentiels. Mais son offre a été jugée très largement insuffisante par le commissaire au sursis. Cette société française a cependant acquis l'ancienne filiale de Swissmetal Lüdenscheid, en Allemagne.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 1/2/3 du 16 janvier 2013

 
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