Tamoil le ton se durcit
Les syndicats ont bloqué la gare de chargement de Tamoil affichant leur détermination à négocier un plan social digne de ce nom

Pas d'essence disponible... Une cinquantaine de camions-citernes venus s'approvisionner vendredi passé chez Tamoil ont dû rebrousser chemin, bredouilles. Alors que d'autres, informés par la suite de la situation, se sont fournis ailleurs. Une «pénurie» organisée... Une dizaine de représentants d'Unia et des Syndicats chrétiens du Valais avaient en effet bloqué la gare de chargement du groupe pétrolier. Par cette démarche - menée entre 5h30 et 9h du matin - les syndicalistes entendaient réaffirmer leur détermination à négocier un plan social à la hauteur des dégâts causés par la fermeture de la raffinerie. Alors qu'à l'heure où nous mettions sous presse, ce début de semaine, une nouvelle séance de discussion devait avoir lieu. Pour ce nouveau round, les syndicalistes avaient aussi réclamé la présence des administrateurs Rifaat, Gusbi et Elshah, «afin qu'ils puissent prendre la mesure du séisme provoqué par l'arrêt de l'usine».

A cran...
«Les propositions qui ont été faites à ce jour par la direction sont inacceptables», a déclaré Blaise Carron, secrétaire syndical d'Unia, peu après l'action de barrage. «Non seulement nous ne sommes pas satisfaits sur la question des indemnités de départ mais nous avions aussi réclamé que les employés puissent, une fois licenciés, être libérés de leurs obligations de travailler. En vain.» Pour les syndicats, les propositions de Tamoil se sont révélées «autant éloignées de ce que l'entreprise a pu faire ailleurs (Italie, Monaco) que des standards usuels en Suisse dans des circonstances similaires».
Autre revendication des raffineurs, portée par leurs représentants: la suspension des activités de l'usine tant que les négociations ne sont pas terminées, sans pénalisation financière. «Les salariés sont à cran. Le climat d'incertitude actuel génère des tensions extrêmes et les met sous une pression telle que la sécurité ne peut plus être garantie», a poursuivi le représentant d'Unia, évoquant, dans ce contexte, des risques d'accident et de tragiques conséquences potentielles et pour le personnel et pour l'environnement de la raffinerie. Les salariés ont aussi demandé que les services compétents du Valais instaurent un suivi constant des pratiques de Tamoil jusqu'à la fin de tous les licenciements. Une requête visant à garantir la sécurité et l'application de la législation sur le travail, en particulier en matière de respect des horaires.


Sonya Mermoud

 

Edition n° 8/9 du 18 février 2015

 
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