Les maçons exigent une amélioration des mesures d'accompagnement
Le Parlement des travailleurs de la construction d'Unia a adopté une résolution sur la libre circulation

Réunis samedi dernier, les maçons d'Unia ont débattu de la libre circulation et adopté une résolution sur la question exigeant, face aux abus en augmentation, un renforcement des mesures d'accompagnement. Le Parlement des maçons a également approuvé l'accord salarial, bien que le résultat ne corresponde pas aux attentes des travailleurs.

Le Parlement des travailleurs de la construction d'Unia, réuni samedi dernier, a adopté une résolution sur la libre circulation des personnes. Un intense débat consacré à la situation actuelle sur les chantiers a mis en lumière l'augmentation dans des proportions effarantes du dumping salarial et de l'exploitation. Pour les salariés de la construction, il est évident que le maintien de la libre circulation des personnes n'obtiendra plus guère de majorité si le Conseil fédéral et le Parlement ne renforcent pas sensiblement la protection des salaires.
Le bâtiment va bien en Suisse. Mais des entreprises sans scrupules se servent de la crise qui frappe une large partie du secteur européen de la construction pour exploiter des collègues étrangers avec des salaires au rabais. Si les salariés concernés sont les premiers à en souffrir, les salaires de l'ensemble des travailleurs en Suisse sont mis sur la sellette, et les entreprises sérieuses ne parviennent pas à faire face à des prix cassés.
Le Parlement des travailleurs d'Unia exige l'amélioration des mesures d'accompagnement pour protéger les salaires. Cela implique davantage de contrôles, des sanctions plus sévères et des instruments plus efficaces. Les autorités doivent être en mesure d'arrêter les travaux en cas de sous-enchère salariale. Il est aussi inadmissible que des entreprises fassent obstacle aux contrôles des syndicats ou des organismes de contrôle pour masquer un dumping salarial. Les travailleurs doivent par ailleurs être mieux protégés contre le licenciement sinon personne n'osera s'élever contre les dérives constatées.
Le Parlement des maçons s'est en outre prononcé résolument contre l'initiative isolationniste de l'UDC dite «contre l'immigration de masse» parce que plus rien n'irait dans le bâtiment en Suisse sans la main d'œuvre étrangère. Il y a longtemps en effet que la Suisse n'est plus construite par les Suisses. Si on veut garantir des conditions de travail décentes, il faut mieux protéger les salariés et non fermer les frontières.

Environ 65 francs de plus par mois
Les travailleurs de la construction d'Unia ont également approuvé, sans enthousiasme, le résultat des négociations salariales pour 2014. Après avoir annoncé dans un premier temps que la majorité de ses membres refusait toute hausse des salaires et plus catégoriquement encore une revalorisation des salaires minimums, la Société suisse des entrepreneurs (SSE) a fini par concéder une légère hausse. Déçus du résultat des négociations, tant les travailleurs d'Unia que les membres de la Conférence de branche de Syna - réunis également samedi - l'ont finalement accepté, tout en espérant que les salaires seront correctement revalorisés l'an prochain.
Les maçons toucheront une augmentation générale d'au moins 0,4% et 0,4% supplémentaires seront distribués à titre individuel par les entreprises. Un franc de plus sera accordé pour l'indemnité du repas de midi, versée à la plupart des travailleurs de la construction. Au total, ces derniers toucheront environ 65 francs de plus par mois. Les salaires minimums seront revalorisés de l'ordre de 45 francs, y compris l'indemnité pour les repas de midi.


Unia/L'ES

 

 

Edition n° 48 du 27 novembre 2013

 
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