Genève dit NON à l'austérité
A l'appel des syndicats, partis de gauche et associations plus de 4000 personnes ont défilé samedi

Contre la dégradation des services publics, la réforme de l'imposition des entreprises, les coupes dans l'éducation et la culture ou encore les attaques sur les retraites, un large front anti-austérité a protesté le 28 mai à Genève. Dans le cadre de la mobilisation pour la manifestation, une conférence a également eu lieu sur les perspectives de luttes syndicales en Europe.

«Nous valons mieux que leurs profits. Non à l'austérité!» La banderole d'ouverture du cortège donne le ton. Samedi 28 mai, plus de 4000 personnes ont manifesté dans les rues de Genève pour s'opposer aux mesures d'austérité concoctées par les gouvernements locaux et nationaux. Un succès pour les organisateurs.
Syndicats, partis de gauche, fonction publique, chômeurs, étudiants, jeunes, acteurs de la culture, enseignants, migrants ou encore féministes se sont massivement mobilisés pour dire stop aux attaques successives. Dans leur viseur, la dégradation des services publics, les coupes budgétaires, les attaques sur les retraites, le dumping social et salarial et les abus patronaux. Tout cela sur fond de réforme de la fiscalité des entreprises, qui, en voulant réduire l'imposition sur le capital, créera un manque à gagner entre 500 millions et 1 milliard de francs à Genève.
Ce n'est que le commencement pour ce large «front du non» qui vient de se constituer, et qui entend bien ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Manon Todesco

 

Témoignages

André, de l'Association de défense des chômeurs:
«Nous sommes là par solidarité avec les plus démunis et les plus pauvres. Mais aussi pour nous faire entendre par le Grand Conseil pour qu'il vote contre la dégradation des conditions des chômeurs.»

Thomas, de l'Association des jeunes engagés:
«Nous prônons des valeurs collectives et le retour du social au centre des préoccupations. Nous devons mettre la priorité sur les minorités, pas sur le fric.»

Francine, du mouvement La culture lutte:
«Il faut cesser de casser tout ce qui marche en termes de culture à Genève. Il y a des coupes unilatérales sur des lieux subventionnés qui vont clairement dégrader les conditions de travail, d'engagement, et mettre en péril la survie des établissements, alors que les grosses machines sont protégées. Nous n'allons pas nous laisser faire! La culture et l'éducation sont les bases d'une société qui va bien.»

Kristin, sympathisante d'Unia:
«On nous bouffe petit à petit. Les anciens se sont durement battus avec beaucoup de larmes et de sang pour arracher nos acquis sociaux. A nous de nous mobiliser aujourd'hui pour les conserver, sans quoi il ne restera rien pour les générations futures.»

Jorge, militant d'Unia et électricien:
«Je me bats contre cette austérité qui nous frappe. Dans le monde de la construction, tous les jours on voit des cas de travail au noir, de dumping. Cela ne peut pas continuer comme cela. La précarisation des travailleurs, alternant entre chômage et missions intérimaires, n'est plus tenable. Les patrons profitent, et nous on ramasse les mesures d'économies...»

Propos recueillis par MT

Tous les prénoms sont des prénoms d'emprunt.

 

 

Edition n° 22 du 1 juin 2016

 
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