Hôtellerie-restauration la nouvelle convention est sous toit
Après plus de deux ans de négociations musclées les partenaires sociaux sont arrivés à un accord

La nouvelle Convention collective de travail pour l'hôtellerie-restauration a été ratifiée. Celle-ci entrera en vigueur en janvier 2017 pour une durée de quatre ans au moins. Parmi les changements, un meilleur soutien financier à la formation du personnel, davantage de contrôles dans la branche, un congé paternité plus long et une modeste hausse salariale. Pour Unia, l'objectif de maintien de cet accord et de ses acquis est atteint.

Ça y est, la nouvelle Convention collective nationale de travail pour l'hôtellerie-restauration (CCNT) a été approuvée et signée par les partenaires sociaux. Après plus de deux ans de négociations et plus de trente rencontres, Unia, Syna et Hotel & Gastro Union pour les représentants des employés ont réussi à tomber d'accord avec la partie patronale, composée de Swiss Catering Association, GastroSuisse et Hotelleriesuisse. Cet accord est le fruit des efforts menés depuis plusieurs années afin d'instaurer une certaine unité paritaire. «Depuis l'abandon du taux plancher par la BNS en 2015, la conjoncture ne nous est pas favorable, rappelle Mauro Moretto, responsable national de la branche chez Unia. Nous étions confrontés à une vraie volonté de démanteler, voire de résilier la CCNT. Notre objectif prioritaire était donc de défendre la convention et de maintenir tous ses acquis, au prix de devoir renoncer à quelques revendications.»

Miser sur la formation
La nouvelle CCNT sous toit entrera en vigueur le 1er janvier 2017, et ce pour une durée de quatre ans au moins. Cinq changements majeurs sont à relever.
Tout d'abord, le congé paternité passera de trois à cinq jours. De son côté, le salaire minimum sera rehaussé de 0,3%. «C'est le seul gros bémol, regrette Mauro Moretto. Cette augmentation est très modeste mais il était difficile d'obtenir plus vu le contexte économique.» Les syndicats avaient revendiqué des salaires plus hauts pour les régions plus chères comme Genève ou Zurich, sans succès.
Dans les très bonnes nouvelles, on peut citer l'effort mené dans le soutien à la formation, financé par la contribution professionnelle. Cela permettra de former ou de perfectionner plus de 2000 personnes par an, du serveur au chef d'entreprise. «L'un des problèmes de l'hôtellerie-restauration, c'est le manque de professionnalisme à tous les niveaux, constate le syndicaliste. Et comme le système salarial se base aussi sur la formation de l'employé, il était temps de changer cela. Ce système permet de former des personnes qui travaillent déjà dans la branche comme des personnes qui en sont extérieures.»

Contrôles renforcés
Par ailleurs, la nouvelle CCNT limitera la pratique de réduction du salaire minimum pour les nouveaux employés sans qualification à 8% maximum. De même, en cas de changement d'établissement, la période d'introduction sera réduite.
Enfin, le texte prévoit un renforcement des contrôles dans la branche. Dès 2017, la Commission de surveillance paritaire pourra ordonner un contrôle de l'Office des contrôles, et ce, sans communication préalable. «Beaucoup d'établissements ne respectent pas la CCNT, observe Mauro Moretto. Avec l'amélioration des mesures d'application nous avons réussi à faire un important pas en avant mais il reste encore beaucoup à faire!»

Bilan mitigé
Face à ce résultat, le bilan tiré par Unia est mitigé. «On ne se réjouit pas complètement car toutes nos revendications n'ont pas été honorées, mais les objectifs phares ont abouti, à savoir préserver la CCNT et éviter sa dénonciation», conclut Mauro Moretto.

Manon Todesco

 

Edition n° 28/29 du 13 juillet 2016

 
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