Nous n'avons pas peur d'affronter les employeurs
La conférence de branche MEM d'Unia a approuvé la stratégie syndicale du secteur industrie pour les quatre ans qui viennent

La conférence de branche de l'industrie MEM (machines, équipements électriques et métaux) d'Unia tenait son assemblée des délégués le 20 avril. A l'ordre du jour, la stratégie syndicale et les propositions pour le congrès d'Unia de cet automne, avant l'assemblée des délégués de tout le secteur industrie prévue le 3 juin.

Le 20 avril à Berne, une septantaine de syndicalistes d'Unia ont participé à la conférence de branche de l'industrie MEM. A cette occasion, les délégués ont approuvé un document portant sur la stratégie syndicale du secteur industrie (soumis également aux autres branches du secteur) pour les quatre ans qui viennent.

Entreprises stratégiques ciblées
La politique de syndicalisation devrait être réorientée, c'est le changement le plus notable dans les plans syndicaux. Jusque-là, les efforts de recrutement étaient portés sur l'ensemble des entreprises. «Cette croissance globale n'a pas fonctionné», a reconnu Corrado Pardini. «Si l'on a pu stabiliser l'érosion des membres ces quatre dernières années, nous n'avons pas réussi à croître, le bilan est donc mitigé», a souligné le responsable du secteur industrie d'Unia. «La nouvelle stratégie consiste à identifier des entreprises stratégiques et à s'y concentrer pour le recrutement afin d'obtenir une croissance des effectifs de 5% par année et un taux de syndicalisation moyen de 12% sur quatre ans.» Pour le membre du comité directeur, une fois ces bastions consolidés, Unia devrait être à l'abri de mauvaises surprises. «A ce moment plus personne ne pourra nous mettre à la porte, car je crains que Swissmem et d'autres organisations patronales préfèrent ne plus vivre avec nous dans le partenariat social et qu'une attaque se prépare à l'encontre de notre syndicat.» Relevons comme un signe inquiétant les discussions menées actuellement sans la participation d'Unia entre Swissmem et Syna, Employés Suisse, la Société suisse des employés de commerce et l'Association suisse des cadres. «Si nous souhaitons contrecarrer cette éventuelle attaque, il nous faut préparer une stratégie. La prudence et la préparation sont les meilleures des stratégies. Un bon syndicaliste se doit d'ailleurs d'être préparé à tout. Nous n'avons pas peur d'affronter les employeurs, même si le conflit n'est pas un but en soi.» Concrètement, en lien avec les régions d'Unia, le secteur industrie établirait une liste de ces entreprises cibles, en fonction de la taille, de l'engagement des militants, des possibilités d'accès et du potentiel de croissance, sur lesquels seraient concentrées les ressources syndicales, avec des planifications dressées et des objectifs annuels fixés. Les commissions d'entreprise auraient toute leur importance. «Au moment de chaque élection, il faudra être offensif par une petite campagne. Occuper les sièges des commissions profitera à notre action dans les entreprises stratégiques.»

Endiguer le travail temporaire
Outre les axes stratégiques du secteur industrie, la conférence de branche MEM a discuté de thèmes pour le congrès d'Unia prévu à la fin octobre. Les représentants des travailleurs de l'industrie des machines veulent des salaires de référence pour les apprentis dans toutes les CCT, y compris un 13e salaire, ainsi qu'un renforcement de l'apprentissage professionnel. Ils souhaitent aussi endiguer le travail temporaire dans les entreprises et se prononcent pour un renforcement des mesures d'accompagnement.
Le 3 juin, une assemblée des délégués du secteur industrie devrait entériner ces propositions et les orientations stratégiques du syndicat.

Jérôme Béguin



Une journée d'action du secteur industrie le 17 juin

«Nous vivons des temps difficiles, nous vivons un changement structurel accéléré, une érosion du secteur industriel en Suisse. Les plans de licenciement vont se poursuivre dans les entreprises, dans les six mois à venir 10000 à 20000 emplois risquent d'être supprimés», a relevé avec véhémence Corrado Pardini durant la conférence de branche MEM. «Il faut se battre pour chaque emploi, car un emploi perdu ne reviendra pas!» Unia se battra le 17 juin, à l'occasion d'une journée d'action organisée par le secteur industrie au Theater-Kubus de Berne. «Un Manifeste pour la place économique et industrielle suisse sera approuvé et signé par tous les collègues présents et remis au Département fédéral de l'économie», a expliqué Christian Gusset. «Le Manifeste sera aussi affiché sur les colonnes entourant le Theater-Kubus; ce sera, à mon avis, une très belle action», a ajouté le responsable de la branche MEM. «Nous comptons sur votre présence la plus nombreuse», a souligné Daniel Heizmann, le président de la branche MEM. «Nous, les ouvriers, nous devons montrer notre volonté de contrer les attaques sur l'industrie et de ne pas laisser faire n'importe quoi dans notre pays!»
JB

 

 

 

Edition n° 17 du 27 avril 2016

 
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