Travail au noir et dumping endémiques
Les partenaires sociaux dénoncent la passivité du canton de Berne face aux irrégularités dans les travaux du Centre d'entretien

Les partenaires sociaux dénoncent la passivité du canton de Berne face aux abus et irrégularités constatés dans les travaux du Centre d'entretien de l'A16

Trop c'est trop. La Commission paritaire professionnelle du bâtiment et du génie civil du Jura bernois est montée au créneau mardi passé, 27 septembre, sur le chantier du Centre d'entretien et point d'appui de l'A16 à Loveresse. Son président, Arménio Cabete, secrétaire syndical d'Unia Transjurane, et son vice-président, Flavio Torti, qui dirige la section Jura bernois de la Société suisse des entrepreneurs, ont convoqué les médias régionaux sur le site pour un grand déballage. Travail au noir, travailleurs sans papiers ou avec de faux papiers, parfois non payés, salaires indécents, déclarations bidon lors des contrôles, non-respect de la convention collective...: la liste est longue des abus et irrégularités constatés à l'occasion de pas moins de treize contrôles et commis par deux entreprises travaillant en sous-traitance dans les échafaudages et les chapes.
En début de semaine dernière, huit personnes encore n'étaient pas en règle. «Nous avons convenu avec Flavio Torti que nous ne pouvions plus accepter cette situation», explique Arménio Cabete. Les deux représentants des partenaires sociaux dénoncent la passivité du maître d'ouvrage, le canton de Berne, pourtant averti à de réitérées reprises par les contrôleurs du travail. «Les autorités cantonales sont au courant de ce qui se passe sur ce chantier payé par le contribuable et ont clairement failli à leur devoir», juge le responsable du secteur construction d'Unia Transjurane. «Il faut que les autorités prennent maintenant les mesures nécessaires afin d'éviter que cette situation ne perdure jusqu'à la fin du chantier et ne se reproduise ailleurs. Il n'y a pas que le prix qui compte, le respect des lois et des règles conventionnelles est aussi important et l'Etat se doit de vérifier qu'elles sont respectées. Nous demandons d'ailleurs que soient exigées lors de l'octroi de ce genre de travaux des attestations de conformité délivrées par les commissions paritaires.»

Jérôme Béguin

 

 

Edition n° 40 du 5 octobre 2016

 
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