Rien n'est impossible
Fondateur d'un cabinet de coaching et unique mentaliste professionnel de Suisse il croit en l'être humain et à son potentiel

Hier superflic. Aujourd'hui mentaliste comme Patrick Jane, héros d'une série télévisée américaine, mais pas pour dénouer des intrigues policières... Bien que distinctes et a priori sans liens, les différentes carrières embrassées par Georges-André Gessler possèdent un dénominateur commun: le développement de l'être humain et l'exploitation de son extraordinaire potentiel. Un fil rouge qu'il va suivre dans le cadre des trois métiers exercés à ce jour.
Agé de 57 ans, marié et père de quatre enfants, le Sédunois débute son parcours professionnel au sein de la Police cantonale valaisanne avant de devenir instructeur fédéral des groupes antiterroristes et chef de section d'intervention. Une activité qui le confronte directement au terrain, à la tête d'opérations policières délicates, voire dangereuses. Protection de personnalités, intervention lors de prises d'otages, d'alertes à la bombe, arrestations de gangsters... Le superflic, qui a aussi suivi l'école d'officier, mène 15 ans durant une vie à la James Bond. Animé par le besoin de travailler dans un domaine sortant des sentiers battus. Avec l'obligation d'être constamment au top. Sur le qui-vive. Jour et nuit. De quoi satisfaire la nature de cet homme qui n'entend pas se reposer sur des acquis, de peur de s'ennuyer.

Solide bagage
Au terme de 15 ans de cette existence trépidante mais aussi éreintante, le serviteur de la loi rend néanmoins l'uniforme estimant, modestement, en avoir fait le tour. «J'ai décidé d'aller voir dans le privé», raconte Georges-André Gessler qui va alors occuper une fonction de cadre dans une assurance avant d'en assurer la conduite au niveau romand. «Le lien avec mon activité antérieure? L'humain dans la performance. Avant, j'avais pour mission de ramener mon équipe entière, d'assurer la protection du citoyen... Je me suis forgé à la connaissance des êtres. Démarche similaire dans ce nouveau domaine où j'ai été amené à découvrir la personnalité de collaborateurs pour qu'ils exploitent au mieux leur potentiel», précise le Valaisan qui n'a cessé, en parallèle, de suivre des formations continues relatives au fonctionnement des personnes. «Et pour évoluer moi-même et pour aider les autres à le faire.» Une nouvelle tranche de 15 ans se déroule avant que Georges-André Gessler ne décide de créer, en 2004, sa propre société, spécialisée dans le coaching. «J'ai estimé mon bagage suffisant pour offrir mes compétences en la matière.» La nouvelle structure comprenant aussi bien de la formation que de l'accompagnement d'entreprises et de particuliers se concentre, dans la lignée des jobs précédents, sur le développement de l'être humain et la gestion prévisionnelle des emplois.

Hors communication verbale
En 2009, Georges-André Gessler, soucieux d'affiner encore son savoir, décide de suivre une formation de mentaliste à Paris alors qu'il s'est aussi familiarisé à la PNL (programmation neuro-linguistique). «Le mentaliste développe son mental pour avoir davantage de sensibilité à l'autre, de compréhension, à travers des techniques non verbales, comme l'intuition, l'énergie de la personne, l'expression d'émotions, universelles. Il laisse venir les choses sans besoin de les interpréter. Il pratique le lâcher-prise. Il ne juge pas mais utilise des indicateurs pour se conforter dans ses ressentis et apprend comment fonctionne son interlocuteur pour l'aider à utiliser son potentiel», précise le quinquagénaire, adepte de la méditation et attentif à se nourrir sainement. Dans le cadre de son travail, Georges-André Gessler utilise notamment ses talents en la matière pour le recrutement d'employés, à la demande de clients. Et toujours en accord avec les postulants. «Il s'agit de trouver le bon candidat, à la bonne place. Non pas dans une optique de jugement mais afin que ce dernier s'épanouisse, soit heureux.» Une approche qui nécessite une éthique irréprochable. Honnêteté, confiance, confidentialité sont les maîtres mots de ce seul mentaliste professionnel de Suisse qui estime que cette pratique permet de développer un potentiel au-delà de l'imaginable.

Le Nord, boussole de son rêve
«Il faut croire en soi. Rien n'est impossible... Notre cerveau est hypercomplexe, d'une richesse infinie. Les seules limites sont celles qu'on se fixe» affirme cet homme qui s'est frotté à la médiumnité et a fait l'expérience de visions à distance concluantes. «Il ne s'agit pas de divination. Je suis pragmatique, mais j'ai testé l'efficacité de ces techniques et les utilise» poursuit le mentaliste non sans préciser qu'il ne peut voir dans la personne, mais ce qu'elle montre...
Optimiste sans être naïf, se ressourçant dans la nature et le partage, humble et capable de rire de lui, Georges-André Gessler associe le bonheur au fait «de se réveiller en bonne santé, d'aller au boulot en sifflant, de rencontrer des gens qui font plaisir». «Un bonheur accessible devant sa porte.» Même s'il rêve aussi d'un voyage au Nord, un congé sabbatique, après avoir goûté aux magnifiques paysages d'Islande, au soleil de minuit, sans ordinateur et téléphone portables... «Génial! J'y ai trouvé la paix.» Dans l'intervalle, à défaut, le mentaliste ne déroge jamais au rendez-vous qu'il prend quotidiennement avec lui-même. Un moment pour se recentrer. Et poursuivre en pleine conscience dans la voie d'harmonie empruntée...


Sonya Mermoud

 

Edition n° 18 du 29 avril 2015

 
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