Scandaleux licenciements des grévistes de Spar
En lieu et place du dialogue, la direction a choisi la répression. Le combat se poursuit

Durant 11 jours, les grévistes du magasin Spar de Dättwil en Argovie ont tenu bon face à une direction qui n'a pas hésité à user de la répression pour faire taire leur mouvement exemplaire. Le mardi 11 juin, c'est en pleine séance de négociations que la représentante des grévistes s'est vue signifier son licenciement! Le lendemain, les onze grévistes recevaient leur lettre de congé avec effet immédiat...
Le jeudi 13 juin, 11e jour de grève, le tribunal de Baden ordonnait aux grévistes de libérer le magasin et la station-service attenante avant 16 heures, faute de quoi la police interviendrait. Ne souhaitant pas la confrontation avec les forces de l'ordre, les grévistes et Unia décidaient de débloquer les lieux et de se rendre à Saint-Gall, au siège central du groupe Spar, qui compte de nombreuses enseignes en Suisse alémanique, pour tenter à nouveau d'être entendus par la direction générale, sans succès,

Rejet en bloc
la grève avait débuté le 3 juin, après le refus de la direction d'accéder à toutes les demandes du personnel, confronté à de graves problèmes de sous-effectif (21 personnes pour gérer un magasin de 570 m2), à de nombreuses heures supplémentaires et à des salaires de misère, 3600 francs brut. Ce rejet en bloc a été le détonateur de la grève. Et il faudra une semaine aux grévistes pour décrocher un rendez-vous. Mais le jour prévu, lundi 10 juin, personne ne s'est présenté! Une nouvelle rencontre est obtenue pour le lendemain, après un sit-in des grévistes et d'Unia au siège de Spar à Saint-Gall.

Violation des droits syndicaux
Lors de ces négociations, des rapprochements semblaient possibles, notamment sur les salaires et le paiement des heures supplémentaires, mais la direction est restée inflexible sur la question des sous-effectifs. Et après six heures de pourparlers, le représentant de Spar quittait la table des négociations. Les tentatives de renouer le dialogue se sont heurtées à un mur, et surtout à la répression, par des licenciements violant le droit de grève garanti par la Constitution fédérale.
Les grévistes, qui demandent l'annulation de leur licenciement, vont poursuivre leur combat sous d'autres formes. L'Office de conciliation cantonal permettant de contraindre la direction à discuter a été saisi. Et des actions en justice sont en préparation contre Spar, en particulier pour ces licenciements illégaux. Ce congé collectif a aussi fait bondir le Syndicat des services publics (SSP). Son assemblée des délégués, réunie samedi, a adopté une résolution de soutien aux grévistes. Lundi, le SSP et Unia annonçaient qu'ils ajouteraient ce licenciement à celui des grévistes de l'hôpital de la Providence dans la plainte déposée auprès de l'Organisation internationale du travail. Et alerteraient les participants à la session de la Conférence internationale du travail qui se tient actuellement à Genève de ce nouvel exemple de l'inapplication par la Suisse des droits syndicaux. Nous y reviendrons plus en détail. De nombreux autres messages de soutien ont été adressés aux grévistes de Spar. Samedi passé, la jeunesse Unia et la Jeunesse socialiste ont mené des actions devant les enseignes Spar de dix cantons.


Sylviane Herranz

 

 

 

Edition n° 25 du 19 juin 2013

 
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