Augmentons les rentes pas l'âge de la retraite
A l'occasion de la Journée internationale des femmes, syndicats et partenaires se sont mobilisés

«Augmentons les rentes, pas l'âge de la retraite!» Voilà le mot d'ordre syndical relayé lors de la Journée internationale des femmes, célébrée le 8 mars dernier. Un événement qui a donné lieu, dans une quinzaine de villes, de Genève à Coire en passant par Zurich et Bâle, à différentes actions illustrant symboliquement cette thématique alors que différentes conférences, prises de parole et distributions de tracts sont venues étoffer ces rendez-vous. Arrêt sur images.

La réforme «Prévoyance vieillesse 2020» et la question des rentes auront été au centre des actions menées par les syndicats et associations diverses à l'occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars dernier. Dans une quinzaine de villes, Unia et ses partenaires se sont mobilisés pour refuser le projet d'augmenter l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans notamment prévu dans cette révision. Distribuant des tracts, organisant des actions symboliques, ils ont dénoncé des économies de prestations sur le dos des femmes de l'ordre de 1,3 milliard de francs. Situation d'autant moins acceptable que les femmes gagnent toujours en moyenne 20% de moins que les hommes. Un sujet qui aura aussi été largement débattu dans le public alors que le Conseil fédéral, conscient de la problématique des inégalités salariales, a fait des propositions jugées nettement insuffisantes pour régler le problème. «Elles n'imposent aucune contrainte, ni sanction», s'est indignée, à titre d'exemple, Isabel Amián d'Unia, lors d'un point-presse organisé à Neuchâtel où il a aussi été question d'égalité entre les sexes à l'école à travers une conférence organisée sur ce thème, et de réfugiés. Avec, sur ce dernier point, une invite à accueillir les populations en fuite et à améliorer leur intégration, «celle des femmes particulièrement».

10% de plus
Les écarts salariaux, ont rappelé les militants, sont non seulement lourds de conséquences sur les finances des femmes durant leur vie professionnelle mais aussi à l'heure de la retraite, ces dernières touchant le plus souvent des rentes bien moindres que les hommes. «Presque 40% des femmes doivent se contenter de la seule rente AVS, contre 19% des hommes. Et comme elles ont souvent été (plus) mal payées ou ont travaillé à temps partiel, leur rente du deuxième pilier est en moyenne deux fois moins élevée. Et seule une femme sur cinq possède un troisième pilier», a relevé Unia dans un communiqué. Forts de ces considérations, les participants ont profité de cette journée pour sensibiliser l'opinion publique à l'initiative syndicale AVSplus sur laquelle le peuple sera appelé à se prononcer cet automne. Un texte qui demande d'augmenter de 10% les retraites, soit une hausse de quelque 200 francs par mois pour les personnes vivant seules et de 350 francs pour les couples mariés. Et Unia d'argumenter encore: «En raison de son système de répartition, l'AVS est l'assurance sociale la meilleure marché, la plus sûre et la plus solidaire de Suisse. Les cotisations ont beau être restées stables depuis des dizaines d'années, l'assurance est parvenue sans peine à verser des rentes aux retraités toujours plus nombreux. Ceci contrairement au deuxième pilier où les cotisations ne cessent d'augmenter et les prestations d'être revues à la baisse.»

Du berceau au tombeau...
«La Suisse peut se permettre une prévoyance vieillesse de qualité permettant aux retraités de vivre dignement. Le meilleur moyen d'améliorer les retraites passe par un renforcement de l'AVS, dont les femmes en seront les premières bénéficiaires», a-t-on affirmé à Sion. Dans cette ville, les militants ont illustré leur discours à l'aide d'un punching-ball et le slogan: «L'AVS donne plus de punch aux femmes.»
«La vie en rose: au boulot jusqu'au tombeau!» A Genève, Lausanne ou encore à Fribourg, en habits de travail ou tenues distinguées, des participantes, arborant des perruques blanches, ont opté pour l'humour pour faire passer leur message, ironisant sur leur sort, entre salaires plus bas que les hommes, durée de travail risquant d'être augmentée et cumul des tâches gratuitement offertes à la société. «Du berceau au tombeau, la majorité des êtres humains sont encore et toujours pris en charge par des femmes. Epouses et compagnes, mères et grands-mères, filles et belles-filles, sœurs et voisines s'engagent s'en compter... et finissent par payer la facture: des salaires plus bas et des rentes réduites!» s'est indignée la coordination féministe pour des retraites dignes...


Sonya Mermoud

 

Edition n° 11 du 16 mars 2016

 
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