Cointrin: SR Technics menace de licencier tout son personnel
SR Technics a envoyé de nouveaux contrats aux conditions péjorées à ses employés qui seront remerciés si ils refusent de signer

Le Syndicat des services publics a présenté le 18 mars un nouveau cas de dumping à l'aéroport de Genève. Après avoir dénoncé la Convention collective de travail en décembre, l'entreprise SR Technics a récemment envoyé des nouveaux contrats individuels à ses employés contraints de signer s'ils ne veulent pas être licenciés. Ces contrats prévoient une hausse de l'horaire de travail de 40 à 42 heures hebdomadaire ainsi que la suppression des mesures de préretraites. L'employeur refusant de négocier, la Chambre des relations collectives de travail a été saisie.

Le Syndicat des services publics (SSP) avait prévenu: si le conflit chez Gate Gourmet n'est pas rapidement réglé, on assistera à une épidémie de dumping sur le site de l'aéroport. Et il avait raison. Alors que les grévistes de Gate Gourmet en sont à leur sixième mois de lutte et que le Conseil d'Etat n'a toujours pas pris clairement position, la situation a donné des idées à d'autres entreprises. SR Technics, chargée de la réparation d'avions, a suivi le même modus operandi. Après avoir dénoncé la Convention collective de travail (CCT) en décembre pour le 30 juin 2014, l'entreprise a envoyé le 13 mars à ses 79 employés des nouveaux contrats individuels prévoyant une augmentation de l'horaire de travail de 40 à 42 heures par semaine ainsi que la suppression des mesures de préretraites liées à la pénibilité du travail irrégulier. Si ces derniers refusent de les signer d'ici le 26 mars, ils seront tout simplement licenciés. Une péjoration qui équivaut selon le SSP à «au moins 5% du salaire».

«A prendre ou à laisser»
«Nous étions prêts à accepter cette hausse du temps de travail hebdomadaire, à condition de négocier une compensation pour les salariés», explique Yves Mugny, secrétaire national du SSP. Le syndicat, qui réclame à ce titre des négociations depuis décembre et qui propose des solutions acceptables pour le personnel - comme la compensation de la perte par une augmentation des vacances, ou par la prise en compte comme temps de travail des pauses de jour, ou encore par l'augmentation des compensations en temps pour le travail irrégulier - s'est confronté au refus catégorique de la direction de SR Technics d'entrer en matière. «C'est à prendre ou à laisser, telle était l'attitude de l'employeur» reprend un communiqué du SSP. Le 14 mars, le SSP a insisté en demandant à la direction la réouverture des négociations pour éviter qu'un nouveau conflit n'éclate à Cointrin. En vain. Pour tenter de débloquer la situation, une demande de conciliation a été formulée par le SSP qui a saisi la Chambre des relations collectives de travail (CRCT). Les parties ont été convoquées hier, ce qui exclut toute mesure de lutte... pour l'instant. «Les employés souhaitent que la négociation soit possible, mais si la procédure de conciliation n'aboutit pas, ils prévoient déjà de débrayer» informe le syndicaliste.

Situation urgente
Après Gate Gourmet, les pilotes d'avion de Sonnig SA payés 2000 francs brut par mois et le débrayage chez Swissport - en cours de procédure auprès de la CRCT depuis la semaine dernière - le SSP appelle les autorités politiques à prendre, enfin, la mesure de la situation. Dans ce contexte, Pierre Maudet a annoncé le 17 mars l'ouverture de discussions avec les différents acteurs du site de l'aéroport afin de régler les conflits sociaux. Le magistrat a aussi assuré que le conseil d'administration de Genève Aéroport réfléchissait à un nouveau régime de concessions garantissant un règlement pacifique des différends. «Nous saluons ces initiatives mais elles ne répondent pas aux problèmes en cours, regrette le secrétaire central. Rien n'est proposé pour agir dans l'immédiat.»


Manon Todesco

 

 

Edition n° 13 du 26 mars 2014

 
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