Stop au dumping protégeons les salaires
La campagne pour l'introduction d'un salaire minimum a démarré. Unia se bat pour un tarif horaire d'au moins 22 francs

Unia vient de lancer sa campagne pour le salaire minimum à 4000 francs sur lequel la population sera appelée à voter le 18 mai prochain. Le but de l'initiative syndicale vise à relever les bas revenus et à lutter contre le dumping. Unia rappelle que, dans une Suisse riche et prospère, 330000 travailleurs gagnent toujours moins de 22 francs de l'heure.

Lundi dernier, Unia a donné le coup d'envoi de sa campagne en faveur d'un salaire minimum à 4000 francs par mois (x12). Des affiches et une tournée en Suisse, notamment à Genève, Zurich et Lucerne, soutiendront ses visées. Unia entend ainsi inciter la population à accepter, le 18 mai prochain, l'initiative des syndicats. But de cette dernière, relever les bas salaires - 330000 travailleurs gagnent toujours moins de 4000 francs par mois en travaillant à plein temps - et lutter contre le dumping qui n'a cessé de progresser ces dernières années. «Les principales personnes concernées travaillent dans le secteur tertiaire, mais on en trouve aussi dans l'industrie, notamment parmi les employés non qualifiés, ou dans les entreprises du secteur n'étant pas couvertes par des CCT», précise Pierluigi Fedele, membre du comité directeur d'Unia, qualifiant la revendication de raisonnable. «On peut se le permettre.»

Les femmes les plus touchées
Parmi les salariés les moins bien lotis figure une large majorité de femmes (70%). «77% d'entre eux sont âgés de plus de 25 ans et environ un tiers gagne un salaire de misère, bien qu'ayant fait un apprentissage.» Dans ce contexte, Unia milite en faveur d'un tarif horaire qui s'élève au moins à 22 francs. «Chacun doit pouvoir vivre de son salaire... De nombreux employeurs misent sur une main-d'œuvre bon marché pour faire augmenter leur profit. Ils portent un énorme préjudice à l'ensemble des salariés dont les rémunérations sont mises sous pression. Ils nuisent aussi aux patrons qui désirent payer correctement leur personnel.» L'initiative fixe ainsi une limite claire à la sous-enchère salariale.

Pas de délocalisations en vue
Pour Pierluigi Fedele, son acceptation n'aurait pas pour effet - comme les milieux économiques opposés l'affirment - d'entraîner des délocalisations. «Les bas salaires touchant essentiellement le secteur des services, cet argument ne tient pas la route. Les soins, les commerces de détail... ne peuvent pas être délocalisés.» Il ne pense pas davantage qu'un « oui » au salaire minimum aurait pour conséquence de tirer des revenus plus élevés vers le bas. «L'expérience nous démontre qu'il n'en sera rien. Les salaires minimaux fixés dans les conventions collectives de travail n'ont jamais eu ce type de conséquence. Nous n'avons jamais rencontré ce cas de figure.» Le syndicaliste fait en revanche remarquer qu'un salaire minimum à 4000 francs - «même s'il reste bas» - augmentera le pouvoir d'achat des bénéficiaires. Aussi attractifs pour l'économie...


Sonya Mermoud

 

Edition n° 8/9 du 19 février 2014

 
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