Scintilla, mesures de lutte en préparation
Les travailleurs de Scintilla, filiale de Bosch, se mobilisent contre les suppressions d'emplois massives et la délocalisation

Le personnel de Scintilla, filiale de Bosch située à Zuchwil près de Soleure, est sur pied de guerre après l'annonce de la suppression de 330 des 625 emplois du site d'ici à 2016 et la délocalisation de la production et du développement en Hongrie et en Allemagne. Une pétition munie de 13000 signatures a été déposée au siège allemand du groupe par les travailleurs. Le 17 décembre, l'assemblée du personnel mandatait Unia et la commission d'entreprise pour la préparation de mesures de lutte pour fin janvier.

«La lutte contre les suppressions d'emplois et la délocalisation des activités de production constitue dès aujourd'hui un enjeu national. Dès demain, il faut faire en sorte que les chefs de Bosch au siège social du groupe en Allemagne aient à leur tour des nuits blanches, comme vous jusqu'ici. Il en va d'êtres humains très motivés et de personnel hautement qualifié, et non de machines ou de marchandises.» Corrado Pardini, membre du comité directeur d'Unia et responsable de l'industrie, a prononcé ces paroles le 17 décembre dernier, devant les 352 collaborateurs de Scintilla/Bosch de Zuchwil près de Soleure, réunis à l'occasion de leur deuxième assemblée générale. Un mois plus tôt, le 19 novembre, la direction leur annonçait qu'elle allait supprimer 330 des 625 emplois de Zuchwil d'ici à 2016, dont un premier tiers durant le deuxième semestre de cette année. L'objectif étant de délocaliser toute la production de ses outils électriques, tels que perceuses, ponceuses ou scies sauteuses en Hongrie, et le secteur du développement en Allemagne, afin d'être plus compétitif.
Lors de l'assemblée, Corrado Pardini a invité le personnel à se battre, par la grève s'il le fallait, pour sauver les emplois et le site de Zuchwil. Une lutte débutée par les travailleurs de Scintilla immédiatement après l'annonce de restructuration de cette entreprise bientôt centenaire, appartenant au groupe allemand Bosch. Pour Unia, cette décision est jugée totalement indéfendable. Le syndicat estime qu'elle n'est basée que sur la logique du profit à court terme.

13000 signatures en un temps record
Une pétition exigeant le retrait de la décision de suppressions de postes ou un moratoire d'au moins une année permettant au personnel, à la commission d'entreprise et à Unia de faire des propositions alternatives à la fermeture a été lancée. En un temps record, elle a recueilli 13000 signatures, dont celles de 63 parlementaires fédéraux.
Le 16 décembre, 260 travailleurs de Scintilla ont fait le déplacement pour aller manifester devant le siège de la multinationale à Gerlingen près de Stuttgart. La pétition a été remise à cette occasion à deux membres de la direction du groupe.

Mesures de lutte en préparation
Le lendemain, lors de leur assemblée générale, les salariés ont adopté, par 345 oui contre 5 non et 2 absentions, un cahier de revendications en 8 points exigeant notamment du groupe Bosch qu'il renonce publiquement à la fermeture annoncée et s'engage à n'entreprendre aucune démarche en vue d'une délocalisation à Miskolc en Hongrie. Le personnel demande aussi l'ouverture de négociations et la prolongation du délai de consultation d'une durée indéterminée ou au plus tôt jusqu'à fin septembre 2014 - ce dernier avait été fixé au départ au 20 décembre 2013... Il réclame encore que Bosch transmette toutes les bases ayant conduit à sa décision à la commission des employés et ouvriers (ABK) de l'entreprise et à Unia.
Les travailleurs ont également chargé cette commission ainsi que le comité directeur et la direction du secteur industrie d'Unia «de préparer jusqu'à fin janvier 2014 les mesures de lutte utiles contre les suppressions d'emplois et la délocalisation de la production, ainsi que d'y consacrer les ressources financières nécessaires», indique le syndicat dans un communiqué.
Une nouvelle assemblée du personnel est prévue la semaine prochaine pour discuter de la suite du combat. 


Sylviane Herranz

 

 

Edition n° 1/2/3 du 15 janvier 2014

 
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