L'art et l'entrepreneuriat au cœur de Foound
Le concept store genevois se veut un lieu de vie unique et un espace de rencontre entre artistes, créateurs et grand public

De l'astrologue au tatoueur en passant par le shop de créateurs, le coiffeur et le réparateur de vélos, Foound s'est donné pour mission de soutenir les jeunes artistes et les entrepreneurs locaux désireux de se lancer. Temple de la créativité, l'espace fondé à Genève en février 2015 prône l'ouverture d'esprit et vit au rythme d'événements divers et variés qui tentent de rassembler une population de tous les âges et tous les horizons. Immersion dans un lieu chaleureux et stimulant.

Mardi, 18h30. Les dessinateurs sont dans les starting-blocks, carnets et crayons à la main, prêts à dégainer. Le modèle entre, fait tomber son peignoir et se met en place. Ce soir, chez Foound, c'est atelier de dessin de modèle vivant. L'ambiance est studieuse. Sous une lumière tamisée, la jeune femme au corps frêle reste immobile pendant quelques minutes, puis change de position. Concentrés, les quinze dessinateurs s'agitent sur le papier, au fusain ou encore à l'encre de Chine. En quelques secondes, les silhouettes prennent forme.
A quelques mètres de là, Fanny Arnaudo observe depuis la buvette. L'unique fondatrice de Foound a des idées à revendre pour son concept store qu'elle a ouvert en février 2015. Après avoir travaillé dans la grande distribution et le marketing digital, cette jeune trentenaire a décidé de se lancer dans l'aventure Foound. «J'en avais marre, j'étais attirée par l'événementiel, l'art et la culture. Je voulais travailler avec des gens en qui je croyais et les promouvoir.»

Promouvoir la créativité
Le projet est parti d'un manque. «Il est compliqué pour les artistes et les jeunes entrepreneurs de trouver des lieux bon marché où ils puissent fabriquer et commercialiser leurs produits.» Avec des conditions de location plus souples et la possibilité de louer au mètre carré, Foound apparaît comme une alternative intéressante pour les personnes désireuses de lancer leur projet. Tout s'est déroulé assez vite. «Il m'a fallu moins de six mois pour monter le projet, il ne me manquait plus que le lieu.»
Situé au-dessus de la gare de Cornavin, Foound se trouve dans une ancienne usine horlogère qui fut aussi une école. Grande, coûteuse et destinée à être détruite dans deux ans, personne n'en voulait. Au total, 500 m2 de surface sont répartis sur deux étages, eux-mêmes investis par vingt-cinq activités indépendantes. Dans cet immense loft au style écolo-industriel se côtoient tatoueur, nutritionniste, coiffeur, shop de créateurs, atelier de réparation et de vente de vélos, espace de coworking, astrologue, chaman, thérapeute manuelle, photographe, bijoutière, décoratrice d'intérieur, designer d'objets pour enfants, cours de yoga, etc. «Foound prône l'ouverture, commente Fanny Arnaudo. Notre mission est de donner de la visibilité à ces artistes et à ces entrepreneurs.»


Bilan et projets en vue

Un peu plus d'un an après l'ouverture de Foound, sa fondatrice tire le bilan. «C'est très positif, les artistes et les entrepreneurs ont répondu à l'appel! Pour le moment nous sommes au complet.» Le «recrutement» s'est fait en deux temps: «Les premiers à s'être jeté à l'eau étaient des connaissances, mais ensuite, avec le bouche-à-oreille, d'autres sont venus.»
Plus qu'un laboratoire de promotion, Foound se veut un véritable lieu de vie et de rencontres. Pour ce faire, il est le théâtre d'événements divers et variés tout au long de la semaine. Vide dressing, dégustation de vin, festival electro, cours de photo, ateliers de dessin et de cuisine: Foound a aussi pour vocation de réunir un public entre 16 et 60 ans.
L'affaire étant bien partie, que peut-on souhaiter à Foound pour les années à venir? «D'abord de pérenniser le projet, de continuer à diversifier le lieu mais surtout de donner l'envie de développer des initiatives personnelles», résume Fanny Arnaudo. «J'aimerais également pouvoir développer des partenariats avec des établissements publics pédagogiques et/ou artistiques afin de devenir un acteur du tissu culturel de la ville de Genève.»

Textes Manon Todesco

Plus d'information: www.foound.ch

 


Pourquoi «Foound»?
Foound c'est la contraction des mots anglais «found» et «food». «Found car c'est le lieu des trouvailles, le lieu qu'on a mis du temps à trouver pour notre projet mais aussi le lieu qu'il faut trouver car nous sommes un peu cachés», s'amuse Fanny Arnaudo. «Et food, ça symbolise la nourriture du corps et de l'esprit: chez Foound on peut se restaurer et nourrir notre esprit par la culture.» Foound n'a plus de secret pour vous...

 

Témoignages:

«Foound est un endroit inspirant et motivant»
Nicko est un artiste peintre valaisan. A Genève depuis deux ans, il partage un atelier chez Foound depuis quatre mois avec Catherine Dang, créatrice de sacs australienne. Le peintre au style pop, urbain et coloré raconte: «Avant je peignais chez moi et dans la rue, mais j'en ai eu assez d'être seul. Ici, je peux partager et échanger. Alors certes, l'espace est un peu restreint mais c'est un sacrifice qu'on est prêt à faire pour être avec des créatifs. Mon atelier précédent était quatre fois plus grand, mais j'y étais seul toute la journée. Ici c'est beaucoup plus sympa!»
Catherine, elle, imagine, dessine, fabrique et vend même ses sacs dans cette pièce. «Tous les composants viennent d'Europe et sont issus d'une industrie familiale et éthique. Je crois en la transparence et l'honnêteté, et les gens veulent savoir d'où viennent les produits.» A la recherche d'un atelier, elle flashe pour Foound, qui lui paraît être un bon concept. «Il était capital pour moi de pouvoir travailler dans un endroit inspirant et motivant.»

www.nicko.ch
www.catherinedang.com

 

 

Edition n° 10 du 9 mars 2016

 
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