30 menuisiers italiens en grève au Mont-Pèlerin
Ils ont arrêté le travail pour toucher leur salaire. Unia dénonce un nouveau cas de grave sous-enchère salariale

Trente menuisiers italiens, détachés sur le chantier des luxueux appartements de l'hôtel Mirador Kempinski au Mont-Pèlerin, ont arrêté le travail vendredi passé. Ils exigent le paiement de leur salaire. Lundi en fin de journée, la grève se poursuivait. Une rencontre entre syndicat et patrons était prévue hier mardi.

Quand le luxe se nourrit une nouvelle fois de la misère... Vendredi dernier, les trente menuisiers italiens engagés à la construction des appartements de luxe de l'hôtel Mirador Kempinski au Mont-Pèlerin se sont mis en grève. Actifs depuis le mois d'août, ils ne sont payés qu'à coup d'acomptes de 50 francs par leur employeur italien. Ils sont logés, mais pas nourris, comme le prévoit pourtant la loi, et ne peuvent par exemple pas rentrer au pays, faute d'argent. Le patron les a engagé à un salaire de 12 euros de l'heure, soit moins de la moitié du salaire prévu par la Convention collective du second œuvre, obligatoire dans la branche.

Sous-traitance en cascade
Lundi, les travailleurs continuaient leur débrayage avec le soutien du syndicat Unia pour obtenir le paiement de leurs salaires et des arriérés depuis le mois d'août. Leur patron, accouru le jour même d'Italie, a accepté de rencontrer le syndicat. Un rendez-vous a été fixé hier matin, mardi. D'autres responsables du chantier devaient aussi y participer.
A nouveau, ce cas de dumping salarial repose sur une cascade de sous-traitance. Le propriétaire de l'hôtel a mandaté l'entreprise générale SDG (Swiss Development Group SA), qui elle-même a confié le travail à Vitrani, une société italienne spécialisée dans la construction de luxe. Cette dernière a confié le travail à une autre entreprise également italienne, employant les 30 menuisiers. Pour pouvoir contourner la loi sur les travailleurs détachés et dépasser les 3 mois maximums prévus sur un chantier, le patron aurait créé une nouvelle société pour réengager les travailleurs...

Mesures d'accompagnement insuffisantes
Pietro Carobbio, responsable de la construction à Unia Vaud, dénonce ce nouveau cas de dumping salarial sur le dos de travailleurs détachés. Un cas qui, après celui découvert à la gare de Zurich en octobre, démontre une fois de plus la nécessité de renforcer concrètement et de manière efficace les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes, estime le syndicaliste.
A l'heure où nous mettions sous presse, lundi en fin d'après-midi, les travailleurs italiens étaient déterminés à poursuivre leur grève jusqu'à ce que leurs salaires soient versés. Affaire à suivre. 


Sylviane Herranz

 

 

Edition n° 46/47 du 13 novembre 2013

 
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