Tally Weijl le scandale de la semaine
La chaîne de mode helvétique s'est fait épingler pour ses salaires scandaleusement bas

L'Union syndicale suisse et ses fédérations ont donné le coup d'envoi, le 8 avril, de l'action visant à dénoncer chaque semaine avant la votation du 18 mai un «scandale des bas salaires». Lauréate du premier cactus distribué à cette occasion, la chaîne de vêtements suisse Tally Weijl se distingue par des salaires particulièrement modiques et par le refus de toute discussion avec Unia.

Ironie du sort, la chaîne de vêtements Tally Weijl a été créée à Lohn, petite commune du canton de Soleure, il y a tout juste 30 ans. Or Lohn, en allemand, signifie salaire... Et c'est justement cette société, aujourd'hui présente dans 39 pays, que le syndicat Unia et l'Union syndicale suisse (USS) ont décidé de mettre au pilori en lui offrant, la semaine passée, le premier cactus du bas salaire. Un cactus qui viendra, chaque semaine précédant la votation du 18 mai sur le salaire minimum à 4000 francs, «honorer» des sociétés versant des salaires particulièrement indécents.
Le cactus a été remis le 8 avril par des syndicalistes au siège de Tally Weijl à Bâle. Au même moment, dans toute la Suisse, des actions ou distributions de tracts avaient lieu devant des boutiques de la marque. Les syndicats se sont mobilisés pour dénoncer les salaires de misère touchés par les vendeuses de Tally Weijl. Unia a notamment découvert le cas d'une employée qualifiée et expérimentée, travaillant dans une boutique d'une grande ville de Suisse, ne gagnant que 3470 francs par mois pour un équivalent plein temps, sans 13e salaire. D'autres vendeuses touchent entre 3600 et 3700 francs et des responsables de succursales, avec expérience professionnelle, gagnent parfois moins de 4000 francs ou à peine plus, indiquent Unia et l'USS dans un communiqué.

Lapin rose à Morges
«Les propriétaires de Tally Weijl pourraient aisément verser des salaires décents: Ravital (Tally) Elfassi-Weijl, présidente du conseil d'administration, et Beat Grüring, membre du conseil d'administration, possèdent selon l'hebdomadaire Bilanz une fortune comprise entre 250 et 300 millions de francs et font ainsi partie des 300 plus riches de Suisse», soulignent les syndicats. Ces derniers rappellent que depuis des années, Unia demande à cette société de verser des salaires plus élevés mais se heurte à «une opposition totale». «Le groupe pourrait pourtant faire mieux», ajoutent l'USS et Unia, rappelant le chiffre d'affaires de 500 millions réalisé dans les quelque 94 magasins de la chaîne en Suisse et les centaines d'enseignes présentes dans d'autres pays. Au total, Tally Weijl occupe environ 3200 employés.
A Morges, ce n'est pas un cactus mais un cadeau pascal qui a été remis, dans la bonne humeur, aux vendeuses de la boutique du lieu. Un lapin de Pâques aux couleurs Tally Weijl leur a offert un salaire minimum de 4000 francs. Enfin, à celles croyant encore un peu... au Père Noël. Sauf si, le 18 mai, le oui l'emporte...


SH

Pour découvrir, semaine après semaine, de nouveaux cas de bas salaires: 


www.scandalebassalaires.ch
Pour plus d'information sur la campagne pour le salaire minimum:
www.proteger-les-salaires.ch

 

 

Edition n° 16/17 du 16 avril 2014

 
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