Horlogerie progression record
En une année, les emplois horlogers ont progressé de 5.7%. Un signe de santé éclatante qui plaide pour de meilleurs salaires

En 2012, le nombre de personnes occupées dans l'industrie horlogère et microtechnique en Suisse s'élevait à 55'816. Un chiffre jamais égalé depuis 35 ans. En l'espace d'une année, les effectifs ont progressé de 5,7%. Ces chiffres réjouissants publiés récemment par le patronat horloger plaident pour de meilleurs salaires d'embauche.

La progression de l'emploi dans l'horlogerie est à la mesure du succès éclatant de cette industrie. Les statistiques 2012 que vient de publier la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse (CP) révèlent en effet que les effectifs s'élèvent à 55816 travailleurs, un nombre jamais égalé depuis 35 ans.

26'000 de mieux qu'en 1987
Entre 2011 et 2012, les effectifs de la branche ont progressé de 3013 unités, autrement dit de 5,7%. L'exercice précédant l'augmentation (2010-2011) se chiffrait déjà à 4255 personnes ce qui représente un total de 15% en l'espace de deux ans. S'agissant des détails de la statistique 2012, la progression des effectifs est de 6,55% dans l'administratif, de 5,7% dans la production et de 1,2% dans la direction. Quant aux effectifs du personnel à domicile, ils enregistrent une baisse de 2,8%, poursuivant ainsi une diminution qui perdure depuis plusieurs années.
En termes de région, l'emploi horloger se concentre essentiellement dans l'Arc jurassien et pied du Jura (91% des effectifs). En tête se trouve le canton de Neuchâtel (15323), Berne, en particulier la région de Bienne et du Jura bernois (11184) et Genève (9358). Les progressions d'emplois les plus fortes en 2012 ont été enregistrées à Neuchâtel et dans le Jura.
Globalement, il faut remonter à 1975, juste avant la grande vague de la crise horlogère, pour retrouver des effectifs aussi élevés. Rappelons qu'en 1987, année la plus noire de la crise, les effectifs étaient tombés au-dessous de la barre des 30000.

Salaires à la traîne
La Convention patronale voit dans ces chiffres la confirmation de «l'excellente santé du secteur». Le syndicat s'en félicite lui aussi. «Nous sommes vraiment satisfaits d'un tel succès. C'est un point très positif», commente Pierluigi Fedele, responsable de la branche au comité directeur d'Unia. «Je constate cependant que le patronat tient un discours à géométrie variable. Face au grand public, il vante à juste titre le grand succès de l'horlogerie en mettant en avant ses records d'exportations et ses excellentes perspectives d'avenir. En revanche, il se montre bien moins positif lorsqu'il s'agit de négocier les hausses des salaires minimaux.» Le syndicat se chargera d'ailleurs de rappeler cette évidence lors des négociations salariales de 2014.
Le nombre d'entreprises a pour sa part reculé de 1,6%, passant ainsi à 564 unités. «Ceci montre que la production est en train de se concentrer sur les grands groupes, ce qui fragilise la position de la sous-traitance. L'autre problème dont il faut se préoccuper c'est l'accroissement de l'externalisation d'une partie de la production en Asie, en particulier pour les opérations nécessitant peu de qualifications. C'est vrai que pour le moment, cela n'a pas de répercussion négative sur l'emploi horloger en Suisse, puisque ce dernier continue à progresser. Mais à long terme, en cas de récession, cela pourrait causer un véritable danger.»

Qualification en hausse
S'agissant de la formation, le niveau de qualification du personnel est en constante progression. La proportion des titulaires de diplômes professionnels ou bénéficiaires de formation supérieure se chiffre à 62,9% contre 61,5% une année auparavant et environ 33% seulement il y a 20 ans. Le tableau est un peu moins bon en ce qui concerne les apprentis qui ne constituent que 1,9% des effectifs. «Il faut davantage de places d'apprentissage mais aussi favoriser l'acquisition de CFC en cours d'emploi et inciter les pouvoirs publics à développer la formation», souligne Pierluigi Fedele.
Enfin, le taux d'affiliation à la Convention collective de travail est en très légère augmentation: 86,3% des travailleurs y sont soumis contre 85,7 en 2011. Une bonne chose. En revanche, 29,3% des entreprises restent hors CCT. Un point faible que le patronat devrait s'appliquer à corriger.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 23 du 5 juin 2013

 
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