A l'aéroport la mobilisation des salariés de Swissport remet les gaz
Refusant de faire les frais d'un plan d'économies les bagagistes ont débrayé durant deux heures lundi 2 février

A l'aéroport de Genève-Cointrin, le personnel de Swissport se mobilise pour le renouvellement de sa convention collective qui arrive à échéance à fin février. La direction de l'entreprise d'assistance aérienne au sol escompte réaliser plusieurs millions d'économies sur le dos des salariés.

Lundi 2 février, à Genève-Cointrin, les employés de Swissport ont massivement participé à un débrayage durant deux heures. Le mouvement a entraîné des retards pour les avions, l'ex-filiale de SAirGroup - détenue aujourd'hui par un fonds d'investissement - assumant, avec un peu plus de 1000 salariés, 70% de l'assistance aérienne au sol. A 11h, quelque 300 travailleurs de Swissport, très remontés, se sont retrouvés dans le grand hall des départs en criant «On fait la grève!», tandis que les voyageurs quelque peu désemparés cherchaient en tirant leurs valises à se faufiler entre les grévistes. «C'est une grève d'avertissement. La direction a jusqu'à la fin de la semaine pour changer sa position, sinon il y aura des mouvements plus durs que cela», explique Jamshid Pouranpir, permanent du Syndicat des service publics (SSP) Trafic aérien.

Plan rejeté
Le conflit a débuté en décembre dernier lorsqu'au cours des négociations pour le renouvellement de la convention collective, qui échoit fin février, la direction a présenté un programme d'économies de 4,5 millions sur la masse salariale. «Ce qui correspond pour les travailleurs à une perte de salaire de plusieurs centaines de francs par mois», détaille Jamshid Pouranpir. Exigeant le maintien des salaires, une pétition signée par 600 travailleurs a été remise à la direction et 400 manifestants se sont rassemblés sur le site le 21 décembre. Le lendemain, Swissport a saisi la Chambre des relations collectives de travail (CRCT). «La direction a recouru au tribunal arbitral pour suspendre la mobilisation à la veille des fêtes de fin d'année, période de très forte affluence à l'aéroport», souligne le secrétaire syndical. Durant cette conciliation, qui a pris fin la semaine dernière, Swissport a proposé un nouveau plan prévoyant le gel des salaires durant deux ans, l'emploi de plus d'auxiliaires, ainsi que diverses économies sur le dos du personnel, comme la suppression de la participation à l'assurance maladie et la réduction des cotisations à la prévoyance professionnelle. A l'unanimité, une assemblée du personnel a rejeté le 26 janvier ce projet et voté des mesures de lutte.
«Ce débrayage ne sera sans doute pas suffisant, mais je pense que nous allons réussir à faire fléchir la direction», assure Jamshid Pouranpir. En 2010, les bagagistes de Swissport avaient obtenu une nette revalorisation salariale après onze jours d'arrêt de travail.


Jérome Buéguin

 

témoignage

Steve, employé depuis 15 ans chez Swissport, en a, comme ses collègues, «ras-le-bol». Le bagagiste décrit un travail très pénible qui consiste à charger et décharger les avions quelles que soient les conditions météorologiques, telle la neige ce jour-là. «La première équipe prend son service à 4h du matin et, lorsque nous sommes dans la dernière, nous terminons à 1h du matin», explique le salarié. «Avec les objectifs présentés par la direction, je vais perdre de l'ordre de 300 à 600 francs par mois. Cela alors même que d'énormes bénéfices sont réalisés et que nos conditions de travail ne font que se dégrader d'année en année: nous sommes de moins en moins avec toujours plus de travail à fournir. C'est inacceptable.»
JB

 

 

Edition n° 6 du 4 février 2015

 
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