Un passeport pour le monde du travail
Décrocher un CFC pour attester de son expérience professionnelle

Des cours pour les travailleurs de la charpente souhaitant se préparer à l'examen du CFC vont bientôt démarrer dans le canton de Vaud. L'occasion de rappeler les possibilités de se former tout en travaillant, offertes par l'article 32 de l'Ordonnance sur la formation professionnelle.

C'est une nouveauté pour les travailleurs de la charpente dans le canton de Vaud, et peut-être bientôt pour les menuisiers. En novembre débuteront des cours en vue d'acquérir un CFC (certificat fédéral de capacité) tout en travaillant. «Nous avons reçu beaucoup de demandes de membres actifs dans ces métiers depuis plusieurs années», explique Francisco Pires Machado, secrétaire syndical à Unia Vaud et responsable du second œuvre pour la région. Lui-même menuisier, il avait acquis un CFC en 2007 après des années de travail dans une entreprise du bois, sur la base de l'article 32 de l'Ordonnance sur la formation professionnelle (OFPr). Cet article permet à un travailleur ayant 5 ans d'expérience dans un métier, que ce soit dans le bâtiment ou dans un autre domaine comme la vente ou la restauration, de se présenter aux examens de fin d'apprentissage et de décrocher un CFC. Une opportunité que le menuisier, devenu syndicaliste professionnel, n'a de cesse de promouvoir.

Cours le samedi
«A la suite de ces demandes, nous avons pris contact avec l'Ecole de la construction de la Fédération vaudoise des entrepreneurs à Tolochenaz, où des cours de préparation aux examens fédéraux existent déjà pour les métiers de peintre, serrurier en construction métallique, maçon et constructeur de route.» Le syndicaliste explique que c'est en collaboration avec l'école, et sur la base de premières inscriptions de charpentiers - une douzaine - qu'un cours a pu être mis sur pied pour cet automne. «Il se déroulera sur 3 ans, le samedi, de novembre à avril, à Tolochenaz. La première année est une mise à niveau des connaissances de base, avec du français, du calcul professionnel et du dessin technique. Les deux années suivantes, en plus de ces matières, il y aura des cours blocs de 2 ou 3 semaines pour les connaissances pratiques du métier.» Un bilan de compétences sera effectué en fin de première année. Par ailleurs, dans le cas où un participant aurait déjà obtenu un CFC dans une autre profession, il peut être dispensé des épreuves de culture générale. Francisco Pires Machado ajoute encore que la condition pour accéder aux examens du CFC est de comptabiliser 5 ans d'expérience dans le métier au moment de se présenter à ces derniers. Un ouvrier travaillant aujourd'hui depuis 2 ans dans une profession peut donc déjà suivre les cours le préparant aux examens de mai 2018.

Autres possibilités
«S'il y a suffisamment de menuisiers intéressés, nous envisageons d'ouvrir l'année prochaine un cours leur étant destiné. Mais il est également possible de se préparer à l'examen individuellement. L'article 32 de l'OFPr permet en effet à toutes les personnes, quel que soit leur métier, de se préparer seules ou de s'inscrire dans une école professionnelle pour suivre les cours dispensés aux apprentis», indique Francisco Pires Machado, tout en soulignant que dans ce dernier cas, il est bien évidemment nécessaire de trouver un aménagement du temps de travail avec son patron, les cours ayant lieu sur une journée en semaine. Face aux possibles réticences patronales, le syndicaliste a un argument de choc: «Acquérir un CFC n'est pas seulement avantageux pour l'ouvrier, mais aussi pour le patron qui peut bénéficier des nouvelles connaissances de son employé, et par là augmenter la productivité de son entreprise.»

Ouvrir des portes
Cependant, c'est avant tout les grands avantages procurés aux travailleurs par l'acquisition d'une qualification reconnue que le syndicaliste met en avant: «Cette validation de l'expérience se traduit d'abord au niveau du salaire. Dans le second œuvre romand, un ouvrier ayant plus de 3 ans d'expérience est en classe B et touche 26,70 francs de l'heure. Avec un CFC, il passe en classe A, à 29 francs de l'heure. C'est important aussi pour les assurances sociales et en cas de chômage ou d'accident. Et surtout, ce CFC est un formidable passeport pour le monde du travail, une plus-value pour trouver un emploi facilement. Des personnes qualifiées sont recherchées un peu partout. Un CFC ouvre également des portes vers d'autres métiers, ou pour progresser dans le sien, en décrochant plus tard un diplôme de chef d'équipe puis un brevet de contremaître.»
Francisco Pires Machado s'est lui tourné, il y a 3 ans, vers le soutien à ses collègues en devenant secrétaire syndical. Il invite tous les charpentiers, menuisiers et autres professionnels du canton de Vaud intéressés par l'article 32 à prendre contact avec lui ou avec le syndicaliste Amilcar Cunha (voir ci-dessous). Dans les autres cantons, il est possible de se renseigner auprès du syndicat sur les possibilités existantes.

Sylviane Herranz

Renseignements et inscriptions (jusqu'au 15 septembre pour le cours de préparation au CFC de charpentier):
Francisco Pires Machado, 079 364 19 04, francisco.piresmachado@unia.ch
Amilcar Cunha, 079 377 95 79, amilcar.cunha@unia.ch

 

Edition n° 36 du 2 septembre 2015

 
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