Les employés de Sicpa se mobilisent contre les licenciements
Les travailleurs du leader mondial des encres de sécurité proposent des alternatives aux licenciements annoncés

Réunis en groupes de travail, soutenus par Unia, les travailleurs de Sicpa proposent des alternatives pour éviter le dégraissage drastique annoncé par la direction. Soit plus d'une centaine de postes sur les 600 que compteraient les secteurs concernés, liés à la traçabilité des produits, du siège de la multinationale à Prilly. La direction devrait se prononcer sur ces propositions cette semaine.

Coup de tonnerre chez Sicpa. Le 24 octobre dernier, les employés de l'entreprise spécialisée dans les encres et les techniques de sécurisation des billets de banque, sise à Prilly, à côté de Lausanne, ont appris par un e-mail que leur direction prévoyait une phase de restructuration et donc des licenciements. Une centaine de travailleurs pourraient se voir signifier leur congé d'ici la fin du mois.
Suite à cette annonce, Unia a été mandaté par le personnel. Des séances ont eu lieu, et des groupes de travail ont planché avec le soutien du syndicat sur des alternatives. «Comme dans chaque consultation, nous tentons d'abord de trouver des solutions pour garder tous les emplois. Et si nous n'y arrivons pas, pour limiter les licenciements et proposer un plan social digne», explique Yves Defferrard, responsable de l'industrie à Unia Vaud. La réserve prévalant durant la phase consultative, davantage d'informations devraient être communiquées ces prochains jours. Pour l'heure, cette nouvelle restructuration concernerait surtout les activités de traçabilité sécurisée. La division «Encres de sécurité» ne serait pas touchée. Selon des informations relayées par le journal Le Temps, deux vagues de suppression d'emplois auraient déjà eu lieu cette année, suite à des baisses de commandes. Une vingtaine de personnes auraient été concernées à chaque fois.

Un leader de la traçabilité
Pourtant, difficile d'imaginer Sicpa dans de réelles difficultés financières. Car même si la société ne publie aucun chiffre, elle se vante sur son site Internet d'être la seule société au monde à avoir mis en place «des systèmes de surveillance de la production assurant la traçabilité des produits et améliorant le recouvrement de certaines taxes à travers le monde». Les produits: le tabac, l'alcool, les produits pharmaceutiques et même la nourriture. Cette société familiale fondée en 1927 à Lausanne compte aujourd'hui plus d'une trentaine de bureaux et d'usines sur les cinq continents, employant quelque 3000 personnes pour fournir des technologies et des services en matière de sécurité notamment pour les billets de banque de plus de 200 pays, soit presque tous les gouvernements. Pour la petite histoire, l'acronyme Sicpa signifie «Société industrielle et commerciale de produits alimentaires». A ses débuts, son produit phare n'était autre qu'une graisse à traire... L'histoire est tristement ironique, à l'heure du dégraissage.

Aline Andrey

 

Edition n° 46/47 du 12 novembre 2014

 
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