Les Neuchâtelois se dotent d'un salaire minimum cantonal
Le salaire plancher fixé à 20 francs de l'heure améliorera le sort de 2700 personnes

Le parlement neuchâtelois a accepté la semaine dernière une loi d'application introduisant un salaire minimum cantonal fixé à 20 francs de l'heure ou 3640 francs par mois. Cette loi s'appliquera dès le 1er janvier prochain et bénéficiera à 2700 salariés. Neuchâtel devient ainsi le premier canton en Suisse à se doter d'un SMIG. Unia salue ce premier pas et souhaite qu'il devienne un exemple à suivre.

Neuchâtel devient le premier canton à se doter d'un salaire minimum légal. Le Grand Conseil neuchâtelois a en effet adopté la semaine dernière la loi d'application qui en fixe l'entrée en vigueur le 1er janvier prochain. Le plancher est établi à 20 francs de l'heure, autrement dit 3640 francs par mois - pour 42 heures hebdomadaires - à raison de 12 fois par année. Toutes les branches y seront soumises, à l'exception de l'agriculture et de la viticulture qui obéiront à des dispositions spéciales.

Un bon signal
Au total, 2700 personnes verront donc leur salaire augmenter, dont deux tiers de femmes environ. Cette loi est le fruit du vote populaire cantonal de novembre 2011 lors duquel le peuple neuchâtelois avait accepté d'inscrire dans la Constitution cantonale le principe d'un salaire minimum, tout en laissant au parlement le soin d'en fixer le montant. Il a fallu plusieurs mois de négociations entre les partenaires sociaux pour parvenir à une solution acceptable. Des pourparlers dans lesquels Unia a pris une part active. Les forces de gauche et les syndicats souhaitaient au départ obtenir un minimum de 22 francs tandis que la droite dure souhaitait couler le projet, mais un compromis a fini par se dessiner sur la somme de 20 francs.
Au final, la loi a été votée avec 85 voix en sa faveur, contre 22 et 4 abstentions. Les libéraux l'ont majoritairement rejetée, de même que quelques UDC. «Ce résultat est très satisfaisant», commente Catherine Laubscher, secrétaire régionale d'Unia Région Neuchâtel. «C'est un pas dans la bonne direction et surtout, un exemple à suivre pour toute la Suisse. J'ajoute également que c'est un outil important pour combattre le dumping salarial, dans un canton frontalier comme le nôtre.» Dans un communiqué, Unia se félicite d'une «réussite du partenariat social» et, dans la foulée, appelle les autorités à «favoriser activement la conclusion de conventions collectives de travail» et à faciliter «l'octroi de la force obligatoire des CCT».

La droite dure ne s'est pas imposée
L'exemplarité de cette décision est d'autant plus à souligner que la droite dure du patronat, pour tenter de rogner et même de couler la loi sur le SMIG cantonal, s'appuyait sur le rejet, par le peuple neuchâtelois, de l'initiative fédérale pour le salaire minimum, le 18 mai. On se souvient notamment qu'en mars dernier, le parlement cantonal avait décidé de repousser après le vote fédéral l'examen de la loi sur le salaire minimum neuchâtelois, alors que le projet était pourtant déjà sous toit et approuvé par la commission préparatoire.
Après le canton de Neuchâtel, la balle est désormais dans le camp du Jura. Le peuple jurassien avait également accepté le 3 mars 2013 une initiative populaire «pour des salaires décents». Le parlement cantonal est ainsi chargé de définir dans une loi les salaires minimaux qui devront être appliqués. Pour Unia, le temps presse.


Pierre Noverraz

 

 

Edition n° 23/24 du 4 juin 2014

 
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