GaleniCare première victoire des employés
Soutenus par Unia les employés de GaleniCare remportent une première victoire la direction ayant accepté d'ouvrir la discussion

Soutenus par Unia, des employés de GaleniCare, propriétaire de la pharmacie Sun Store, ont manifesté le 4 juillet dernier devant le siège romand de l'entreprise à Saint-Sulpice. But de leur action: la mise en place d'un véritable processus de négociation en vue de la conclusion d'un plan social digne de ce nom, suite à l'annonce de délocalisation de la société à Berne. Action payante: la direction a finalement accepté d'entrer en matière sur les requêtes du personnel, différant l'échéance de la consultation, et planifié des rendez-vous avec le syndicat pour discuter des améliorations demandées.

Le visage caché par un masque - un soleil, comme le logo de Sun Store, mais là faisant une moue attristée -, près d'une trentaine d'employés de GaleniCare ont manifesté le 4 juillet dernier devant le siège de l'entreprise, à Saint-Sulpice. Soutenus par Unia, ils ont demandé à leur direction d'ouvrir un véritable processus de négociation en vue de la conclusion d'un plan social digne de ce nom. Et la mise en place de mesures d'accompagnement optimales pour ceux qui partiront travailler dans la capitale. Action payante. L'entreprise a finalement accepté, le 7 juillet dernier, de différer le délai d'échéance de la consultation au 15 août, au lieu du 30 juillet, pour permettre au personnel et au syndicat de faire des propositions propres à améliorer la mouture initiale. Elle a aussi été d'accord de fixer des dates de rendez-vous pour en parler. «C'est une première victoire!», commente Yves Defferrard, secrétaire régional d'Unia Vaud, avant de rappeler les différentes étapes et bras de fer qui ont précédé cette issue.

Rien de concret
Le mauvais feuilleton débute le 2 mai dernier. A cette date, GaleniCare Management SA (siège romand des pharmacies Sun Store et Amavita) annonce à ses employés sa décision de regrouper ses différentes activités sur son site de Berne avec, à la clef, la proposition d'un transfert des places de travail. Cette délocalisation est prévue au cours de l'année prochaine. Pour les quelque 80 personnes de l'entreprise, c'est le choc, le désarroi... et un flou qui n'a rien d'artistique. «On leur a proposé un nouveau poste. Mais, dans les faits, il n'y a pas eu de démarches concrètes. Pas de cahier des charges, pas de transparence du nouvel organigramme après la restructuration envisagée», relève Yves Defferrard. Beaucoup de travailleurs sollicitent alors l'aide d'Unia qui organise des assemblées du personnel et reçoit mandat des collaborateurs de les représenter. C'est dans ce contexte que se manifeste la commission du personnel, jusque-là invisible. Qu'à cela ne tienne, les employés proposent qu'Unia travaille avec cette dernière. «J'ai alors rencontré ses membres au siège de la société. Le lendemain, j'ai reçu une lettre de la direction qui me menaçait de déposer une plainte pénale pour avoir pénétré dans ses murs...» déplore le syndicaliste.

Totalement insuffisant
Les responsables de GaleniCare finissent néanmoins par accepter Unia dans la discussion avant de changer une nouvelle fois d'avis arguant que certains collaborateurs veulent un plan social immédiatement - et tant pis si le syndicat ne peut alors jouer son rôle en raison de vacances planifiées. Le but n'est-il pas, au final, de l'exclure? La direction refuse en outre de libérer des employés pour les discussions à venir. Aux grands mots, les grands remèdes... Face à ce nouveau coup de théâtre, les salariés se prononcent alors en faveur de l'action du 4 juillet. L'avocat engagé dans l'intervalle par la société pour épauler la commission du personnel dans la conclusion d'un plan social n'est pas davantage pour les rassurer... «Il s'agit de Me Rémy Wyler, l'avocat du centre patronal.... Pour le moins intéressant sachant que ce dernier, lors de négociations dans l'entreprise Bacab, s'était battu pour que les travailleurs en arrêt maladie ne puissent bénéficier du plan social...» ironise le secrétaire syndical. «Quoi qu'il en soit, le plan social actuel est totalement insuffisant. Et n'offre de surcroît aucune sécurité pour les personnes qui accepteront un transfert à Berne. Pourront-elles, si le nouveau poste ne leur convient pas, aussi en bénéficier?... Nous allons aujourd'hui œuvrer à l'améliorer. Il nous faut aussi des mesures supplémentaires en matière de formation, de reclassement, de meilleures indemnités de départ...» conclut Yves Defferrard, relevant encore la détermination des employés à se battre et la solidarité qui les unit. Affaire à suivre.

Sonya Mermoud

 

Edition n° 28/29 du 13 juillet 2016

 
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