Vaud-Brésil pas de cadeaux fiscaux à Vale
Une résolution demande que le géant minier Vale ne puisse soustraire de ses impôts les dédommagements relevant de la catastrophe

Adoptée par le Grand Conseil vaudois, une résolution demande que le géant minier Vale, basé à St-Prex, ne puisse soustraire de ses impôts les dédommagements relevant de la catastrophe au Brésil

Le 8 décembre dernier, le Grand Conseil vaudois a adopté de justesse une résolution du député Vert Raphaël Mahaim demandant que le géant de l'extraction minière Vale, dont le siège international se trouve à Saint-Prex, ne puisse déduire de ses impôts le montant des réparations qui doit être versé suite à la catastrophe écologique survenue au Brésil. A l'origine de cet événement, la rupture, le 5 novembre dernier, dans l'Etat de Minas Gerais au sud-est du pays, d'un barrage de déchets miniers, propriété de la compagnie Samarco, détenue à parts égales par l'entreprise brésilienne Vale et l'anglo-australienne BHP Billiton. Cet accident a généré une énorme coulée de boue toxique qui a tout dévasté sur son passage. Une avalanche provoquant la mort de 13 personnes, ravageant quelque 200 villages, rendant les terres infertiles sur plusieurs centaines de kilomètres jusqu'à l'océan et privant d'eau potable quelque 280'000 habitants. Rappelant dans sa résolution les faits de ce drame environnemental considéré, par le ministre brésilien en charge, comme le pire de l'histoire du pays, le député Vert a demandé aux autorités que les amendes et dédommagements dont devra s'acquitter le groupe Vale pour le préjudice ne soient «d'aucune manière, par quelque montage que ce soit, déductibles fiscalement en terre vaudoise». Et de préciser dans son texte que la compagnie Samarco s'est engagée à débourser au moins 260 millions de dollars pour réparer les dégâts environnementaux et alors que plusieurs amendes qui se montent déjà à 175 millions de dollars lui ont été infligées par les autorités brésiliennes.
A 67 voix contre 66 et trois abstentions, le Grand Conseil a accepté la résolution de Raphaël Mahaim. Bien que non contraignant, ce texte a une forte portée symbolique, une valeur de signal après que la multinationale ait déjà fait beaucoup parler d'elle en raison des avantages fiscaux qui lui ont été concédés...

SM

 

 

Edition n° 51/52 du 16 décembre 2015

 
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