Cindy Maury la flamme de l'enthousiasme
Cindy Maury conjugue avec succès plusieurs passions. Elle a décroché son brevet de spécialiste en assurances sociales

Curiosité, envie de découvrir, d'apprendre, de comprendre. Détermination aussi. Cindy Maury rassemble toutes ces qualités. Et son coup de cœur pour les chats Singapura n'est sans doute pas dû au hasard. Car ces chats, les plus petits du monde, sont comme elle de grands curieux! Cindy Maury, 27 ans à peine, travaille à la caisse de chômage d'Unia à Sierre. Et son parcours déjà très riche, elle l'a forgé grâce à ses qualités et à sa générosité.
Spécialiste en assurances sociales, conseillère générale au législatif de Sion, commissaire d'apprentissage, éleveuse de Singapura, fan de musique, tout particulièrement de rock et de hard-rock et du groupe Indochine à qui elle a dédié le nom de son élevage, elle cumule ses passions avec énergie et en toute modestie.
L'automne dernier, Cindy a décroché le Brevet fédéral de spécialiste en assurances sociales avec la meilleure note du Valais. Un brevet venant couronner sa formation, entreprise à la caisse de chômage de la FTMH à Sion en 2003 comme employée de commerce, après un début chaotique chez un avocat. Le syndicat n'ayant pas prévu l'engagement d'un apprenti à ce moment-là, Cindy s'y est imposée par la qualité de son travail, après un stage qui s'est finalement transformé en place d'apprentissage! CFC en poche, mais sans emploi car le syndicat, devenu Unia, ne pouvait l'engager, Cindy effectue une maturité en une année, en santé-social, branche l'intéressant bien davantage que le commercial. «Je me suis ensuite inscrite au chômage. C'était intéressant d'être de l'autre côté du guichet, mais cela faisait bizarre d'aller voir les collègues...»

Formation de pointe
Fin 2007, le secrétaire régional d'Unia l'appelle pour la rencontrer. «Je partais pour un concert de Marylin Manson à Zurich; je suis rentrée à 5h du matin, le rendez-vous était à 7h30! Il m'a engagée pour le 1er janvier à Sion. Et j'ai été déportée à Sierre en juillet 2009!» Déportée? «Ici en Valais, on est très attaché à son coin de pays. J'ai toujours vécu à Sion. Mais maintenant, il ne faudrait pas qu'ils me déportent à nouveau», rigole la jeune femme, dans son bureau sierrois, où elle s'occupe aussi du guichet syndical.
Cindy débute les cours pour le brevet fédéral en 2011. Un brevet difficile, touchant toutes les assurances, publiques comme privées. Trois heures et demie de cours par semaine durant deux ans, de longues heures de révision. Et des examens exténuants: 11 écrits en deux jours et demi, suivis de 2 oraux. Certains craquent, mais Cindy assure, boules quies dans les oreilles et petits chocolats entre deux épreuves! Puis la longue attente des résultats, un grand vide après de nombreuses soirées passées à réviser, ses chats sur le clavier de l'ordinateur! Enfin, la lettre. «Je voulais réussir! Et ça a été une délivrance, une grande joie. J'ai fêté pendant trois semaines!» Avec sa moyenne de 5,1 sur 6 et ses excellentes notes en prévoyance professionnelle et en sécurité sociale, la jeune employée d'Unia risque fort d'être convoitée. Mais Cindy n'est pas intéressée à en tirer profit. «Ce brevet est un plus pour mon travail, pour aider les gens. Il me permet de comprendre complètement les assurances sociales qui s'entrecroisent. Je peux donner des conseils précis plutôt que renvoyer les personnes vers d'autres offices, comme l'AI ou les allocations familiales. Je peux aussi expliquer le pourquoi de certaines décisions.»

Créer des petits êtres
Cindy fait également bénéficier ses collègues d'Unia de ses connaissances. Car elle est syndicaliste dans l'âme. «Devenir secrétaire syndicale? Ça me plairait, mais ils ont besoin de moi au chômage», dit-elle en riant. Et c'est en politique qu'elle s'engage contre les injustices. En 2012, elle est élue au Conseil général de Sion, sur la liste socialiste. «Ils cherchaient du monde et j'ai été très surprise: personne ne s'intéressait à ce qui se passe dans la ville!» Cindy prend son mandat à cœur. «C'est une tâche passionnante. Je ne lâche jamais une affaire, même si nous sommes minoritaires. Nous représentons une partie du peuple et j'ai le sentiment du travail accompli. C'est ça la démocratie.» Depuis un an, elle met aussi son expérience au service de la formation, comme commissaire d'apprentissage pour les entreprises de santé-social de Sion.
Et si ces nombreuses activités l'enthousiasment, elle se ressource dans sa passion pour ses petits protégés, les Singapura, une race encore peu connue, qu'elle souhaite aider à subsister, car la reproduction est difficile. «Lorsque j'ai eu ma matu, à 20 ans, ma tante, éleveuse de Maine Coon, les plus grands chats du monde, m'a offert un Singapura. Ça a été un vrai coup de cœur. Je l'ai nommée Baguette à cause de ses fines pattes. Mais elle est morte quand je l'ai stérilisée, elle n'a pas supporté la narcose. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps...» Cindy trouve alors deux autres femelles et c'est le début de l'élevage. Aujourd'hui, dans son appartement de Sion, 8 chats, dont 3 chatons, l'accueillent à son retour du travail. «Ils m'apaisent après une journée où nous sommes parfois face à des situations très difficiles. Ce sont mes boules antistress. Ils ne parlent pas, ça me touche beaucoup. J'adore ce mystère, on ne sait pas ce qu'ils voient, ce qu'ils pensent. Ils m'ont beaucoup aidé pour mon brevet. Pour moi, élever ces chatons, c'est créer de petits êtres et rendre des gens heureux.» 


Sylviane Herranz

Pour découvrir les compagnons de Cindy: www.broceliande.ch/dancetaria

 

 

Edition n° 12 du 19 mars 2014

 
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