Un comité syndical bien implanté dans l'entreprise
Les représentants des salariés de Philip Morris Products défendent les droits et les intérêts de leurs collègues

La prochaine assemblée syndicale du personnel du cigarettier Philip Morris Products à Serrières-Neuchâtel aura lieu le 21 mars. L'occasion pour les membres du comité syndical de l'entreprise de présenter leur travail, leurs résultats et d'appeler leurs collègues à y venir nombreux pour défendre et améliorer leurs conditions de travail.

«Nous souhaitons que nos collègues viennent nombreux à l'assemblée générale du personnel car c'est seulement en travaillant tous ensemble que nous sommes efficaces.» Stéphane Eichenberger, opérateur de production et président depuis une année du comité syndical du personnel de Philip Morris Products à Serrières-Neuchâtel (environ 450 employés) tient à rendre davantage visible le travail de son comité dont les effectifs ont été largement renouvelés. «Pour faire nos preuves, nous avons besoin du soutien de nos collègues. Sans eux nous n'arriverons à rien. On ne représente pas nos propres intérêts particuliers mais ceux de l'ensemble du personnel. On fait de notre mieux pour défendre les acquis de tous et pour en obtenir de nouveaux. On est simplement des gars de terrain et tout ce qu'on veut, c'est le bien-être de nos collègues.»

Avantages négociés
En cela, le comité poursuit un travail de fond qui porte ses fruits depuis plusieurs années. En effet, la convention de l'entreprise (accord portant sur le statut collectif des employés) signée entre Unia et la direction de Philip Morris Products contient bon nombre d'avancées, en particulier sur le plan social. Exemple, les jours fériés sont au nombre de dix, les vacances sont portées à 7 semaines dès l'âge de 58 ans, le congé maternité est de 22 semaines, le congé d'adoption de un mois et les congés en cas de décès dans la famille s'élèvent à 5 jours. Côté salaires, les nouveaux barèmes sont en cours de négociation. S'agissant des primes pour le travail en équipe, elles s'élèvent à 704 francs par mois pour le personnel travaillant en deux équipes et de 836 francs pour trois équipes. Les primes de fidélité vont jusqu'à 3000 francs par année dès vingt années de service. Côté assurance perte de gain, le salaire est garanti à 100% pendant les 120 premiers jours puis à 90% jusqu'à un maximum, de 730 jours, y compris, dans les deux cas, pour la prime d'équipe.
Le personnel a également récemment obtenu une prime de 100 francs par mois à titre de participation aux cotisations d'assurances maladie. «Cette prime est une forme de compensation suite à la décision du groupe, à l'échelle internationale, de ne plus offrir des cigarettes afin de respecter les normes en matière de protection de la santé. Mais sans le travail du comité, il n'y aurait sans doute pas eu une compensation de ce niveau», note Derya Dursun, secrétaire syndicale à Unia Région Neuchâtel, en charge des relations avec le comité syndical. A noter que ce dernier s'occupe également de la gestion d'un service de covoiturage dont il est l'initiateur.

Partenariat exemplaire
«Nous avons une bonne convention. Mais si on veut en conserver et améliorer les points positifs, il faut que nous restions actifs et déterminés. Le résultat n'est pas à vie. Il faut le défendre», souligne Patrick Kron, vice-président du comité syndical. Son collègue Daniel Gilliand ajoute: «Ce n'est pas seulement quand il y a de gros problèmes qu'il faut se mobiliser, mais avant. Certains collègues croient malheureusement que tout ce que nous avons acquis est tombé du ciel. Que c'est la direction qui leur a fait des cadeaux. Mais il faut qu'ils sachent qu'un bon nombre d'avantages dont ils bénéficient proviennent du travail du comité syndical.»
Le comité ne joue pas les seconds rôles. Loin s'en faut. Il participe aux nombreuses séances de négociation de la convention, à la préparation des revendications, au contrôle de l'application des accords ainsi qu'aux activités régionales et nationales d'Unia. La direction a le devoir notamment de le consulter au sujet des horaires de travail, des jours fériés ainsi que de l'informer sur la marche économique, financière et organisationnelle de l'entreprise. «L'entreprise respecte le partenariat social et applique de manière exemplaire la loi sur la participation des travailleurs», souligne Derya Dursun. Le comité syndical dispose ainsi d'un local attitré où il effectue son travail et assure une permanence tous les vendredis. Il gère et anime un site intranet dédié à ses activités et s'occupe de panneaux d'informations syndicales dans l'entreprise. De plus, les représentants d'Unia ont accès à l'entreprise, notamment pour les séances mensuelles du comité. «Nous pouvons également participer aux permanences hebdomadaires, si le comité nous le demande.» Le vice-président du comité, Patrick Kron confirme pour sa part que la collaboration avec la direction se fait en toute transparence. «Mais cela ne veut pas dire que nous soyons toujours d'accord avec elle. Nous faisons valoir notre point de vue et celui de nos collègues.»
Pour le chargé de communication de Philip Morris Products, Patrick Lagadec, «la présence d'un syndicat fort est également dans l'intérêt de l'entreprise», car à ses yeux, le dialogue et la négociation de bonnes conditions de travail favorisent son dynamisme et sa cohésion.
Derya Dursun considère que les membres du comité syndical méritent le soutien de tous. «Ils ont la volonté de faire le mieux possible en mettant la priorité sur le bien-être de tous leurs collègues.»


Pierre Noverraz

 

Edition n° 10 du 4 mars 2015

 
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