Syngenta supprime 116 postes à Monthey
Afin d'accroître encore sa compétitivité Syngenta a annoncé la suppression de 116 postes. Unia demande l'examen d'alternatives

Malgré d'excellents résultats financiers, le géant bâlois de la chimie Syngenta a annoncé la semaine passée la suppression de 116 postes à Monthey et la délocalisation d'une partie de ses activités. Unia condamne fermement cette décision, exige du groupe qu'il la réévalue, et présente ses alternatives.

Nouveau séisme dans le monde du travail valaisan. Après la fermeture de la raffinerie Tamoil laissant plus de 230 personnes sur le carreau, c'est Syngenta qui a annoncé la suppression de 116 postes sur les quelque 900 que compte son site chimique montheysan. Cette coupe dans les places de travail s'effectuera dans sa division formulation et conditionnement. Des activités qui seront délocalisées à l'étranger en vue d'économiser sur les coûts de la main-d'œuvre. «Cette annonce est un véritable coup de massue pour l'emploi dans le Chablais», déclare Blaise Carron, secrétaire syndical d'Unia, surpris par la nouvelle divulguée la semaine passée. «Nous n'avons eu aucun signe avant-coureur. Même en évoquant la question du franc fort, Syngenta avait dit en février dernier que l'usine du Chablais n'avait pas à s'inquiéter. Dans les rangs des travailleurs, c'est le choc», poursuit-il, d'autant plus indigné par l'annonce que la multinationale bénéficie d'une excellente santé financière.

Pistes alternatives
«Lors de l'assemblée des actionnaires du 28 avril, Syngenta a annoncé un bénéfice net de 1,49 milliard de francs et a proposé une augmentation de dividende de 10%. Année après année, Syngenta fait part du même type de résultats.» Et Blaise Carron d'estimer la décision prise par l'entreprise d'autant plus choquante que son directeur général s'est octroyé, relève-t-il, une augmentation de revenu de 60% pour 2014. «Il y a là un véritable problème de décence.»
Condamnant avec vigueur le sacrifice des 116 postes de travail, «motivé uniquement par le goût du gain maximal», Unia demande à Syngenta de geler sa décision et de procéder à une nouvelle analyse de la situation en vue de maintenir les emplois. «Avant la mise en application de cette restructuration, nous demandons l'étude de pistes alternatives.» Parmi celles-ci, le syndicaliste cite la modernisation des infrastructures ou encore la vente des bâtiments concernés à une entreprise tierce qui pourrait maintenir l'activité de conditionnement sur place. Pour cette dernière proposition, le syndicat en appelle aussi au soutien du service de la promotion économique du canton. «Ces suggestions seront discutées cette semaine avec les responsables des ressources humaines», précise encore Blaise Carron.

Reclassement exigé
Si Syngenta n'entrait toutefois pas en matière sur celles-ci, Unia exige qu'aucun licenciement ne soit prononcé et que la mesure soit suffisamment étalée dans le temps pour permettre un reclassement de l'ensemble des salariés concernés dans d'autres secteurs de l'usine. La requête est, dans le tissu industriel du Chablais, d'autant plus importante que nombre de travailleurs de Tamoil espéraient pour leur part retrouver un job sur le site chimique montheysan...
En novembre 2014 et malgré les importants profits réalisés, la multinationale avait annoncé une restructuration touchant 1800 personnes dans le monde, dont 500 suppressions de postes à Bâle. «Jusqu'à quand va-t-on accepter cette course à l'ultrarentabilité? C'est aujourd'hui une véritable question de société...» conclut Blaise Carron.


Sonya Mermoud

 

 

 

Edition n° 20 du 13 mai 2015

 
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