Depuis un an, Novartis investit à Prangins
Le 17.1.2012, les salariés de Novartis exultaient. Suite à plus de deux mois et demi de lutte, le site de Prangins était sauvé

Depuis le sauvetage du site de Novartis, grâce au combat mené par les travailleurs, la multinationale a déjà consenti à de nombreux investissements à Prangins-Nyon. Plus d'une centaine de personnes y a été engagée, de nouveaux médicaments y sont produits et des laboratoires ont été rénovés.

Le 25 octobre 2011, Novartis annonçait vouloir fermer son entreprise de Prangins-Nyon. Des manifestations, une grève d'avertissement, le soutien des politiques et de la population, ainsi que l'expertise avisée de travailleurs auront finalement permis de sauver le site vaudois. Et de le développer. En 2012, plus d'une centaine de personnes a été engagée, dont quelques anciens employés de Merck Serono.
Les laboratoires et les bureaux abritant la recherche, le développement et le contrôle qualité du site ont été rénovés grâce à une enveloppe de 10 millions de francs.
Au niveau de la production, de nouveaux médicaments y sont fabriqués. «Il y a eu une augmentation de 19% du volume de produits fabriqués en 2012», se réjouit Celio Rodrigues, président de la commission du personnel des employés sous contrat collectif de travail et président de la section d'Unia La Côte.

CCT renouvelée
Les investissements complémentaires, notamment la mise en place de nouvelles lignes de production et la construction de nouveaux bâtiments, attendent encore le feu vert de la direction mondiale de Novartis. «C'est sur la bonne voie», estime Melinda Tschanz, responsable de la branche Chimie Unia Vaud.
Actuellement, suite à l'engagement de personnel, des bureaux ont été installés dans des containers. Concernant la réaffectation d'une partie des terrains, Novartis informe dans un de ses derniers communiqués que «des études sont en cours à ce sujet».
Notons encore que la convention collective de travail (CCT) a été reconduite. «Nous avions prévu avec la direction qu'il n'y aurait pas de péjoration de la CCT lors de son renouvellement si le site était sauvé», explique Yves Defferrard, responsable du secteur industrie Vaud. Quelques améliorations ont été consenties, notamment au niveau du congé parental (18 semaines de congé maternité, 6 jours de congé pour les pères). Une compensation de 3 jours est, en outre, octroyée pour les personnes travaillant en équipe. Un bémol toutefois: la CCT ne couvre toujours que les employés de la production, soit environ 170 personnes sur approximativement plus de 800 employés.

Un avenir prometteur
En outre, la mesure (acceptée par la majorité des employés lors des pourparlers) qui consistait en l'augmentation du temps de travail de 37,5 à 40 heures, sans compensation salariale, est toujours en vigueur. «Elle touche une partie des employés de la production qui travaillent le matin et l'après-midi. Toutefois, ils ont 50 minutes de pause payée par jour. Et cette mesure pourrait disparaître si de nouveaux horaires sont mis en place», précise Celio Rodrigues. L'arrivée de nouveaux médicaments pourrait avoir comme effet l'ouverture de l'usine sept jours sur sept et donc générer une réorganisation des horaires.
Quant à l'homologation des médicaments par les autorités américaines, ouvrant ainsi un nouveau marché, «elle n'aura de sens que lorsque l'usine sera modernisée», estime Jacob Zijlstra, président de la commission du personnel des employés sous contrat individuel.
Un an après, ce dernier, tout comme Celio Rodrigues, Melinda Tschanz et Yves Defferrard se souviennent avec émotion de ces presque trois mois de lutte et sont confiants en l'avenir de l'entreprise. Novartis aussi qui, dans son communiqué d'octobre, note que «le site est entré dans une nouvelle dynamique de croissance très encourageante» et qu'il «demeure le leader européen de la production OTC (produits d'automédication) pour le Groupe Novartis qui compte trois sites au niveau mondial. Il est le seul à cumuler la production, la recherche et les fonctions commerciales.» Il aura toutefois fallu l'énergie et la solidarité des travailleurs, le soutien de tout un canton et un cadeau fiscal pour convaincre la multinationale de la valeur du site vaudois. Une lutte syndicale qui restera dans les annales.


Aline Andrey

 

 

Edition n° 4 du 23 janvier 2013

 
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