Hors de question de baisser les rentes
Présidente d'Unia Vania Alleva estime que l'acceptation de 40% de la population de renforcer l'AVS ne pourra être ignorée

Par 59,4% des voix, les Suisses ont refusé d'augmenter l'AVS de 10% comme le suggérait l'initiative des syndicats et de la gauche. Cinq cantons latins ont toutefois soutenu cette proposition. Un résultat qui, estime Unia, doit être pris en compte dans la continuité des débats sur «Prévoyance vieillesse 2020» qui se poursuivaient déjà le lendemain de la votation au Conseil National. Le point avec Vania Alleva, présidente du syndicat.


Les Suisses ont dit non à une hausse des rentes AVS. 59,4% des votants ont en effet refusé l'initiative des syndicats et de la gauche qui souhaitaient les augmenter de 10%, soit, en moyenne, de 200 francs de plus par mois pour une personne seule et 350 francs pour un couple. Cinq cantons latins ont toutefois soutenu le projet: le Jura (59,5%), Neuchâtel (54%), Genève (53,6%), Vaud (50,3%) et le Tessin (53,4%). De leur côté, le Valais et Fribourg ont rejeté la proposition avec, respectivement, 59% et 57,2% d'opposants. Un résultat qui pondère la notion de Röstigraben... Mais si AVSplus n'a pas su séduire l'ensemble de la population, Vania Alleva, présidente d'Unia, estime que le score obtenu devra être pris en compte dans la poursuite des débats. Lundi dernier, le National avait déjà rendez-vous pour délibérer de la réforme «Prévoyance vieillesse 2020».

Questions/Réponses

Comment expliquez-vous l'échec d'AVSplus?
La droite et le patronat ont mené une campagne de la peur, surtout en Suisse alémanique, arguant qu'il n'était pas possible de financer AVSplus. Ils ont opposé les générations entre elles, les jeunes contre les retraités. Une démarche irresponsable et dangereuse pour la cohésion du pays.

Comment évaluez-vous le score obtenu?
Je ne suis pas trop déçue. Avec plus de 40% de partisans, AVSplus obtient un score important. Ce résultat montre l'attachement des Suisses à l'AVS, son fort ancrage dans la population malgré les discours alarmistes tenus depuis une vingtaine d'années sur son financement. Ce scrutin ne peut être ignoré dans les pourparlers parlementaires sur la «Prévoyance vieillesse 2020». Le niveau des rentes doit être maintenu. Il n'y a pas de marge de manœuvre pour le baisser. Comme il n'est pas envisageable d'augmenter l'âge de la retraite.

C'est néanmoins une défaite...
Oui mais nombre de Suisses ont tout de même donné un signal fort. Leur vote pèsera. Ce résultat montre que le compromis du Conseil des Etats prévoyant d'augmenter les rentes de 70 francs doit revenir sur la table... Les partis bourgeois doivent désormais quant à eux réfléchir s'ils entendent persister dans leur voie en voulant baisser le taux de conversion du 2e pilier, les rentes de veuves... Au risque de se trouver confrontés à de graves problèmes avec leur base. La révision des 1er et 2e piliers est complexe et sujette à de nouvelles crises. Mais il y a une certitude. Le niveau des rentes doit être au minimum conservé en l'état.

Quel rôle va désormais jouer Unia dans ce dossier?
Nous entendons bien maintenir notre ligne et poursuivre la lutte pour renforcer l'AVS ou tout au moins éviter qu'on ne touche au niveau des rentes actuel. Nous n'acceptons pas davantage une hausse de l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans pas plus qu'une générale à 67 ans. Nous allons continuer à suivre les débats, défendre nos positions et combattrons toute dégradation éventuelle...

Propos recueillis par Sonya Mermoud

 

 

Edition n° 39 du 28 septembre 2016

 
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