Bernard Léchot sur un air maritime
Bernard Léchot entretien un lien essentiel avec la musique sans pour autant y consacrer sa vie

Si Bernard Léchot devait traduire la vie en musique, il opterait pour celle de la mer, le chant de son ressac, le concert de ses tempêtes, l'apaisante mélodie de ses accalmies... Une métaphore cohérente avec son credo qui l'éloigne de tout immobilisme et le pousse constamment à aller de l'avant, tiré par une nature plutôt positive, mais aussi tourmentée. Et dans un tempo soutenu, lui qui peine à aller se coucher, ayant toujours le sentiment d'avoir encore à faire. Et pour cause, l'homme a un agenda bien rempli, partagé entre la multiplicité de ses activités professionnelles et sa passion de la chanson à texte et du rock. Deux piliers fondateurs de sa personnalité, reliés par un dénominateur commun: l'amour des mots et de la communication. «Il y a de la cohérence dans tout ça», affirme pensif Bernard Léchot, 56 ans, comme étonné lui-même, après avoir décliné ses différentes casquettes.

Plus d'une corde...
Concepteur rédacteur, manager de réseaux sociaux, narrateur, chanteur-compositeur, interprète, producteur... Bernard Léchot, marié et père de deux grands enfants, joue plusieurs partitions à la fois. Au registre professionnel, ce licencié en lettres et journaliste a créé il y a quatre ans «Vox & Verb». Une société via laquelle il propose aux entreprises et institutions ses talents rédactionnels et sa voix off pour la réalisation de différents supports écrits et audio. Sur son site internet, il fait aussi valoir ses aptitudes dans le domaine de la photographie à travers une série de belles images témoignant d'un véritable regard. Parallèlement à ce travail d'indépendant, Bernard Léchot gère la présence de l'Université de Neuchâtel - où il s'est par ailleurs formé - sur les réseaux sociaux. Il y définit la stratégie générale et se charge de nombre de publications.
Ces deux jobs s'appuient sur une longue expérience dans les médias, l'homme ayant collaboré de nombreuses années à Radio suisse internationale puis, jusqu'en 2012, à la plateforme d'information Swissinfo. Cette date marque un tournant sur son parcours.

Renouveau artistique
Licencié suite à une restructuration - «la rupture a été assez brutale» - le journaliste décide de changer de cap et de se lancer dans la communication, même s'il appréciait son travail. Et en particulier la rencontre avec nombre d'artistes, le rédacteur ayant longtemps été rattaché à la rubrique culturelle. «Dans ce cas de figure, soit on se perd, soit on trouve une nouvelle dynamique.»
Rebondissement professionnel donc pour cet optimiste modéré qui affirme ne pas se laisser facilement déstabiliser. Et renouveau artistique aussi. Bernard Léchot profite de ce passage difficile pour renouer concrètement avec son amour de la musique, concrétisé par la sortie, en 2014, d'un nouvel album, «DesAccords». Un titre intervenant après quatre autres CD et une pause de plusieurs années... «La musique a toujours traversé ma vie. Mais comme je n'en vis pas, je ne suis pas obligé de produire des disques pour remplir les vides. L'implication est aussi telle qu'elle ne peut, additionnée à d'autres activités, être permanente», précise le chanteur-compositeur confiant trouver son inspiration dans les périodes riches en interrogations et émotions. Et admettant volontiers une facette thérapeutique à la démarche même si la finalité reste clairement artistique. «Je ressens le besoin de formuler les choses qui me travaillent et d'en faire quelque chose de beau, de fort.»

Comme un peintre devant son tableau
Cette approche donne du contenu à ses créations où l'on devine certaines influences. Notamment un autre Bernard... «Mes références? Lavilliers et Thiéfaine; la musique des années 60-70, Pink Floyd, Les Doors, Leonard Cohen», cite de sa belle voix Bernard Léchot qui s'est initié à la guitare classique dès l'âge de 15 ans. «J'ai commencé par apprendre cet instrument puis rapidement mis des mots dessus, découvrant ce petit miracle issu de ce mélange», relève l'auteur-compositeur qui a consacré son travail de mémoire au «fascinant» Jacques Brel. Et la scène dans cette démarche? Crinière blanche, blouson de cuir noir, et bracelets racontant des lieux et des moments, Bernard Léchot l'a désertée depuis longtemps, sauf pour accompagner ponctuellement une jeune artiste parisienne, Jikaëlle, dont il a récemment produit le premier disque, composé de chansons écrites à quatre mains. «Je préfère, à la scène, travailler dans mon studio, en solitaire, comme un peintre devant son tableau. Il y a du bonheur à faire de la musique, note l'artiste, tout en associant plus généralement ce concept à une sensation qui coule de source, une évidence.» Séquence ressources et émotions aussi au rendez-vous lors de voyages. «J'aime beaucoup les paysages de l'Ouest des Etats-Unis, en particulier ses vastes et brûlants déserts de caillasse rouge. Une nudité, une solitude heureuse. Les pays méditerranéens, leur chaleur, m'attirent également.» Autant de tableaux qui, comme l'amour et les relations humaines, ont le don de titiller les cordes sensibles de ce guitariste réfléchissant déjà à accrocher de nouveaux mots à ses accords...

Sonya Mermoud

Plus d'informations: www.lechot.com

 

Edition n° 5 du 3 février 2016

 
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