Soulagement à la raffinerie de Colombey
Un plan social a été conclu entre les délégués du personnel les syndicats et la direction de Tamoil

«Nous sommes soulagés. Satisfaits n'est pas le bon mot. Soulagés, car nous arrivons au bout du processus des négociations. Le contenu du plan social est acceptable. Face au ras-le-bol, à l'épuisement nerveux, aux tensions, les salariés avaient besoin de certitudes face à l'avenir. Cela nous permet d'aller de l'avant sur des bases connues.» Blaise Carron, responsable d'Unia à Monthey, exprime le sentiment des syndicats comme des salariés à la suite de l'accord sur un plan social pour les 257 employés de Tamoil qui perdront leur emploi à la suite de la fermeture de la raffinerie de Collombey. Cet accord a été conclu le mercredi 25 mars, au terme de sept longues séances de négociations étalées sur plus d'un mois et demi. Le lendemain, le personnel, réuni en assemblée, acceptait à une large majorité le plan social négocié entre la délégation du personnel, emmenée par Unia et les Syndicats chrétiens du Valais, et la direction de Tamoil.
Ce plan social, concernant les 232 employés de Collombey et les 25 de Genève, prévoit le versement d'une indemnité de licenciement à chaque salarié «au titre de dédommagement pour la perte de son emploi et la rupture de sa carrière professionnelle», notent les syndicats dans un communiqué. Cette indemnité est composée d'un montant identique pour tous et d'une part calculée selon le nombre d'années de service et l'âge. Les personnes avec des charges de famille recevront un montant supplémentaire. Grâce à un financement additionnel, les employés de 60 ans et plus qui le souhaitent pourront partir en préretraite «à des conditions financièrement supportables».
Outre le volet financier, le plan social prévoit encore la mise en place de mesures pour favoriser le reclassement professionnel et la recherche d'un nouvel emploi. «C'est un élément très important du plan social. Ces mesures, qui seront mises en œuvre en étroite collaboration avec les services cantonaux concernés, se feront avant que le collaborateur ne soit au chômage. Elles auront lieu dans l'entreprise et la direction doit libérer les travailleurs pour cela», relève Blaise Carron. Il informe que 120 salariés ont déjà reçu leur lettre de congé durant la semaine du 20 mars. Les autres la recevront en juin. Les mesures, comprenant par exemple des bilans de compétence, débuteront déjà en avril pour les premiers licenciés.

Choc absolu
Après la révolte, à la suite de l'annonce le 13 janvier de l'arrêt de la raffinerie de Collombey, puis la lutte et l'extraordinaire détermination des salariés lors de leur débrayage et d'autres actions entreprises, après l'incertitude face à l'avenir alors que le travail se faisait des plus intenses pour la mise à l'arrêt et la sécurisation des installations engagée début mars, l'accord de plan social permet aux salariés de terminer leur activité dans une sérénité et une dignité retrouvées, expliquent les syndicats. Une sérénité qui leur permettra «de tourner la page Tamoil et de se projeter dans un autre avenir professionnel». Car la semaine dernière également, la direction de Tamoil a annoncé renoncer à vendre la raffinerie, malgré cinq repreneurs potentiels, dont deux qu'elle avait écarté d'emblée, étant des intermédiaires.
Au final, plus de 250 postes de travail seront anéantis dans le Chablais valaisan. «Un plan social n'efface pas le choc absolu des emplois qui disparaissent, la destruction d'un savoir-faire industriel de plus de 50 ans et de tout haut niveau», souligne Blaise Carron. Avec son collègue Patrick Chabbey des Syndicats chrétiens, ils saluent «le professionnalisme, la solidarité et l'engagement tant de la délégation des salariés que de l'ensemble du personnel de Tamoil durant ces moments difficiles».


Sylviane Herranz

 

 

Edition n° 14/15 du 1 avril 2015

 
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