Stellram pas d'amélioration du plan social
Déçu du plan social le personnel de Kennametal Stellram à Gland demande à Unia d'interpeller l'Office cantonal de conciliation

Vendredi dernier, les collaborateurs de Kennametal Stellram ont pris connaissance de la réponse de la direction à leurs demandes d'amélioration du plan social. La plupart des propositions faites par la Commission des employés ayant été balayées, le personnel - qui avait dans un second temps mandaté Unia pour le représenter - sollicite aujourd'hui le syndicat pour qu'il saisisse l'Office cantonal de conciliation et d'arbitrage.

Au terme de discussions nourries, une trentaine d'employés de Kennametal Stellram ont demandé lundi dernier à Unia de saisir l'Office cantonal de conciliation et d'arbitrage. Et pour cause, la plupart des propositions d'amélioration du plan social réclamées par la Commission des employés n'ont pas été prises en compte par la direction. Rappelons que Kennametal Stellram - qui a racheté ATI Stellram en novembre 2013 - a annoncé un licenciement collectif le 24 mars dernier, laissant une centaine de travailleurs sur le carreau. La société a en effet décidé de déplacer ses activités en Allemagne. «Le plan social, qui date de 1999, n'est pas du tout à la hauteur de ce que peut offrir un grand groupe bénéficiaire comme celui-ci. Il est totalement irrespectueux des efforts qui ont été consentis par les travailleurs qui n'ont pourtant pas ménagé leur temps, cumulant les heures supplémentaires, pour préparer la délocalisation», commente Yves Defferrard, secrétaire syndical d'Unia.

Requêtes balayées
Les responsables ne sont en effet entrés en matière sur quasi aucune des requêtes des travailleurs : pas d'augmentation des indemnités de départ, refus de majorer le montant par enfant des collaborateurs de 2'600 à 5000 francs, aucune mesure d'aide au replacement, pas de pré-retraites... «La seule concession faite par la direction porte sur une augmentation de 25 % de salaire pour les employés sollicités qui accepteront de travailler jusqu'à la fermeture de l'entreprise.» Qualifiant l'attitude de la société de «méprisante» à l'égard de son personnel, le représentant d'Unia n'est toutefois pas surpris de cette issue. «Quand Kennametal Stellram a repris ATI Stellram, des signes avant-coureurs de délocalisation étaient déjà perceptibles même si le nouveau propriétaire avait laissé entendre au personnel qu'il rejoignait la grande famille du groupe américain... Les travailleurs ont été menés en bateau. La procédure de consultation, elle, n'a servi à rien», s'énerve Yves Defferrard, rappelant dans la foulée qu'ATI Stellram avait bénéficié d'exonérations fiscales et toujours incité les employés à ne pas réclamer de Convention collective de travail sous prétexte du climat de confiance régnant entre ceux-ci et leur patron.

Question de dignité
«Quant à Kennametal, c'est une société prédatrice. Unia avait prévenu les travailleurs de la menace qui pesait sur eux. La direction a par ailleurs refusé de négocier avec le syndicat bien que nous ayons reçu, dans un second temps, mandat du personnel pour le représenter. Mais tout était déjà scellé ou presque. Et on voit maintenant le résultat.»
Quoiqu'il en soit, le syndicaliste estime que les collaborateurs de Kennametal Stellram ont tout de même pu renouer un peu avec leur dignité en bravant la demande des responsables de ne pas solliciter le syndicat. «La semaine passée, nous avons tenu tous les jours des assemblées devant l'entreprise... On verra aujourd'hui s'ils pourront obtenir quelque chose de plus devant l'Office cantonal. Mais c'est néanmoins important qu'ils puissent faire entendre les difficultés qu'ils rencontrent...», conclut Yves Defferrard.


Sonya Mermoud

 

Edition n° 18 du 30 avril 2014

 
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