Grève pour un plan social digne
A Ste-Croix, les travailleurs de Bacab SA se sont mis en grève pour obtenir un plan social à la hauteur du travail effectué

Jeudi dernier, peu avant midi, les salariés de Bacab SA à Sainte-Croix ont entamé une grève d'une durée indéterminée pour faire plier la direction sur leur exigence d'un plan social digne de ce nom. 32 d'entre eux ont été licenciés en raison de la délocalisation de la production en Allemagne.


Le bras de fer entre le personnel de Bacab SA à Sainte-Croix et la direction a débuté jeudi dernier à 11h45, à l'issue d'une assemblée où les travailleurs ont pris acte du fait que la direction n'entendait pas revoir à la hausse sa proposition de plan social. Lundi 7 avril, à l'heure où nous mettions sous presse, ils terminaient leur 5e jour de grève. Une grève suivie très largement, y compris par des salariés n'étant pas directement touchés par les suppressions de postes.
Fin février, la direction de Bacab SA, spécialisée dans la fabrication de câbles électriques chauffants, annonçait le licenciement de 32 de ses 40 employés et la délocalisation de la production en Allemagne. Une consultation des salariés a été ouverte, durant laquelle ces derniers, soutenus par le syndicat Unia, ont présenté un plan pour le maintien de l'emploi. «Nos propositions étaient parfaitement viables et soutenues par les autorités locales et le département de l'économie du canton. Elles auraient permis de garder la production à Sainte-Croix et même d'étendre les activités», relève Isabelle Smekens, responsable de la section Unia du Nord vaudois. Or la maison mère Bartec Top Holding, installée en Allemagne et employant des milliers de personnes dans le monde, a refusé d'entrer en matière et de revenir sur la décision d'arrêter la fabrication cet été déjà. Seules la vente et la commercialisation des produits devraient être maintenues à Sainte-Croix, activités occupant 8 personnes.

Détermination des grévistes
Face à une situation où, selon Unia, il aurait été difficile de faire fléchir le groupe allemand, les travailleurs ont décidé de négocier un plan social qui soit à la hauteur du travail accompli pour cette société et des difficultés à venir. La direction n'offrait que 2 mois de salaire d'indemnités. Après plusieurs échanges entre le syndicat, demandant beaucoup plus, et le patron, ce dernier a fait une offre d'un peu plus de 2 mois et demi. «Les travailleurs étaient très fâchés, et blessés dans leur estime. Certains travaillent ici depuis 19 ans!» relate Isabelle Smekens. Les salariés licenciés ont exigé de la direction une nouvelle offre de plan social et lancé, mardi 1er avril, un préavis de grève. L'ultimatum avait été fixé au lendemain, puis repoussé à jeudi dernier. Mais la seule réponse des patrons a été de déclarer la grève illicite...
«Les gens sont très motivés et déterminés», relevait lundi la syndicaliste, après une fin de semaine et un week-end d'occupation continue de l'usine. Du côté de la direction, aucune entrevue n'était prévue, cette dernière s'étant rendue à l'assemblée des actionnaires du groupe Bartec en Allemagne. Une manifestation de soutien avait par contre eu lieu dans les rues de Sainte-Croix et une seconde devait se tenir hier à Yverdon-les-Bains, chef-lieu du Nord vaudois.

Sylviane Herranz

Pour soutenir les grévistes:
Union syndicale du Nord vaudois, CP 10-20137-3, mention soutien grève Bacab.
Pétition sur le site www.vaud.unia.ch

 

 

Edition n° 15 du 9 avril 2014

 
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