Pour que famille et travail ne s'opposent plus
Les citoyens devront se positionner sur un article qui encourage la conciliation entre vie familiale et professionnelle

Trouver une harmonie entre vie familiale et professionnelle reste complexe en Suisse. A travers un nouvel article, la Confédération souhaite encourager les cantons à agir davantage. Les citoyens décideront dans les urnes le 3 mars prochain.

Face à la pénurie des lieux d'accueil pour les enfants, la Confédération se devait d'agir. Issu d'une initiative parlementaire déposée en 2007, un arrêté fédéral sera ainsi soumis au vote le 3 mars prochain. Son objectif: éviter que des femmes ne se retirent de la vie active pour garder leurs enfants ou, au contraire, mettent une croix sur la maternité pour privilégier leur carrière. Pour permettre que ces deux pôles que sont travail et famille se réconcilient, l'article constitutionnel demande aux cantons d'offrir un nombre suffisant de structures d'accueil: des garderies, des cantines ou encore des unités d'accueil pour écoliers.
«Cet article est important, car la Suisse est vraiment à la traîne sur la politique familiale en comparaison avec ses voisins européens. Toute initiative qui tend à promouvoir des mesures qui facilitent la conciliation entre famille et travail est nécessaire», estime Corinne Schärer, membre du comité directeur d'Unia, responsable du groupe d'intérêt femmes et de l'égalité.
Ce sera aux cantons de fixer la manière de remplir ce mandat, avec la possibilité d'un soutien de la Confédération. Cette dernière aura toutefois la compétence d'édicter des dispositions à l'échelon national (via une loi fédérale sujette à référendum) si les cantons se montrent récalcitrants ou timorés dans leurs mesures pour favoriser la conciliation entre vie de famille et profession ou formation.

Un bon début
Mais les cantons auront-ils les moyens d'offrir davantage de structures de jour extrafamiliales et parascolaires? «Le plus difficile, c'est toujours de trouver les ressources financières. Cette loi ne sera peut-être pas assez forte. Mais c'est un début», précise Corinne Schärer, pour qui d'autres dispositions devront suivre pour éviter que cet article ne rivalise avec la Loi sur l'égalité qui n'a toujours pas tenu ses promesses. «De manière générale, il faut baisser le temps de travail pour toutes et tous, et développer une école continue de qualité qui offre aux enfants des moments de sport, de création et des relations sociales», ajoute la syndicaliste et mère de trois enfants.
L'introduction de l'arrêté fédéral dans la Constitution recevra-t-il l'aval du peuple le 3 mars prochain? C'est ce qu'espèrent une majorité du Parlement, le Conseil fédéral, les partis de gauche et du centre, et, selon un sondage, plus de 60% des citoyens questionnés. Mais aussi Pro Familia ou encore l'Union syndicale suisse (USS).
Cependant, les opposants - des UDC, des PLR, l'Union suisse des arts et métiers et le Centre patronal - ont sorti l'artillerie lourde: leur affiche montre un bébé en pleurs, une oreille trouée par un code-barres tel un bovin. Une manière d'imager un de leur principal argument, à savoir que cette loi représenterait une mise sous tutelle des familles et des cantons... Or, jusqu'à présent, les mesures familiales au niveau fédéral se réduisent - et après de longues luttes - à l'allocation de maternité, à la fixation de montants minimums pour les allocations familiales et à l'aménagement d'une fiscalité plus favorable aux familles.


Aline Andrey

 

 

Edition n° 6 du 6 février 2013

 
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