Bas salaires et mauvaises conditions de travail, deux employeurs épinglés
A Neuchâtel et Tavannes Unia a dénoncé publiquement les pratiques de deux entreprises de produits boulangers

Dans le cadre de la campagne en faveur du salaire minimum, Unia a épinglé le 29 avril dernier deux entreprises. A Neuchâtel, les boulangeries Stehlin Ont reçu, de la part du syndicat, la palme d'or du plus mauvais employeur de l'année dans ce canton. A Tavannes, Unia a dénoncé les pratiques de Flufa SA, maison spécialisée dans les flûtes alimentaires.

«Le pain de la honte!», «Stehlin, tes douceurs sont amères», «Le label terroir c'est bien! Le respect du travail c'est mieux!» C'est équipés de nombreuses pancartes qu'une quinzaine de syndicalistes d'Unia Région Neuchâtel ont protesté en fin de matinée du 29 avril contre les pratiques de l'employeur des boulangeries Stehlin. Ils ont décerné à ce patron la «Palme d'or du plus mauvais employeur neuchâtelois de l'année», en déposant cette «distinction» dans sa succursale de Neuchâtel. Cette entreprise compte seize employés travaillant dans quatre boulangeries dans le canton et une unité de production à Colombier. Les salaires qu'ils touchent gravitent entre 2700 et 3000 francs par mois, sans treizième salaire et ceci pour du travail de nuit! Seules exceptions, deux boulangers qualifiés et expérimentés gagnent un peu plus de 4000 francs. Au-delà de ces rémunérations intolérables, le syndicat dénonce des conditions de travail inacceptables. A plusieurs reprises, les charges sociales ont été déduites du salaire des travailleurs sans être reversées aux ayants droit. En clair, l'argent déduit est resté dans les poches du patron. «Nous avons constaté également de nombreuses entorses à la législation sur le travail, comme par exemple des modifications de contrats ou baisses de salaire non conformes ainsi que des fiches de salaire incomplètes et imprécises», souligne Derya Dursun, secrétaire syndicale d'Unia en charge de ce dossier. Prenant la parole au terme de la manifestation, la responsable régionale d'Unia, Catherine Laubscher, a souligné que « cette dénonciation publique de conditions de travail indignes prend tout son sens à la veille de la votation sur le salaire minimum du 18 mai prochain».


Salaires au rabais
Ce même 29 avril, les syndicalistes d'Unia Transjurane ont eux aussi tenu à souligner à leur manière la nécessité de voter oui à l'initiative sur le salaire minimum. Face à la presse à Tavannes, ils ont déployé le visuel géant gonflable «4000.-» devant le bâtiment abritant les ateliers de Flufa SA. Employant une quinzaine de personnes, cette entreprise spécialisée dans la fabrication de feuilletés d'apéritif artisanaux est depuis longtemps dans le viseur du syndicat pour ses salaires très bas. Exemple: une rémunération de 3600 francs par mois, sans 13e salaire, pour une personne comptant dix ans d'ancienneté dans l'entreprise. Unia dénonce également des mauvaises conditions de travail, l'absence d'assurance perte de gain, des heures supplémentaires parfois non payées, à tel point que le syndicat a dû, à plusieurs reprises, intervenir auprès des tribunaux, en y obtenant d'ailleurs gain de cause. L'entreprise exerce également une forte pression sur son personnel, lui interdisant notamment des contacts avec le syndicat. «Ces conditions sont inadmissibles. Nous demandons à la direction de respecter les droits de son personnel et d'ouvrir le dialogue avec le syndicat en vue d'une adhésion à la Convention collective de travail», souligne Emilie Moeschler, responsable d'Unia Transjurane.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 19 du 7 mai 2014

 
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