Un répit pour les 220 employés d'Ilford
Deux membres de la direction rachètent l'entreprise de Marly en urgence pour éviter la faillite. Une solution transitoire

Jeudi, 8 août, le personnel d'Ilford à Marly a été informé que l'entreprise était rachetée par leurs directeurs, général et financier, au britannique Paradigm Global Partners. Le soulagement est accompagné de nombreuses incertitudes quant à l'avenir du fleuron du papier photographique.

Une bonne nouvelle... à prendre avec des pincettes. Jeudi dernier, les salariés d'Ilford Imaging Switzerland à Marly ont appris que leur directeur Paul Willems et leur directeur financier, Jean Marc Métrailler, rachetaient l'entreprise. But de l'opération: laisser le temps à un futur investisseur de se décider pour la reprise du fleuron du papier photo haut de gamme fondé en 1879.

Eviter la faillite
Ce rachat est donc transitoire, mais devrait permettre d'éviter la faillite, sur laquelle doit statuer le juge le 19 août. Pour ce faire, la direction souhaite vendre une partie du parc immobilier de 350000 mètres carrés. Un tiers du terrain en zone industrielle pourrait être revalorisé en devenant zone habitable. Ce qui devrait permettre de verser les salaires toujours impayés de juillet aux 220 collaborateurs et sortir l'entreprise de sa situation d'insolvabilité. «C'est une bonne nouvelle de savoir que les salaires vont être versés. Il n'empêche que ce n'est pas normal que les salariés doivent jouer le rôle des banques», réagit Armand Jaquier, secrétaire régional d'Unia Fribourg.
Dans le quotidien fribourgeois La Liberté, du 9 août, Jean Marc Métrailler, le directeur financier, estimait que les salaires seraient versés cette semaine. Il précisait aussi que le rachat des parts des actions de la société anglaise Paradigm Global Partners s'était fait avec des moyens privés, sans donner toutefois le montant de la transaction.

Quels investisseurs?
Plusieurs repreneurs internationaux seraient d'ores et déjà intéressés. «Ce rachat est une bonne surprise, qui laisse penser que la production peut se poursuivre. Mais il faut rester prudent, car il y a beaucoup d'interrogations en suspens», estime Armand Jaquier.
Comment va évoluer la production d'Ilford dans un marché extrêmement concurrentiel et en évolution perpétuelle depuis l'arrivée de la photographie numérique? Qui sera le repreneur? Un industriel? Un financier? Pour rappel, en 2004 selon l'ATS, l'entreprise comptait deux fois plus d'employés. Cette année-là, le britannique Doughty Hanson cédait Ilford à un consortium de banques. En 2005, le groupe japonais Oji Paper rachetait les divisions suisses du groupe, avant que Paradigm Global Partners ne reprenne en main l'entreprise de Marly en 2010, pour la lâcher trois ans plus tard. «Le risque avec les repreneurs financiers, c'est qu'ils ne veulent pas produire au prix le plus juste, ils veulent seulement faire du bénéfice, et n'hésitent pas à utiliser des moyens drastiques», souligne Armand Jaquier. Le 28 juin dernier, le personnel a ainsi appris que l'entreprise se trouvait en situation de surendettement et que les salaires de juin n'allaient pas pouvoir être versés. Ceux-ci ont finalement été payés avec l'aide de la caisse chômage. Et si aucun licenciement n'a été prononcé, une vingtaine d'employés, ayant déjà trouvé un autre emploi, ont donné leur congé.

Aline Andrey

 

Edition n° 33/34 du 14 août 2013

 
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