Un salaire de 22 francs de l'heure chez H&M
Depuis janvier le personnel de la chaîne vestimentaire perçoit un salaire horaire minimum de 22 francs

Unia a salué la semaine dernière l'entrée en vigueur d'un salaire minimum de 22 francs de l'heure chez H&M, fruit de la campagne nationale sur les salaires minimums. Si les conditions s'améliorent en Suisse, ce n'est pas le cas dans les pays producteurs de vêtements, où H&M a été épinglé pour les conditions de travail catastrophiques existant chez ses sous-traitants.

En Suisse, la campagne nationale sur les salaires minimums porte ses fruits, selon Unia. Le syndicat se félicite des augmentations salariales dans plusieurs entreprises dont H&M. Les quelque 2300 vendeuses et vendeurs de la chaîne vestimentaire suédoise ont, en effet, vu le minimum salarial augmenter à 22 francs de l'heure. Le 6 janvier dernier, jour de la fête des Rois, Unia a tenu à partager une galette avec le personnel pour fêter cette amélioration.
Dans un communiqué, Unia souligne que «cette avancée significative des conditions salariales démontre qu'il est possible, en Suisse, de verser des salaires décents dans la branche du commerce de détail». Le syndicat demande aujourd'hui à la direction de H&M d'ouvrir les négociations pour la conclusion d'une convention collective de travail (CCT) d'entreprise.
Une étude publiée par Unia, intitulée les «Conditions de travail dans le commerce de détail suisse en 2014», montre que des améliorations potentielles sont possibles chez H&M, notamment dans l'offre de places d'apprentissage, dans la promotion de la formation continue et dans le contrôle de l'égalité salariale. Le syndicat relève toutefois plusieurs points positifs dans les magasins suisses de la chaîne, tels qu'une durée hebdomadaire de travail de 38,5 heures, une planification des vacances et des dispositions en matière de congé maternité (20 semaines payées à 100%) progressistes.

Dans le sud...
Toutefois, même si un accord a été conclu au niveau mondial entre l'organisation syndicale faîtière UNI commerce et H&M pour la protection et la promotion des droits élémentaires du personnel de la multinationale, on ne peut faire abstraction des nombreuses dénonciations sur les conditions de travail au Bangladesh, au Cambodge ou en Ethiopie, entre autres pays fournisseurs. L'émission Temps Présent qui a diffusé récemment un documentaire accablant sur H&M dénonce, sur son site Internet, entre autres griefs, «des conditions de travail épuisantes pour les ouvriers et ouvrières du textile» au Bangladesh, «exploités jusqu'à la moelle par les sous-traitants de H&M». «Quant aux usines, elles sont dans un piteux état et la catastrophe qui a tué plus d'un millier d'ouvriers au Rana Plaza en 2013 ne semble pas avoir radicalement renforcé les mesures de sécurité. En Ethiopie, nouvel eldorado du textile low cost, H&M est en partenariat avec des hommes d'affaires au pedigree plus que douteux. Et en Europe, combines fiscales et montages financiers permettent de maximaliser les bénéfices.» A noter encore qu'au Cambodge, le 17 septembre dernier, une journée de protestation a eu lieu contre la politique salariale de H&M, Adidas, GAP, Levis, C&A, Inditex et Puma pour demander que le salaire minimum légal soit fixé à 177 dollars, au lieu de 100 dollars, par mois... 


Aline Andrey

 

 

Edition n° 1/2/3 du 14 janvier 2015

 
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