Roza Tuletaeva est libre
Dirigeante des grève du pétrole au Kazakhstan, Roza Tuletaeva a pu sortir de prison le 19 novembre

Dirigeante des vastes grèves du pétrole réprimées dans le sang en décembre 2011 au Kazakhstan, l'ouvrière Roza Tuletaeva a pu sortir de prison le 19 novembre

Ouvrière du pétrole au Kazakhstan et dirigeante de la grève de sept mois survenue en 2011, Roza Tuletaeva a été libérée le 19 novembre dernier. C'est une victoire pour tous ceux qui se sont engagés, dans le pays même et à travers le monde, dans une vaste campagne pour sa libération et celle des six autres grévistes condamnés pour «organisation de troubles de masse», dont trois sont encore détenus.
C'est en 2010, après la détérioration des conditions de travail due à la privatisation de l'entreprise pétrolière où elle travaillait comme mécanicienne, qu'une première grève pour une hausse des salaires a lieu. En mai 2011, le conflit éclate à nouveau. Puis s'étendra à d'autres sites de la société OzenMunaiGas. Jusqu'à 15000 travailleurs se sont mis en grève (voir L'ES du 5 mars 2014). Dans la ville de Janaozen, des assemblées avaient lieu tous les soirs sur la place Centrale. Jusqu'à ce 16 décembre 2011, jour où le gouvernement du président du Kazakhstan, Nazerbaïev, ancien dirigeant stalinien reconverti au bradage des richesses de son pays aux investisseurs étrangers, a donné l'ordre de tirer sur les grévistes. Au moins 17 personnes sont mortes, des dizaines d'autres ont été blessées. 37 personnes ont été arrêtées, voire torturées comme ça a été le cas pour Roza Tuletaeva. La plupart ont été condamnées à des peines de prison et l'ouvrière a écopé de 7 ans d'enfermement. En janvier dernier, la campagne internationale a conduit à un allégement de ses conditions de détention. Le 19 novembre, le tribunal régional de Mangistau lui a accordé la libération conditionnelle, a informé le site Front Line Defenders, fondation pour la protection des défenseurs des droits humains. La dirigeante de la grève aura passé près de 3 ans en détention.
A l'heure actuelle, seuls trois leaders de la grève du pétrole sont encore entravés dans leurs mouvements. Comme Roza Tuletaeva en janvier, ils sont sortis par la suite de prison pour être placés en colonie pénitentiaire, où le régime de détention est plus souple. Il s'agit de Maksat Dosmagombetov, Naryn Dzhavilgasimov et Kanat Zhusipbaiev.
Le combat pour la libération de Roza Tuletaeva et celle de ses collègues a été initié par les syndicats indépendants du Kazakhstan, de Russie, de Biélorussie, d'Ukraine, de Géorgie, puis relayé à l'échelle mondiale par des organisations telles que Industriall, le Comité international contre la répression, ou encore le Solifonds en Suisse.


Sylviane Herranz

 

 

Edition n° 51/52 du 17 décembre 2014

 
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