Ensemble nous pouvons améliorer la situation des salariés
Vania Alleva a été élue à la présidence d'Unia

Moment important pour Unia samedi dernier à Berne. Le syndicat a pris congé de son coprésident Renzo Ambrosetti, candidat à la retraite après des années d'engagement. Et a désigné une présidence unique, en la personne de Vania Alleva, jusque-là coprésidente. Le point sur les défis et les enjeux de cette élection avec la nouvelle présidente, et retour sur plus de 37 ans de syndicalisme avec Renzo Ambrosetti.

L'émotion était au rendez-vous samedi 20 juin à Berne, lors de l'assemblée nationale des délégués d'Unia. Près de 80 militants, et de nombreux responsables, ont rendu hommage et chaleureusement remercié le coprésident Renzo Ambrosetti, qui partira à la retraite au mois d'août après 10 ans à la tête d'Unia, dont il a été l'un des piliers de sa création. A la faveur de ce départ à la retraite, les délégués ont décidé d'un changement majeur pour le syndicat: l'élection d'une présidence unique. Ils ont élu avec enthousiasme une femme, issue de la migration: Vania Alleva, coprésidente depuis le congrès de 2012.
Depuis la création d'Unia en 2004, le syndicat a toujours été présidé par un duo, représentant les deux plus grands syndicats fondateurs, le SIB et la FTMH. La décision de mettre fin à cette coprésidence témoigne du fait que le processus de fusion est achevé. Autre nouveauté: l'élection de deux vice-présidents. Aldo Ferrari, responsable de l'artisanat, et Martin Tanner, responsable des finances, accèdent à cette fonction. Véronique Polito, actuellement secrétaire centrale de l'Union syndicale suisse (USS), a aussi été élue au comité directeur. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.
Les délégués ont également adopté une résolution appelant tous les membres d'Unia à participer à la grande manifestation* qui aura lieu ce samedi 27 juin à Zurich en défense de la convention des maçons. «Si on défend cette convention, la plus importante de Suisse, toutes les autres seront protégées», a lancé un délégué tessinois.
Après cette assemblée du changement, le point avec Vania Alleva.

 

Vous avez été élue à la présidence d'Unia, le plus grand syndicat de Suisse. Que représente pour vous cette élection?
J'ai beaucoup de respect pour cette tâche et je suis touchée du soutien dont je bénéficie de la part des militants et au sein de l'organisation.

Et pour Unia, que signifie le fait d'être dirigé par une femme?
Le fait d'être une femme, mais aussi issue de la migration et provenant du secteur tertiaire, n'est pas un hasard. La nouvelle Unia est plus féminine, plurielle, et ouverte aux travailleuses et aux travailleurs du secteur des services. Un quart du syndicat est constitué par des femmes, et la présence féminine s'est fortement accrue avec le développement du secteur tertiaire.

Comment envisagez-vous cette présidence, dans un syndicat encore majoritairement masculin, avec des maçons, des travailleurs de l'artisanat, de l'industrie?
Unia repose sur quatre secteurs, les trois piliers traditionnels - l'industrie, la construction et l'artisanat - auxquels il faut conserver leur juste valeur, et le secteur tertiaire, que nous sommes en train de construire, rendant le syndicat encore plus diversifié. Il faut continuer dans cette voie. Le but de notre travail est de renforcer la solidarité parmi les salariés, et c'est important de le faire ensemble, femmes et hommes, pour défendre les acquis sociaux, particulièrement attaqués actuellement.

Nous entrons dans une période difficile, avec des attaques contre les conditions de travail au nom du franc fort, et une attitude hostile du patronat qui refuse par exemple de négocier avec Unia le renouvellement de la Convention nationale de la construction, ou menace de dénoncer celle de l'hôtellerie. Dans ce contexte, quels sont les défis de votre présidence?
Nous devons travailler sur trois pistes. D'abord en tant que syndicat nous devons défendre la dignité et les droits des salariés, parce que le bien-être en Suisse est dû à ses 4 millions de travailleuses et de travailleurs actifs. Les patrons et les politiciens bourgeois doivent comprendre cela. Concrètement, cela veut dire qu'il faut plus de protection sur les lieux de travail et des salaires justes. Et nous devons nous battre contre toutes les discriminations, et en particulier contre la discrimination salariale.
Le second point concerne la politique néolibérale, de déréglementation, qui remet en cause les acquis sociaux. Face à ces attaques, il est important de nous engager pour plus de sécurité sociale.
Troisièmement, nous devons régler la question des rapports de la Suisse avec l'Union européenne. Les accords bilatéraux doivent être préservés. La libre circulation des personnes est un acquis. Il est important et décisif que les salaires et la protection des travailleurs soient améliorés, et cela aussi pour que lors des prochaines votations, les gens ne suivent pas l'UDC et se prononcent contre les pseudo-solutions isolationnistes et discriminatoires.


Cette question est un sujet sensible, y compris dans les syndicats. Beaucoup de travailleurs sont opposés aujourd'hui à la libre circulation, et la droite et le Conseil fédéral refusent d'améliorer les mesures d'accompagnement...

C'est pour cela qu'il est décisif de se battre ensemble pour défendre les acquis, la sécurité sociale, et travailler pour qu'il y ait des conditions réglementées sur le marché du travail et dans nos rapports avec l'Union européenne. Si on n'arrive pas à s'engager sur les trois points cités plus haut, les recettes populistes risquent de gagner. Dans cette période où l'on va d'une crise à une autre, où les acquis, les emplois sont menacés, nous devons fournir un grand travail d'information. Il faut être proche des gens, leur faire comprendre que c'est ensemble que l'on peut améliorer la situation des salariés. Que c'est ensemble que l'on arrivera à créer de la solidarité et à combattre la peur alimentée par un contexte de désécurisation.

Sur quels plans ces combats doivent-ils être menés?
Il y a le volet conventionnel. Les patrons ne pourront pas trouver mille prétextes pour refuser le débat sur des problèmes qu'il faut absolument régler, comme celui des salariés de la construction qui travaillent dans le stress, sous la pluie ou en pleine chaleur et mettent leur santé en danger. Ou les cas extrêmes de dumping salarial. A la longue, les patrons ne seront plus crédibles. C'est pour cela qu'il est important que le 27 juin, lors de la manifestation nationale de la construction, les salariés fassent la démonstration qu'ils tiennent à leur Convention nationale, et qu'il n'est pas question de toucher à la retraite à 60 ans!
Il y a aussi le volet politique. La situation actuelle due au franc fort a été créée par la Banque nationale suisse (BNS). C'est à elle de la résoudre. La BNS a le mandat de garantir la stabilité des prix et de l'économie. Il faut une réponse claire, sans quoi nous risquons de perdre des dizaines de milliers de postes de travail dans l'industrie et dans d'autres branches.

Unia a lancé en son sein un débat sur l'avenir. De quoi s'agit-il?
«Penser l'avenir» est un débat interne et démocratique sur les changements dans le monde du travail. La société change, le syndicat doit-il changer et comment? Nous voulons discuter avec nos membres des grands défis qui nous attendent. Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons développer les visions justes et les bonnes stratégies. Nous sommes au début des discussions. Elles se poursuivront au congrès de 2016 et au-delà.
Propos recueillis par Sylviane Herranz



«J'ai la conviction que l'on peut changer les choses»

Née en 1969 à Zurich, de parents immigrés italiens, Vania Alleva accède à 45 ans à la présidence d'Unia, après un parcours fulgurant. Après ses écoles et son gymnase à Zurich, elle étudie à l'Université de Rome, où elle obtient un doctorat en lettres. Durant ses études, elle travaille dans le nettoyage, comme caissière, et donne des cours d'appui. Elle effectuera également un postgrade en communication interculturelle à Lucerne. Journaliste et enseignante, elle débute en 1997 comme rédactrice au Syndicat industrie et bâtiment (SIB). Elle nous dit ici les raisons de son engagement.

Vous avez débuté à la rédaction du journal du SIB, qu'est-ce qui vous a amené à travailler pour le syndicat?
Je suis arrivée au syndicat il y a presque 18 ans. J'ai commencé au journal alémanique du SIB et je travaillais aussi pour Area, le journal de langue italienne. Puis je me suis occupée de la migration, au SIB et à Unia, et de différents groupes d'intérêt et de politique conventionnelle. Il y a 7 ans, après mon élection au comité directeur, j'ai pris la responsabilité du secteur tertiaire.
Ma motivation de travailler au syndicat est liée à mon parcours personnel. J'ai été confrontée, enfant, aux inégalités. Et ma conviction qu'il est possible de changer les choses m'a amenée au syndicat où je peux vivre cela.
L'inégalité sociale, l'inégalité des chances, je les ai vécues dans ma famille et avec les gens autour de nous. Mes parents sont des ouvriers. Mon père a d'abord été saisonnier sur les chantiers, puis est devenu chauffeur. Ma mère a travaillé à l'usine et dans le nettoyage. Je sais ce que veut dire travailler beaucoup pour que les enfants puissent avoir un avenir meilleur. Le grand problème aujourd'hui, c'est que beaucoup de personnes travaillent énormément sans pouvoir offrir de futur à leurs enfants. Pour moi, l'engagement syndical, c'est aussi de travailler ensemble pour que les salariés puissent construire un avenir pour leurs enfants.

Vous avez été brillamment élue au comité directeur lors du congrès de Lugano en 2008, avec le plus de voix. Le congrès de Zurich vous a portée à la coprésidence en 2012 avec Renzo Ambrosetti. Comment expliquez-vous cette grande popularité auprès des membres?
Je pense que c'est parce que je suis proche des gens, des militants. J'aime travailler avec eux, je les écoute. Je suis convaincue que c'est ensemble que l'on arrive à faire progresser les choses. Je suis aussi ancrée auprès de mes collègues, chez les migrants, les femmes, et dans le tertiaire. Cette popularité vient sans doute de cette multitude de facettes.

Y a-t-il des moments forts qui vous ont marquée dans votre parcours?
Il y en a beaucoup! Mais s'il faut choisir, je dirais d'abord qu'il y a ce moment où nous avons conquis l'acquis le plus grand, celui de la retraite à 60 ans pour les maçons. J'ai vu comment les collègues de la construction ont lutté pour cette retraite. Et surtout la prise de conscience qui s'est effectuée: parce que nous nous étions mis tous ensemble nous avons pu l'obtenir. Je me souviens d'une réunion où un collègue suisse a dit que c'était grâce à son collègue étranger qu'on avait gagné. C'était très fort!
Il y a également la lutte pour l'abolition des visas Schengen pour les ressortissants des pays tiers vivant en Suisse. Nous avions même fait une action à Bruxelles. Et avons obtenu leur suppression. C'est aussi un grand acquis.
Un autre moment fort, c'est lorsque nous avons réussi à introduire le 13e salaire dans la CCT de l'hôtellerie-restauration après une lutte de plusieurs années. C'est une conquête très importante pour nos collègues de cette branche où les salaires sont particulièrement bas. Au niveau des CCT, il y a encore la mise en place de la CCT des temporaires. C'était un grand défi. Et aujourd'hui, cette CCT est un pas important pour réglementer ce domaine très précarisé.
Propos recueillis par SH

 


«La création d'Unia, c'est ce dont je suis le plus fier»

Renzo Ambrosetti a remis la coprésidence d'Unia et prendra sa retraite en août. L'occasion de tirer le bilan de ses 37 ans de carrière syndicale

C'était sa 72e assemblée des délégués. En 37 ans de carrière, il n'en aura manqué qu'une. Unia prend congé d'une figure majeure du mouvement syndical. Un grand bonhomme. Et pas seulement par la carrure physique.
Après des études de droit à Zurich, Renzo Ambrosetti a débuté sa carrière syndicale en 1978 au Tessin comme permanent de la Fédération suisse des travailleurs de la métallurgie et de l'horlogerie (FTMH). En 1994, nommé secrétaire central et au comité directeur, il monte à Berne et, en 2000, il succède à Christiane Brunner à la tête du syndicat après une élection disputée le mettant aux prises avec André Daguet, récemment décédé. En 2004, la FTMH, le Syndicat de l'industrie du bâtiment (SIB), la Fédération suisse des travailleurs du commerce, des transports et de l'alimentation (FCTA) et Actions Unia fusionnent pour donner naissance à Unia. Le Tessinois a assumé la coprésidence du nouveau syndicat jusqu'à aujourd'hui. Sur le plan international, Renzo Ambrosetti s'est aussi montré actif. En 2007, le Suisse est élu à la présidence de la Fédération européenne des métallurgistes. Celle-ci se marie en 2012 avec les syndicats des mines, de la chimie, de l'énergie et des textiles. Industriall se choisit alors Renzo Ambrosetti comme vice-président européen.

«J'ai eu beaucoup de chance»
Après 37 ans d'activité au sein des organisations syndicales, quel est son meilleur souvenir? «Le soutien et la confiance que mes collègues m'ont apportés tout au long de ma carrière», confie Renzo Ambrosetti dans son bureau présidentiel de la Weltpoststrasse. «J'ai vécu aussi de grands moments dans les batailles et les mouvements que nous avons menés, notamment au Tessin dans les années 90 avec le conflit portant sur la fermeture de l'aciérie Monteforno. Nous n'avons pas gagné, mais c'est un mouvement qui a rassemblé toute une région. Nous avions trouvé des repreneurs, mais c'étaient des concurrents de Von Roll qui n'a pas voulu vendre. Ça leur a coûté le plan social le plus cher de Suisse!» Plus près de nous, il y eut aussi en 2004 et 2006 les grèves à Swissmetal Boillat: «C'était également un combat très difficile et là encore toute une région s'est solidarisée contre la stratégie de ce hedge fund, représenté par l'aventurier Martin Hellweg, qui détruisait un savoir-faire. L'entreprise a été restructurée, mais nous avons pu sauver une partie des places de travail à Reconvilier.»
Et de quoi est-il le plus fier? «De la création d'Unia en 2004», répond-il sans hésiter. «Cela a été décisif pour le mouvement syndical dans une période de changement pour l'économie et la société. Cela n'aurait pas eu grand sens que deux grandes organisations comme la FTMH et le SIB continuent à se concurrencer et on savait qu'il n'y aurait pas de croissance vertigineuse dans le bâtiment et l'industrie. Il y avait des déserts syndicaux, par exemple dans le tertiaire, et nous avons décidé de les cultiver ensemble. Le résultat est qu'aujourd'hui les quatre secteurs de l'organisation sont à peu près de la même taille. Cela veut dire que dans le tertiaire, secteur pour le moins difficile, nous avons réussi par notre travail à gagner des membres. C'est la preuve que lorsque nous menons de bonnes campagnes, les gens nous rejoignent.»
A-t-il des regrets? Pas vraiment, même si l'activité syndicale se heurte parfois à des échecs. «Mais si je dois tirer un bilan, il est plutôt positif. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir participer à des projets très importants pour le mouvement syndical. Sur le plan suisse, il y a Unia. Et sur le plan européen et international, j'ai aussi été l'un des promoteurs de la fusion des syndicats industriels, toujours dans cet esprit de renforcer la force de frappe des syndicats, de pouvoir mieux défendre les travailleurs.»

«Le tissu industriel va être détruit!»
Au moment où le coprésident d'Unia quitte les responsabilités, les salariés et le mouvement syndical suisses sont confrontés à deux problèmes majeurs: le franc fort et l'application de l'initiative «contre l'immigration de masse». Il juge inacceptable que les salaires et les conditions de travail soient péjorés parce que la Banque nationale suisse (BNS) «ne fait pas son boulot»: «C'est faire payer aux ouvriers la facture de la spéculation monétaire.» Et il ne cache pas ses craintes: «Si la BNS ne modifie pas sa politique en réintroduisant un taux plancher, je pense qu'après l'été nous subirons une avalanche de licenciements. Des multinationales déménageront leurs sites de production dans des pays moins chers. J'estime qu'on ne peut pas laisser les choses aller comme ça, sans réagir. Le patronat doit aussi réagir. Il faut le dire clairement: on va détruire le tissu industriel suisse, les places de travail qui partiront ne reviendront jamais plus!»
En ce qui concerne l'application de l'initiative de l'UDC votée le 9 février 2014, Renzo Ambrosetti est également on ne peut plus clair: «Si on introduit les contingents, les patrons feront appel à plus de travailleurs détachés, au permis de courte durée, aux temporaires et aux faux indépendants. C'est la jungle et la précarisation du marché du travail!» Pour le Tessinois, tout au contraire, une meilleure protection sur le marché du travail est indispensable. «Si les patrons et les politiques ne comprennent pas qu'il faille faire un pas dans cette direction, je crains que le prochain scrutin sur l'Europe ne donne le même résultat que celui du 9 février 2014. D'ailleurs cette débâcle peut être imputée au gouvernement et aux organisations patronales qui n'ont pas voulu améliorer les mesures d'accompagnement avant la votation.»

La faiblesse des patrons...
Renzo Ambrosetti lie ces deux problèmes, que sont la cherté du franc et la libre circulation, à une difficulté plus générale: «Nous ne progressons pas car les patrons sont divisés et peu représentatifs.» Un syndicaliste qui se plaint de la faiblesse des organisations patronales, voilà qui n'est pas courant! «J'ai connu des associations patronales fortes, avec lesquelles on se bagarrait, mais qui nous permettaient d'avancer. Le néolibéralisme a fait aussi sauter la solidarité entre les patrons. Tout a commencé dans les années 90 avec la stratégie lancée par Christoph Blocher et Martin Ebner pour augmenter la rentabilité des entreprises. Le mouvement a été radical dans l'industrie où l'on a vu des managers parachutés de l'étranger qui voyaient les conventions collectives comme un corset les empêchant de travailler. Cela a mis le partenariat social en difficulté. Nous n'avons plus de partenaires forts, on le constate partout.»

Une retraite bien active
Renzo Ambrosetti quittera Unia en août, mais sa retraite bien méritée sera plutôt active. Jusqu'à la fin 2016, il occupera la vice-présidence européenne d'Industriall et continuera de siéger dans des commissions et des comités. «Je garderai des dossiers et soutiendrai des collègues qui sont au front. D'un temps de travail de 150%, je vais passer à 80%...», explique-t-il le sourire en coin. «Je vais tout de même disposer d'un peu plus de temps libre pour moi et ma famille.» Il aimerait se remettre au ski et se consacrer davantage à ses deux petits-enfants dont la photo est bien en vue dans son bureau.
Au moment de quitter Unia, il souhaite que le syndicat se renforce et soit encore plus présent sur les lieux de travail. «Il faut que les travailleurs et les travailleuses comprennent que c'est ensemble, avec la solidarité, que l'on parvient à aller de l'avant. Ce n'est pas nouveau, c'est toute l'histoire du mouvement syndical qui nous le prouve.»
Jérôme Béguin

 

 

 

 

 

 

Edition n° 26 du 24 juin 2015

 
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