Salaires horlogers: remettre les pendules à l'heure
Les délégués de la branche horlogère ont adopté un cahier de revendications en vue du renouvellement de leur Convention

Une cinquantaine de délégués Unia de la branche horlogère se sont réunis samedi dernier à Neuchâtel. But de la rencontre: finaliser leurs revendications en vue du renouvellement de la Convention collective de travail, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017. Au menu de la conférence, la question des salaires minimums, des droits syndicaux ou encore celle liée à la santé et la sécurité au travail. Lignes maîtresses.

Politique salariale et sociale, droits syndicaux, santé et sécurité au travail, formation...: Une cinquantaine de délégués de la branche horlogère ont passé samedi dernier en revue un large éventail de thèmes. But de la démarche: finaliser un cahier de revendications en vue du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT) et avant que ne débutent les premiers pourparlers sur le sujet, le 20 octobre prochain.
Après avoir détaillé et commenté le catalogue des attentes des travailleurs, Pierluigi Fedele, membre du comité directeur d'Unia et responsable de l'horlogerie, a demandé à l'assemblée de fixer ses priorités. Pour ce faire, cette dernière a constitué des groupes de travail par régions. Sélection parfois délicate, liée aux problématiques rencontrées dans l'une ou l'autre entreprise, même si dans l'ensemble les participants n'ont au final guère eu de peine à se mettre d'accord sur une liste commune.

Renforcer les droits syndicaux
Parmi les principales revendications débattues et adoptées à l'unanimité, figure celle relative aux salaires. Les délégués se sont positionnés en faveur d'une nouvelle et meilleure définition des salaires minimums. Ces derniers devront, estiment-ils, connaître une hausse significative au 1er janvier 2017. La reconnaissance de l'expérience professionnelle et l'égalité salariale hommes-femmes complètent le cahier de revendications.
Les participants se sont aussi accordés sur un renforcement des droits syndicaux. L'accès aux places de travail et l'amélioration du statut des délégués syndicaux représentent le noyau dur de leurs exigences.

La santé au travail en ligne de mire
La prévention des risques psychosociaux a aussi été jugée prioritaire. Un thème dont la pertinence a largement été soulignée par l'enquête sur la santé et la sécurité menée par le syndicat auprès d'un millier de travailleurs... Après une discussion nourrie, les participants ont également fait part de la nécessité de prendre en compte la pénibilité du travail pour des catégories particulières de travailleurs (apprentis, employés âgés). Les revendications matérielles tiendront une place congrue, mais les quelques demandes formulées permettraient d'améliorer le quotidien de dizaines de milliers de travailleurs. L'assemblée a également jugé nécessaire d'agir sur la question de la formation et de sa reconnaissance dans les entreprises.
Enfin, les délégués demandent que la nouvelle CCT prenne mieux en compte les défis liés à l'augmentation du travail temporaire, en privilégiant pour tous les travailleurs l'application des conditions de travail stipulées dans la CCT de l'horlogerie.

Sonya Mermoud


Une résolution pour préserver les emplois
Les délégués ont par ailleurs adopté une résolution émanant de la région d'Unia Neuchâtel. Cette dernière, qui sera adressée au Secrétariat d'Etat à l'économie et au Conseil fédéral, demande une réglementation assouplie et plus généreuse en matière de réduction des heures de travail (RHT). Un système activé lors d'une baisse temporaire des commandes pour préserver les emplois et le savoir-faire, jugé particulièrement pertinent dans le contexte actuel du franc fort. L'assemblée sollicite une procédure simplifiée pour l'obtention de ce chômage technique ainsi qu'une prolongation des durées d'indemnisation à 24 périodes sur 24 mois et pas plus d'un jour de carence.
SM

 

 

 

Edition n° 42/43 du 14 octobre 2015

 
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