La Charte de la sécurité s'étend à d'autres métiers
Deux ans après la création de la Charte de la sécurité dans la construction, la Suva souhaite élargir son application

Il y a deux ans, dans le cadre de sa campagne de prévention pour la sauvegarde de 250 vies, la Suva, Caisse nationale en cas d'accident, avait lancé la Charte de la sécurité pour les métiers de la construction. Aujourd'hui, elle invite les employeurs de l'industrie et des arts et métiers à signer une telle charte pour leurs branches.

La Charte de la sécurité originellement prévue pour les métiers de la construction va s'étendre à toutes les branches professionnelles assurées par la Suva. La Caisse nationale d'assurance en cas d'accident appelle ainsi les employeurs à signer la Charte de la sécurité Industrie, arts et métiers qui reprend le message de la Charte de la sécurité de la construction: «Stop en cas de danger, sécuriser, reprendre le travail».
Il y a deux ans, cette dernière était lancée par onze associations d'employeurs, des associations de mandataires et les syndicats Unia et Syna, avec le soutien de la Suva. Depuis septembre 2011, le nombre de signataires est en augmentation constante. Ils sont aujourd'hui quelque 250 employeurs à avoir adhéré à cette charte (non obligatoire) qui a pour but de diminuer le nombre d'accidents et de décès. Pour rappel, au cours des dix dernières années, plus de 280 personnes ont perdu la vie sur les chantiers en Suisse. Le nombre d'accidents professionnels mortels a toutefois baissé en moyenne de 5% par an (150 décès en 2000 contre 89 en 2010).
La Charte de la sécurité, qui s'inscrit dans la campagne de prévention de la Suva «Vision 250 vies» (qui a pour but de diminuer de moitié le nombre d'accidents mortels entre 2010 et 2020), vient appuyer cet effort de sécurisation des chantiers. Cependant, un bilan, seulement deux ans après sa création, est impossible à tirer. Aucune étude n'a été menée et le temps d'observation est encore trop court selon la Suva. Sur le terrain, il reste donc difficile de savoir si tous les employés se sentent libres de faire respecter leurs droits, soit celui d'arrêter de travailler tant que les mesures de sécurité adéquates ne sont pas mises en place. Ces mesures sont détaillées dans les «Règles vitales» élaborées par la Suva et mises à disposition des entreprises sous la forme de supports pédagogiques prêts à l'emploi.

Une nouvelle philosophie
Reste que les panneaux illustrant le message de la charte sont de plus en plus visibles sur les chantiers. «C'est une preuve de la volonté des employeurs de privilégier une manière de travailler plus sociale et éthique. La charte amène une nouvelle philosophie», relève Nadia Gendre, porte-parole de la Suva.
«La charte ne change rien aux bases légales, mais se révèle être un instrument utile pour la sensibilisation, pour une réflexion de base sur la sécurité au travail et la protection de la santé et pour un dialogue entre les acteurs présents sur les chantiers. Elle rend explicite la volonté de ceux qui la signent d'institutionnaliser une culture de la sécurité. Or ce changement de culture prend du temps...», précise Dario Mordasini, responsable d'Unia pour la santé et la sécurité au travail. «L'extension de la charte à d'autres secteurs est une démarche positive qui renforce ce processus de transformation de culture dans le monde du travail en matière de sécurité au travail.»

Apprentis en toute sécurité
Parallèlement, une campagne de prévention spécifique aux apprentis a été également lancée - «Apprentissage en toute sécurité» - afin de sensibiliser ces derniers à l'importance d'interrompre leur travail en cas de danger. En outre, souligne Dario Mordasini, «dans certaines branches, comme le nettoyage par exemple, pour lesquelles la Suva n'a pas prévu de publications spécifiques, ce sont les partenaires sociaux qui se mettent d'accord sur des règles d'or pour assurer la sécurité des travailleurs et diffuser le message clé, soit "Stop en cas de danger, sécuriser, reprendre le travail".» 


Aline Andrey

Pour plus d'informations: www.charte-securite.ch

 

 

Edition n° 48 du 27 novembre 2013

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page