Ecrire c'est ma liberté
A 29 ans Rachel Zufferey s'apprête à publier le deuxième livre d'une trilogie qui se déroule en Ecosse sa terre de coeur

Qu'on ne s'y méprenne. Derrière le physique de la fluette jeune femme se cache une personnalité bien trempée, volontaire et pleine d'énergie. La mentalité d'une battante, perfectionniste et décidée à aller au bout de ses rêves. Dont un fondamental: celui de devenir écrivaine à temps complet. Une aspiration qui a déjà trouvé un bout d'ancrage avec la parution d'un premier livre, «La Pupille de Sutherland» qui sera suivi, dès le mois prochain, du «Fils du Highlander» (Editions Plaisir de lire). Deux titres - un troisième tome est aussi déjà prévu - que signe Rachel Zufferey, partageant sa vie entre son travail dans une société active dans la propriété intellectuelle et sa passion de l'écriture. Un engouement qui plante ses racines dans l'adolescence. «J'ai commencé à écrire à l'âge de 14 ans, dans le cadre scolaire. Sanctionnée, j'avais dû rédiger un exposé de 4 pages. J'ai raffolé de l'exercice et cumulé les punitions pour pouvoir récidiver. De quoi me mettre le pied à l'étrier», relate, souriante, la Neuchâteloise d'origine valaisanne. Qui s'est aussi trouvé une autre patrie de cœur, l'Ecosse, théâtre de ses deux romans situés au 16e siècle. Une époque et une terre qui fascinent Rachel Zufferey, caressant l'idée de s'installer un jour dans cette partie du monde.

Comme à la maison
«J'y ai déjà vécu deux ans, de 2008 à 2009. J'ai d'abord travaillé comme fille au pair, pour apprendre l'anglais, avant d'être engagée dans un magasin de souvenirs voisin d'un château touristique, à Cawdor», raconte cette femme de 29 ans qui entame durant cette période son premier roman, mêlant réalité historique et fiction. Trempant sa plume dans l'encre inspirante des Highlands. «Les légendes, traditions, clans, la facette mystique de ce pays, sa part de féerie me fascinent. Tout comme les paysages, leur caractère sauvage, leurs couleurs apaisantes... Là-bas, je me sens comme à la maison. C'est chez moi», s'enthousiasme Rachel Zufferey ensorcelée dès l'enfance par la superbe de cette Ecosse qu'elle a parcourue à maintes reprises. Et aussi à pied, la Neuchâteloise adorant la randonnée. «Petite, j'avais vu une photo. J'ignorais qu'elle avait été prise en Ecosse mais je me suis renseignée et j'ai décidé de m'y rendre.» Coup de foudre immédiat assorti d'une irrépressible envie d'écrire un récit qui se déroule dans ce décor, sous le règne de Marie Stuart. D'abord du côté des nobles - son premier ouvrage - alors que le prochain peint davantage la vie villageoise.

Droit à tout
«Une part autobiographique dans mes livres? Bien sûr. Il y a un peu de moi dans mes personnages féminins, de mon caractère, fort, mais aussi parfois d'une certaine naïveté», confie Rachel Zufferey qui a le sentiment, en racontant des histoires, de vivre plusieurs vies. «J'ai ainsi la possibilité de visiter d'autres mondes, de donner libre cours à mon esprit vagabond, de découvrir d'autres époques... Ecrire c'est ma liberté. Quand je m'y adonne, je peux tout faire. J'ai droit à tout. Il n'y a plus aucun frein moral. J'envie parfois mes protagonistes qui peuvent exprimer sans réserve leur grain de folie», lance l'auteure plutôt réservée et retenue dans l'expression de ses sentiments dans la vie. Du moins, ceux négatifs.
Travaillant à plein temps, la jeune femme, titulaire d'un CFC d'employée de commerce, change de rôle la nuit venue. «C'est le moment où je suis le plus productive et le plus sereine. J'ai la plume plutôt facile une fois qu'a germé l'idée. Et après, je rédige d'un jet, comme ça sort, avant de reprendre le texte.» Aventure, suspense, psychologie... Rachel Zufferey opte pour des récits dynamiques, quitte à ce que ses personnages lui échappent un peu. «Je connais le début et la fin et après je me laisse prendre au jeu.» Un jeu où elle ne fait pas l'économie de recherches historiques sans pour autant limiter sa fantaisie. Et en usant aussi de sa «botte secrète», une grande capacité d'observation.

Une vie de surprises
Portée par une nature optimiste, se ressourçant dans les voyages et la danse orientale - «qui me libère d'énergies négatives» - Rachel Zufferey a pour devise celle de toujours aller de l'avant. «La vie est surprise. Je la prends comme elle vient», note l'écrivaine qui associe le bonheur au fait d'avoir des amis sur lesquels elle peut compter et avec qui elle peut partager de bons moments. Comment imagine-t-elle son existence dans dix ans? «Je me vois entourée d'une famille et passant mon temps à écrire. En attendant, je profite de chaque instant que je peux pour me consacrer à cette passion», poursuit-elle sans pour autant se rendre à reculons à son travail. «J'aime mon job. Je ne pensais pas qu'il aurait pu me plaire.» Une activité qui a en tout cas le mérite d'ancrer la rêveuse dans une certaine réalité, elle qui peine parfois à établir des frontières claires avec la fiction. Et ravie qu'un éditeur lui ait accordé sa confiance... «J'ai tendance à partir dans mes récits», sourit l'auteure qui, interrogée sur le livre qu'elle aurait rêvé d'écrire, cite sans hésiter Harry Potter et son extraordinaire univers. Mais là c'est une autre histoire... Même si, dans les deux scénarios, la magie a opéré.


Sonya Mermoud



 

Edition n° 16 du 15 avril 2015

 
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