Non aux nocturnes le samedi
A Yverdon-les-Bains la Municipalité rose-verte a accédé aux demandes des commerçants au grand dam des vendeuses et d'Unia

A Yverdon-les-Bains, la Municipalité rose-verte a accédé aux demandes des commerçants, au grand dam des vendeuses et d'Unia, et en enfreignant son propre règlement. Le syndicat dépose un recours

Le feu se rallume autour de la question des nocturnes durant la période de Noël à Yverdon-les-Bains. Mercredi dernier, le syndicat Unia, par le biais d'un avocat, écrivait à la Municipalité de la commune pour protester contre sa décision d'autoriser les commerces d'ouvrir leurs portes un soir de la semaine jusqu'à 22 heures et deux samedis jusqu'à 19 heures, alors que ce jour-là, ils ferment habituellement à 17 heures. Les autorités communales suivaient en cela les vœux des commerçants réunis au sein de la Société industrielle et commerciale (SIC).
«La Municipalité a tranché en leur faveur sans attendre que nous rencontrions les représentants de la SIC, comme elle le leur avait demandé l'année dernière. De plus, nous avons appris cette décision d'autoriser trois nocturnes par la presse, début septembre», s'indigne Dominique Fovanna, responsable du secteur tertiaire à Unia Vaud, qui dénonce également le fait que l'Exécutif à majorité rose-verte enfreint son propre règlement communal. Le syndicat, secondé par un avocat, entend bien faire respecter ce règlement. Ce dernier prévoit que les magasins peuvent rester ouverts deux soirs jusqu'à 22 heures entre le 1er et le 23 décembre, à condition que ces ouvertures aient lieu un jour ouvrable, soit du lundi au vendredi pour ce qui concerne les commerces. Il précise aussi que la Municipalité doit fixer les jours des nocturnes après avoir consulté les organisations professionnelles locales concernées, soit la SIC pour les employeurs et Unia représentant le personnel. Les vendeuses, réunies en juin par le syndicat, se sont fermement prononcées contre les ouvertures nocturnes du samedi. De telles ouvertures avaient déjà été demandées par la SIC l'année dernière, mais n'avaient pas été accordées par la Municipalité.

Aggravation des conditions de travail
«Nous avions écrit à la commune le 30 juin dernier pour lui transmettre l'avis des vendeuses. Lors de l'assemblée que nous avions organisée en juin, elles ont refusé unanimement ces deux nocturnes du samedi», souligne la syndicaliste. «Le travail du samedi dans les commerces est déjà un sacrifice pour la vie sociale et familiale du personnel dans la vente. Un élargissement à Noël, période la plus chargée de l'année, représente une aggravation de cette situation», ajoute-t-elle.

Justice saisie
Après avoir reçu la lettre du syndicat, lui demandant de revenir sur sa position avant la fin de la semaine faute de quoi Unia se réservait le droit de prendre les mesures nécessaires pour que ces deux nocturnes du samedi soient annulées, la Municipalité a réagi immédiatement, convoquant Unia et la SIC vendredi dernier à l'aube. «Nous avons rencontré le syndic et un municipal, mais aucun représentant de la SIC n'était présent», relève Dominique Fovanna, guère étonnée d'ailleurs, les commerçants refusant de considérer Unia comme partenaire. Elle informe que la Municipalité devrait se prononcer sur la question ce mercredi 8 octobre et que d'ici là, Unia allait déjà déposer un recours en justice pour annuler la décision des autorités d'ouvrir le samedi soir, recours qui pourrait avoir un effet suspensif. Une nouvelle consultation des vendeuses était aussi prévue en début de semaine.


Sylviane Herranz

 

Edition n° 41 du 8 octobre 2014

 
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