La restauration rapide dans le collimateur des syndicats
La journée internationale des fast-foods a mobilisé des salariés dans plus de trente pays dont la Suisse

Impulsée par la campagne américaine pour un salaire horaire de 15 dollars dans la restauration rapide, la première édition de la journée internationale des fast-foods a mobilisé des participants dans une trentaine de pays. En Suisse, et notamment à Genève, près de 100 personnes ont réclamé des salaires décents et le respect des libertés syndicales fondamentales pour les employés de la branche.

Le 15 mai dernier a eu lieu la toute première journée internationale des fast-foods. Une initiative émanant de la première conférence mondiale des travailleurs de fast-foods, qui s'est tenue du 5 au 8 mai à New York. Un sujet brûlant d'actualité aux Etats-Unis puisque les syndicats mènent une campagne pour obtenir un salaire minimum horaire de 15 dollars pour tous les travailleurs de la restauration rapide, actuellement rémunérés 8 dollars de l'heure. Pour faire entendre leurs revendications, des employés de près de 150 villes se sont mis en grève dans tout le pays en ce 15 mai. Ailleurs dans le monde, une trentaine de nations se sont mobilisées, par solidarité avec les Américains, mais aussi pour dénoncer les conditions de travail (travail précaire, bas salaires, horaires de travail à rallonge) et le non-respect des droits syndicaux fondamentaux dans les fast-foods de leur pays. C'est le cas de la Suisse, où ont eu lieu des actions à Zurich et à Genève.

100 personnes à Genève
Dans la cité de Calvin, Unia a organisé un grand rassemblement auquel se sont jointes près de 100 personnes: des représentants syndicaux genevois, des partis politiques de gauche et surtout des dizaines de délégués de l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA), présents à Genève à l'occasion de la réunion de son comité exécutif. «C'est une journée de lutte historique pour les travailleurs de la restauration rapide, s'est exprimé Massimo Frattini, de l'UITA. Et aujourd'hui, il est important pour nous de montrer notre unité dans ce combat. On ne s'arrêtera pas tant que nous n'aurons pas obtenu des améliorations dans ce secteur.»

Pour des salaires décents
A la veille de la votation du 18 mai, les organisateurs ont bien entendu appelé la population à voter pour un salaire minimum à 4000 francs dans la restauration rapide et ailleurs, mais pas seulement. «Au-delà de cette votation, nous continuerons à réclamer des salaires décents dans la branche, soit 22 francs de l'heure, ainsi que le respect des droits syndicaux», a affirmé Umberto Bandiera, secrétaire syndical à Unia. Dans la zone piétonne de la rue du Mont-Blanc, les syndicalistes se sont ensuite dirigés vers le Starbucks et le McDonald's pour remettre à leurs directions une lettre demandant d'améliorer les conditions de travail de leurs employés et de respecter leurs droits. «Starbucks a augmenté son chiffre d'affaires net de 25% en Suisse l'an passé et continue de payer ses employés 3200 francs à plein temps», a dénoncé le socialiste Romain de Sainte Marie. «Nous savons que ces enseignes ont les moyens de payer plus, a poursuivi Umberto Bandiera. C'est scandaleux de créer des working poors dans un pays aussi riche que la Suisse.» Mais pour le syndicaliste, ce n'est pas simplement une question de salaire. «Il s'agit aussi de garantir le libre accès des syndicats sur les lieux de travail afin qu'ils puissent mener à bien leur tâche d'information dans les meilleures conditions, ce qui aujourd'hui est loin d'être une évidence.» 


Manon Todesco

 

 

Edition n° 21 du 21 mai 2014

 
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