Chômage record les remèdes syndicaux
l'USS a présenté ses mesures et revendications pour lutter contre le niveau record de chômage dans notre pays

Lors de sa traditionnelle conférence annuelle, l'Union syndicale suisse a expliqué les raisons pour lesquelles le chômage avait atteint un taux record dans notre pays, entre forte appréciation du franc et détérioration des prestations en matière de prévoyance vieillesse et d'assurance invalidité. Pour contribuer à la résolution du problème, la faîtière syndicale a présenté une série de mesures. Lignes maîtresses.

«La Suisse est presque le seul pays d'Europe où les chiffres du chômage augmentent. Le nombre des sans-emploi n'aura jamais été aussi élevé dans notre pays.» Un constat qui a servi de fil rouge à la traditionnelle conférence annuelle tenue par l'Union syndicale suisse (USS) le 5 janvier à Berne. L'organisation a d'abord expliqué les raisons pour lesquelles le nombre de sans-emploi avait atteint dans notre pays un «niveau record tristement historique». «En septembre dernier, 230580 personnes n'avaient pas d'emploi dans notre pays. En 2001, elles étaient encore environ 100000», a chiffré dans son exposé Daniel Lampart, premier secrétaire et économiste en chef à l'USS. Pour celui-ci, cette situation est notamment liée à la forte appréciation du franc depuis 2008 et surtout à l'abandon, le 15 janvier 2015, du taux plancher par rapport à l'euro.

Détérioration des prestations sociales
La dégradation des prestations des assurances sociales a elle aussi été pointée du doigt avec «le relèvement de 62 à 64 ans de l'âge de la retraite des femmes dans l'AVS, la pratique beaucoup plus restrictive de mise en œuvre dans l'AI et l'élévation de l'âge réglementaire de la retraite dans le 2e pilier». Des facteurs qui, selon les estimations de l'étude menée par l'USS en la matière, se traduiraient par une augmentation de 90000 à 110000 personnes dépendantes d'un emploi, soit 2% de la population active. Situation qui, affirme l'USS, sera encore aggravée avec la réforme «Prévoyance vieillesse 2020» visant à augmenter l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Dans ce cas, selon les calculs de la faîtière syndicale, entre 18000 et 25000 femmes de plus auront besoin d'un travail. Et l'USS de s'inquiéter encore dans la foulée de la pression sur les rentes dans le deuxième pilier, citant l'exemple de la caisse de pension de Zurich, «la plus grande de Suisse qui a baissé ses taux de conversion de 6,2 à 4,87% pour une retraite à 65 ans et augmenté les cotisations salariales de 5% et plus». Alors que les rentes AVS accusent des années de retard sur les salaires.

Annoncer les postes vacants à l'ORP
Dans ce contexte, l'USS a présenté un catalogue de mesures et de revendications. Parmi les solutions préconisées pour lutter contre le chômage, les syndicats demandent que les employeurs soient obligés d'annoncer les postes vacants aux Offices régionaux de placement (ORP). Ils réclament aussi davantage de protection pour les travailleurs âgés et de longue date. «Les expériences faites avec de telles dispositions dans les conventions collectives de travail sont positives. Le relèvement de l'âge de la retraite doit être refusé, car cela aggrave les problèmes.» L'organisation demande également à la BNS de fixer à nouveau un objectif de taux de change. «Le franc doit être ramené le plus rapidement possible à un cours proche de 1,30 franc pour un euro», a précisé Daniel Lampart.

Augmenter l'AVS
Acquise au maintien des accords bilatéraux avec l'Union européenne, l'USS estime toutefois qu'ils doivent profiter à tous les travailleurs de Suisse et plaide, dans ce sens, pour une meilleure protection des salaires et des emplois. Pour l'économiste de l'USS, le renforcement des mesures d'accompagnement* passe par «une augmentation des contrôles, une amélioration des instruments servant à leur application (suspension systématique des travaux) et un registre des entreprises dont on a pu prouver après contrôle qu'elles respectent les règles».
Encore au rang des objectifs poursuivis par les syndicats: la majoration des rentes AVS de 10%, comme le demande l'initiative AVSplus*. «Ce n'est qu'en augmentant l'AVS que l'on peut garantir des rentes décentes pour un prix raisonnable.»

Sonya Mermoud

* Voir aussi les autres articles de cette page

 

 

 

Edition n° 1/2 du 13 janvier 2016

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page