Le restaurant social Ekir a servi 38'000 repas en cinq ans
Fondé en 2009 à la Chaux-de-Fonds ce restaurant solidaire et convivial continue de servir des repas à sept francs

Ekir a fêté le 1er mars dernier ses cinq ans d'existence. Basé à La Chaux-de-Fonds, ce restaurant social et solidaire fonctionnant en autogestion et animé par une cinquantaine de bénévoles a servi jusqu'ici un total de 38000 repas complets à des prix très modiques. Etat des lieux.

Les esprits chagrins ne le voyaient pas faire long feu. Mais ceux qui lui prédisaient une vie éphémère se sont lourdement trompés. Le restaurant social Ekir vient en effet de passer le cap de ses cinq ans d'existence, une étape marquée par une petite fête à la Maison du Peuple de La Chaux-de-Fonds, à quelques pas de ses locaux.

7 francs le repas complet
Le restaurant social est non seulement toujours là, mais il a gagné en efficacité. Sa cuisine et ses locaux ont été rénovés récemment, grâce notamment à un don de 44000 francs de la Loterie romande, au travail de nombreux bénévoles et à la contribution gratuite d'une entreprise d'installation électrique locale. De quoi améliorer encore la qualité des prestations et faciliter le travail de la cinquantaine de bénévoles qui se relaient quotidiennement aux fourneaux, à la plonge et au service. De plus, ses murs accueillent désormais les œuvres de différents artistes, comme actuellement celles du Brésilien Liomar Ferreira Consuli.
Ekir sert du lundi au vendredi des repas de midi complets dans sa salle de 32 places. Les prix sont modiques: 7 francs pour les adultes, la moitié pour les enfants et des boissons à un franc. «Mais ces prix populaires ne veulent pas dire qu'on rogne sur la qualité», souligne Maria Bignens, l'une des initiatrices et animatrices des lieux. «Nous tenons à proposer des repas variés, des découvertes culinaires, des bons petits plats qui font plaisir.» Exemple d'une liste des menus de la semaine: lundi tortilla et chorizo, mardi endives au jambon, mercredi colin à la sauce tomate et pommes vapeur à la provençale, jeudi raclette et vendredi poivrons farcis et pommes vapeur. Chaque fois avec dessert, potage ou salade. Issus de divers horizons de la planète, les cuisiniers et cuisinières mettent dans leurs plats les saveurs et les couleurs de leur pays. Le cœur aussi. Car Ekir n'est pas qu'un lieu où l'on mange. C'est aussi un endroit où l'on échange, où se nouent des contacts, des amitiés. «Nous ne sommes pas un ghetto réservé aux pauvres. On peut venir ici simplement pour les rencontres, la convivialité ou simplement parce que l'on trouve que c'est bon et sympa. Les gens qui ont les moyens sont les bienvenus. S'ils le désirent, ils peuvent payer un peu plus mais ce n'est pas une obligation du tout.» Ekir encourage aussi la valorisation personnelle et sociale de ses membres.

Autogestion
A noter que le restaurant bénéficie de la collaboration de «Table Suisse», une association qui récupère des invendus donnés par un certain nombre de magasins, en particulier les principales grandes surfaces du pays. Ekir achète également une partie de son pain au fournil La Joliette, animée par le Centre social protestant.
Le restaurant est autogéré. «Nous n'avons ni président, ni comité», précise Pierre Friedli, cofondateur d'Ekir. Cet ex-maçon, syndicaliste actif à Unia, tient à conserver cette formule. «C'est une forme d'association de producteurs libres et jusqu'ici cela fonctionne très bien, même si les débats sont parfois nourris.» Le pilotage est assuré par une assemblée hebdomadaire des bénévoles. Cette assemblée définit les menus, répartit le travail, gère les commandes, les finances et assume l'administration.
De nombreux étrangers figurent parmi les bénévoles et les clients. Ekir favorise ainsi une intégration active et des échanges culturels. Un engagement qui lui a valu, en 2012, de se voir attribuer par le Gouvernement neuchâtelois le prix cantonal «Salut l'étranger».
Au-delà des menus quotidiens (38000 repas servis en cinq ans), l'association Ekir prépare également des menus pour des sociétés, des associations et même les sandwiches pour les manifestations d'Unia. Elle a aussi offert des soupes populaires et des repas de soutien en faveur d'un orphelinat éthiopien ou pour la construction d'une école au Burundi. La solidarité n'a pas de frontière.


Pierre Noverraz

Contact: Ekir, Manger ensemble, rue de la Serre 90, La Chaux-de-Fonds, tél. 032 913 38 26.

 

Edition n° 12 du 19 mars 2014

 
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