Biomet un plan social collectif est sous toit
Suite à la décision de l'entreprise de fermer son usine du Locle un plan social a été signé

La direction américaine du groupe Biomet, la délégation des travailleurs et le syndicat Unia se sont mis d'accord sur un plan social collectif. Signé le 31 octobre, il prévoit des indemnités pour tous les travailleurs, y compris ceux qui partiraient avant la fermeture de l'usine prévue pour fin mai 2014.

Finalement, la ténacité des employés et d'Unia face à la direction du groupe américain Biomet a payé. Un plan social a été signé la semaine passée, alors qu'à la base la multinationale ne prévoyait que des contrats de départ individuels et seulement pour les employés qui resteraient jusqu'à la fermeture de l'entreprise du Locle prévue à fin mai 2014. Pour rappel, les quelque 250 employés avaient été informés à la mi-juin 2013 de la volonté du groupe de mettre fin à ses activités. Un mois plus tard, et malgré les très bons résultats financiers du groupe et les propositions du service cantonal de l'économie pour renforcer la compétitivité du site, Biomet confirmait sa décision de fermer, mais une année plus tard.
Après des tentatives infructueuses de négociation en vue d'un plan social collectif, Unia a saisi l'Office de conciliation fin juillet. Cette séance a été suivie de nombreuses réunions de travail qui ont abouti à la signature d'un plan social «au soulagement et à la satisfaction de chacun», peut-on lire dans le communiqué d'Unia. «Nous sommes heureux d'avoir abouti à un plan social collectif, car l'entreprise, initialement, voulait régler les licenciements par le biais de conventions individuelles», rappelle Catherine Laubscher, secrétaire régionale à Unia Neuchâtel.

Un plan social correct, mais...
Le plan social prévoit des indemnités de départ, variant en fonction de l'âge, de l'ancienneté et de la situation familiale pour les 235 employés qui étaient sous contrat à la mi-juillet. Ceux qui partiront avant fin mai auront aussi droit à des indemnités (environ 70%). Un fonds de formation est créé, ainsi qu'un fonds social pour soutenir les personnes en situation particulièrement difficile.
«Ce plan social est correct mais ne correspond toutefois pas aux attentes initiales des travailleurs, ni aux gros moyens financiers du groupe Biomet», souligne Catherine Laubscher. «Les salariés font les frais d'une logique financière des fonds d'investissement privés propriétaires du site et non pas d'une logique industrielle. Et ils ont le sentiment d'avoir été lâchés et bradés par le groupe Johnson & Johnson.» Pour rappel, ce dernier avait vendu le site loclois en juin 2012. L'accord de transfert prévoyait déjà la sauvegarde des emplois et des conditions de travail pendant deux ans, soit jusqu'en juin 2014. Pour l'heure, les travailleurs ne seraient qu'une vingtaine à avoir trouvé un autre emploi. A noter encore que la piste d'une reprise partielle des activités du site par les cadres de l'entreprise est toujours en discussion...


Aline Andrey

 

 

Edition n° 45 du 6 novembre 2013

 
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