Franc fort les ouvriers de Mecalp Technology obtiennent des garanties
La signature d'un accord entre la direction et le personnel représenté par Unia a offert une issue au conflit

Faisant suite à deux jours de grève, les premiers en Suisse romande consécutifs à l'abandon du taux plancher, la procédure de conciliation devant la Chambre des relations collectives de travail a débouché, après trois mois de négociations, sur un protocole d'accord.

Un accord a été conclu entre la direction de Mecalp Technology et le personnel représenté par Unia, mettant fin au conflit dans cette entreprise de Meyrin (GE) appartenant au groupe français Bontaz-Centre.
Sous prétexte de franc fort, la direction de cette usine active dans le décolletage pour l'industrie automobile avait à la mi-mars annoncé à sa cinquantaine d'employés des modifications des contrats de travail impliquant une baisse des salaires de 10%, qui auraient été versés en euros, ainsi que des heures supplémentaires non payées le samedi. Après deux jours de grève, suivie par deux tiers du personnel fixe, Mecalp avait renoncé à réduire les salaires et à les payer en euros, mais maintenu son exigence d'augmenter le temps de travail hebdomadaire de deux heures. Soutenus par Unia, les ouvriers avaient alors décidé de saisir la Chambre des relations collectives de travail (CRCT).

«L'important est le signal de la lutte»
Après trois mois de négociations sous l'égide de cette instance de conciliation, les parties ont signé un protocole d'accord le 9 juin. Mecalp n'a pas lâché sur les deux heures supplémentaires. De 40 heures, le temps de travail hebdomadaire passera à 42 heures tant que le taux de change restera défavorable. Toutefois, et ce n'est pas négligeable, ces heures en sus seront compensées à la fin de l'année si l'entreprise dégage un bénéfice. De plus, la direction s'est engagée à ne pas réduire les salaires d'ici à la fin de l'année ni à procéder à des licenciements économiques.
«Subir une augmentation de temps de travail n'est pas rien, je ne parlerai donc pas de victoire même si nous avons obtenu toutes les garanties», explique Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d'Unia Genève. «Ce qui est important, c'est le signal de la lutte que les ouvriers de Mecalp ont lancé. La grève avait pu empêcher le pire.»
Pour rappel, le directeur n'avait pas hésité à licencier sur le champ trois ouvriers qui avaient protesté contre la modification de leur contrat. Par un arrêt de travail immédiat, la mobilisation de leurs collègues avait permis leur réintégration.


Jérôme Béguin

 

Genève contribuera aux risques de change
Le Conseil d'Etat genevois a transmis au Grand Conseil un projet de loi permettant à la Fondation d'aide aux entreprises de contribuer aux risques de change. En février, Unia Genève avait demandé la mise en place d'un fonds cantonal de soutien aux sociétés victimes du franc fort. «Nous sommes satisfaits que le gouvernement réponde à notre demande. Pour nos activités syndicales, c'est une bonne nouvelle», se félicite Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat. «Dans certains cas qui nous inquiètent cela permettra de faire pression pour que les entreprises trouvent des solutions.»
JB

 

 

Edition n° 25 du 17 juin 2015

 
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