Insultant pour les travailleurs
Le parlement jurassien a refusé d'entrer en matière sur un salaire minimum à 19,25 francs de l'heure. Déception d'Unia

Le parlement jurassien a refusé d'entrer en matière sur un salaire minimum à 19,25 francs de l'heure. Déception et énervement d'Unia

Par 30 voix contre 29, le parlement jurassien a refusé, le l9 septembre dernier, d'entrer en matière sur un salaire minimum cantonal fixé à 19,25 francs de l'heure. L'ensemble de la droite s'est opposé à ce projet, estimant que l'Etat n'avait pas à s'immiscer dans ces questions qui devaient, selon elle, être réglées par la conclusion de conventions collectives de travail (CCT). De quoi faire réagir Unia, qui s'est largement impliqué dans ce dossier. «C'est pour le moins décevant et énervant», commente Emilie Mœschler, secrétaire régionale d'Unia Transjurane, qui s'est dite surprise par cette décision. «On n'a même pas accepté d'entrer en matière sur le sujet. C'est le principe même qui est rejeté et alors que la population l'avait accepté. C'est aussi insultant pour les travailleurs. Quant au discours de la droite, il ne tient pas compte des réalités, l'Etat intervenant déjà sur le marché du travail par le biais, notamment, des mesures d'accompagnement. Il y a de la mauvaise foi.» Le résultat agace d'autant plus la syndicaliste que le montant horaire articulé, qualifié de bas, faisait déjà l'objet d'un compromis, les exploitations agricoles n'étant notamment pas tenues d'appliquer ce tarif. «Nous le considérions toutefois comme un pas dans la bonne direction, dans l'idée de limiter les dégâts en fixant un seuil en dessous duquel on ne pouvait descendre, dans les entreprises non couvertes par une convention», poursuit -t-elle relevant que la signature de tels accords ne va hélas! pas de soi avec nombre de représentants patronaux fermés au partenariat social. Et que des cas de salaire de 1800 francs par mois ont été découverts...

En discussion...
Rappelons que la population avait accepté, en mars 2013, par plus de 54% des voix, l'initiative «Un Jura aux salaires décents». «Mais elle ne s'est pas prononcée sur un montant. L'idée était de trouver des solutions par branche. Difficilement réalisable en raison de leur nombre. D'où la proposition d'un salaire minimum.» Et Emilie Mœschler de dénoncer la lenteur de la mise en œuvre de ce projet, craignant qu'il ne finisse au final dans un tiroir. Et non sans rappeler que la campagne électorale bat aussi son plein avec des élections cantonales prévues en octobre.
Quoi qu'il en soit, dans ce contexte, le gouvernement est appelé à faire une nouvelle proposition. De son côté, des représentants d'Unia et la gauche devaient, à l'heure où nous mettions sous presse, se rencontrer pour débattre de la question.

Sonya Mermoud

 

 

Edition n° 38/39 du 16 septembre 2015

 
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