Mon joker c'est ma famille
Réceptionniste au Service social à Sion, M.- C. Luyet accueille les personnes rencontrant des litiges professionnels

Réceptionniste au Service social de protection des travailleurs à Sion, Marie-Claude Luyet accueille les personnes rencontrant des litiges sur leur lieu professionnel. Avec un sourire et une gentillesse connus loin à la ronde...

Bonne humeur et entregent escortent au quotidien Marie-Claude Luyet, réceptionniste au Service social de protection des travailleurs à Sion (VS). Deux qualités précieuses dans le travail de cette Saviésanne qui œuvre depuis 42 ans au sein de ce service. Répondant aux appels des personnes rencontrant des problèmes dans le cadre de leur activité professionnelle, accueillant les plaignants, la jeune et fringante sexagénaire a un sens inné des contacts et de l'écoute. Avec, en prime, la gentillesse et l'empathie qui la caractérisent. Et une facette un peu fofolle pleinement assumée - qu'elle exprime par son infatigable entrain, une convivialité naturellement débridée et un goût pour les vêtements sortant de l'ordinaire -, qui en fait un personnage aussi attachant que marquant. «C'est le soleil de cet office», résume une syndicaliste la croisant régulièrement lorsqu'elle accompagne des ouvriers impliqués dans des litiges avec leur patron. Contentieux qui seront traités dans le cadre d'une conciliation ou, sans résultat, devant le Tribunal du travail.

Résistance de rigueur
Différends sur les salaires, sur les horaires, les délais de licenciement, le mobbing... Marie-Claude Luyet dresse une oreille attentive aux propos de ses interlocuteurs avant de faire suivre l'affaire à un inspecteur du travail. «J'entends toutes sortes d'histoires... Certaines particulièrement tristes... Il faut parfois calmer les hargneux et, dans tous les cas, aimer les gens pour exercer ce métier», témoigne cette femme de 61 ans qui reçoit essentiellement des salariés mais aussi des employeurs, tous statuts et professions confondus, ainsi que des représentants syndicaux. Jonglant entre les innombrables appels - «j'en rêve encore parfois la nuit» - les visiteurs et le courrier, Marie-Claude Luyet précise aussi qu'il faut avoir les nerfs solides pour ce job. «Sinon, on est foutu», lance-t-elle un large sourire aux lèvres, elle qui apprécie se mettre au service des autres et qui a fait sienne une devise en patois chère aux Saviésans. «Pa capona... Ce qui signifie qu'il ne faut jamais baisser les bras.» Pas de risque que cette optimiste inconditionnelle ne se décourage, affirmant toujours «aller au bout des choses». «On peut compter sur moi. Je suis une personne de parole», relève encore la réceptionniste qui, quand elle a besoin de se changer les idées, jardine ou cultive la vigne. Une dernière activité qu'elle remplit depuis sa plus tendre jeunesse, habituée à travailler sans relâche.

Entourée par sa tribu
«A l'âge de 8 ans, je faisais déjà des journées dans les vignes pour l'Evêque. J'ai porté les caisses de vendange, nettoyé les tonneaux, me suis occupée du bétail...» se souvient Marie-Claude Luyet, qui confie son attachement à la famille et souligne la bonne entente qui règne entre les siens. «Mes liens avec mes deux frères et mes deux sœurs sont très forts. Et avec notre mère aussi, elle qui nous dresse encore, c'est la cheffe», rigole-t-elle, non sans évoquer au passage un père très aimant, aujourd'hui décédé... Un cercle qui s'est élargi avec la famille fondée par Marie-Claude Luyet, mariée à un «sacré bosseur», précise-t-elle, mère de deux filles «super» et grand-maman de six petits-enfants. «Toute la tribu vit à Savièse. Je suis trop gâtée. On se soutient pour tout. On passe les fêtes, les vacances tous ensemble. C'est le bonheur. Ce que je possède de plus beau, mon joker», poursuit l'exubérante Valaisanne qui, coquette, troque volontiers ses tenues sexy léopard ou colorées contre le costume traditionnel du village qu'elle porte lors d'occasions particulières, comme la Fête-Dieu. Attachée à ses racines même si elle aime voyager et ayant eu l'occasion d'en côtoyer du monde. Pas de quoi lui donner la grosse tête. Bien au contraire.

Aussi connue que le loup blanc
«Il faut rester simple dans la vie. Je ne me laisse pas impressionner par le statut social des personnes. Je n'aime ni les snobs, ni les pincés» affirme Marie-Claude Luyet qui, en tant qu'aide à la Fondation Papillon pour les enfants malades de la peau, a partagé du temps avec des personnalités comme Pierre Arditi, Hugues Aufray, Roger Moore, Marc Bonnant ou encore Jean-Claude Biver. Mais aussi d'innombrables personnes de sa région, elle qui a longtemps organisé les réceptions de la commune et œuvré comme bénévole au sein de plusieurs organisations. Autant dire que la Saviésanne est plus connue aux alentours que le loup blanc. Une popularité qu'elle doit à son charisme comme à son positivisme, son énergie et sa générosité, qui n'est pas sans lui attirer parfois des jalousies...
Se ressourçant auprès de ses proches, aimant la montagne et les escapades à son chalet, au Sanetsch, Marie-Claude Luyet confie aussi être croyante. Et se rendre régulièrement à Lourdes d'où elle ramène des litres d'eau bénite pour les personnes qui le lui réclament. Un espoir? Un rêve? «Rien en particulier», répond la Valaisanne estimant être comblée et n'aspirant qu'à conserver la santé pour profiter encore pleinement des siens. Quant à sa définition du bonheur, Marie-Claude Luyet l'associe à l'amour et la joie de vivre. Une joie pour le moins manifeste et contagieuse qui la rend tout simplement rayonnante!


Sonya Mermoud

 

Edition n° 25 du 18 juin 2014

 
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