Le syndicalisme ne doit pas s'arrêter après la retraite
Rencontre avec les responsables du Groupe d'intérêt des retraités d'Unia Transjurane

Pourquoi rester syndiqué après la retraite? Comment continuer à s'engager, à garder la flamme, à rester solidaire tout en partageant des moments conviviaux? Les réponses de Denis Berger et Raffaele Maffei, responsables du Groupe d'intérêt des retraités d'Unia Transjurane.

Jass et pétanque: non les activités des retraités d'Unia ne se résument pas à ce cliché. Certes, les jeux et le divertissement font également partie du programme, mais la vie syndicale, les débats de société et les découvertes culturelles n'en occupent pas moins la tête d'affiche. L'Evénement syndical a pu s'en convaincre au fil d'une récente rencontre avec les responsables du Groupe d'intérêt des retraités d'Unia Transjurane.

Le syndicalisme pour la vie
Fort de 800 membres, ce Groupe d'intérêt est présidé par Denis Berger, ex-mécanicien faiseur d'étampes puis opérateur érosion à la coutellerie Wenger dont il présida la commission d'entreprise durant sept ans. La vice-présidence du Groupe incombe à Raffaele Maffei, ouvrier qui travailla 42 ans chez Von Roll, avec 20 ans passés à la tête de la commission ouvrière du site de Choindez et 6 ans à celle de l'ensemble du groupe industriel dont il fut également délégué européen. «Je n'ai jamais pu admettre que des collègues quittent le syndicat dès qu'ils prennent leur retraite. La lutte pour une société plus juste ne s'arrête pas à la retraite. Le syndicalisme, c'est pour la vie!», martèle-t-il. Denis Berger abonde dans ce sens. «Notre expérience reste précieuse pour l'ensemble du mouvement. Nous suivons l'actualité et nous avons encore la tête dans les entreprises dans lesquelles nous avons gardé des contacts avec nos collègues. Le syndicalisme est aussi un devoir de solidarité, une manière conviviale de garder la flamme, de développer la camaraderie et l'esprit d'équipe. Tout cela ne s'éteint pas avec la retraite.»
En 2012, 54,4% des membres d'Unia Transjurane démissionnaient au moment de leur retraite. Une année plus tard, cette proportion passait à 46,4% et en 2014, elle n'était plus qu'à 25%. Comment expliquer cette très nette amélioration? Les responsables du comité restent prudents et modestes à ce sujet. Mais à l'évidence, le dynamisme et l'efficacité du Groupe et de son encadrement ainsi que la richesse de son programme ont joué un rôle majeur. Denis Berger mise sur l'attractivité. «Ce n'est pas forcément facile d'inciter les retraités à adhérer à notre groupe. Ils ont souvent à son égard des idées bien arrêtées, des images préconçues. Mais lorsqu'on leur fait découvrir la diversité et la qualité de nos activités, ils se laissent volontiers convaincre.»

L'expérience partagée
Le programme 2015 étaie bien ce propos. Pas moins de 18 dates y sont programmées dans le Jura et le Jura bernois. Y figurent pêle-mêle des séances de comité dédiées à des thèmes syndicaux, une incursion au Palais fédéral en compagnie d'élus jurassiens couplée à une visite de la centrale d'Unia à Berne ainsi qu'une visite du Musée du tour automatique à Moutier. Des rencontres plus ludiques sont également proposées, comme la visite d'un zoo régional, un cours d'initiation à la boccia ou le traditionnel repas de Saint-Martin. A noter que les sorties sont parfois accompagnées d'une visite d'usine.
A cela s'ajoute bien sûr l'engagement des retraités dans les manifestations et les campagnes syndicales portant sur les questions de la retraite mais également sur l'emploi, les droits syndicaux, l'égalité salariale, la migration, la fiscalité, etc. «Nous contribuons à donner une image positive du syndicat et à développer la solidarité entre les générations», souligne Denis Berger. Une manière aussi de valoriser les aînés. «Mon ex-patron nous faisait sentir que les travailleurs âgés coûtaient trop cher, qu'ils étaient un poids pour l'entreprise, se souvient Raffaele Maffei. «Dans le syndicat au contraire, notre expérience est mise en valeur. Nous devons faire en sorte qu'elle soit utile à tous et c'est pour cela qu'il faut éviter les démissions lors des départs à la retraite.» Pour ce faire, le syndicaliste propose d'ailleurs d'inviter les collègues proches de la retraite à participer à la prochaine assemblée générale du Groupe.
Responsable depuis deux ans du Groupe d'intérêt des retraités d'Unia Transjurane, la secrétaire syndicale Dominique Perrin salue l'engagement et les résultats de ce duo présidentiel. «Ils ont le souffle, l'énergie et les idées qui nous permettent d'avancer avec efficacité.»

Pierre Noverraz

 

Edition n° 25 du 17 juin 2015

 
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